La fin d'un voyage.

Présentation de personnages, d'alliances, dialogues et intrigues se passent ici.
Sam Jan 06, 2018 10:20 pm

  • Une flotte sans marquage composée d'une demi douzaine de vaisseaux sortie du sous espace dans l'un des nombreux systèmes déserts de Varden. Celle-ci se dirigea lentement vers une lune en orbite d'une géante de gaz, extrêmement proche de l'étoile bleue qui l'illuminait.
    Le capitaine de la flottille, un homme grisonnant vêtu d'un uniforme d'amiral passablement usé prit soin de transmettre des codes d'identifications vers la surface en apparence déserte de la lune. Son contact sur place devait y répondre dans les vingt minutes ou la flotte repartirait, et sans paiement. C'est donc avec une certaine impatience que le capitaine scrutait la console où devait s'afficher le code. Si c'était un piège ils étaient fait. Leurs six intercepteurs et leur transporteur ne suffiraient pas à repousser un agresseur même faible.
    Finalement au bout de très exactement dix neuf minutes et trente secondes d'attente un signal leur parvint, transmettant le code ainsi que les coordonnées où atterrir.

    "Damnée garce. Me faire attendre ainsi pour finalement me faire me poser tout à fait de l'autre côté. Je déteste ces riches tordus qui sous prétextes qu’ils ont de l'argent à balancer se croient amusant et pouvant disposer de tous.

    Faut pourtant avouer qu'elle nous paie bien pour pas grand chose." Répondit son second qui s'occupait de coordonner les transmissions entre la flotte.
    "C'est bien c'que je dis. Ou c'est une gamine pourrie gâtée qui a aucune idée de ce qu'est l'argent ou c'est pas très recommandable comme job ce qu'on a fait. Et dans les deux cas on pourrait demander plus.

    Ouais enfin le pas très recommandable... on a fait pire.

    Contente toi de nous poser là où elle veut."
    Le vaisseau décrivit une lente courbe au dessus de la planète pour finalement arriver sur le versant ensoleillé où nul flotte ne les attendait. Le vaisseau, un maniable intercepteur mainte fois réparé et modifié pénétra l'atmosphère.
    "Elle nous donne rendez vous à proximité d'un bosquet à côté d'un lac ?! C'est une blague ! La zone est faite de plaines et de cavernes avec une possibilité énorme de cachettes et elle nous invite à un pique nique ? Et veut qu'on se fasse prendre ?

    Elle a peut être sécurisé la zone ?

    Mon oeil. Tu sais ce que je crois ? Qu'elle se faisait chier et qu'elle s'est dit que ça serait sympa de jouer à la vilaine fille. "Ooooh j'ai fait des affaires avec de redoutables pirates comme c'est excitant !"

    Après si ça l'amuse de fricoter avec des pirates...

    Pour le coup c'est une associée tu taperas dans de la riche héritière un autre jour. Mais fait moi penser à relever son nom. Tient regarde si c'est pas mignon : elle a vraiment installé une petite tente avec quelques gardes à l'extérieur.

    Vous voyez son vaisseau ?

    Non il doit l'attendre autre part. Ca veut dire que son chef de la sécurité est pas si mauvais.

    Vous voulez que je vous accompagne ?

    Non. Reste ici au cas où l'on doit partir en urgence. Les autres intercepteurs couvrent bien la zone ?

    Oui capitaine.

    Bon deux gars avec moi. Et on sourit on est là pour affaire."
    Deux gardes s'approchèrent à l'instant où les pirates posèrent le pied à terre. Ceux ci dégageaient l'aura menaçante que tout tueur professionnel emportait avec lui, rappelant brutalement au capitaine que malgré le caractère fantasque de la rencontre celle ci restait une affaire sérieuse. Et en un sens cela le rassurait. Il se trouvait déjà plus dans son élément. Il montra alors lentement ses armes aux gardes qui s'en saisirent ainsi que de celle de ses comparses. Puis ils désignèrent du canon de leurs propres armes l'entrée de la tente les invitant à passer devant. La tente était une grande structure rectangulaire, haute d'environ deux mètres vingt pour six mètres de long. Celle-ci était de couleurs pastels jaunes et orangés. Une fois à l'intérieur ils purent découvrir un petit abri prévu pour le confort plus que l'utilité : un tapis épais et très certainement coûteux était posé à même le sol, une longue table ornée de motifs floraux marquetés se situait immédiatement à leur droite et quelques coussins colorés avaient été disposé ça et là. Au fond, encadré par deux autres gardes au milieu d'un amas de tissus bouffant formant une robe, assise sur un large fauteuil rembourré se tenait une femme d'apparence juvénile. Sur sa gorge blanche le capitaine pu apercevoir un collier orné de joyaux posés de manière ostentatoire qu'il estima, par réflexe professionnel, comme valant une petite fortune.
    "Ah vous devez donc être ce fameux mercenaire que j'ai engagé !" Dit elle d'un air enjoué tout en battant simultanément dans ses mains. "Bien, alors comment s'est passé votre petite excursion ? Vous n'avez rencontré aucun problème j'espère ?

    -Premièrement nous ne sommes pas de vulgaires mercenaires" grommela t-il. Il sentit alors l'amorce d'un mouvement d'hostilité chez les gardiens de la jeune femme. "Eux doivent donc en être. Elle entretient donc une garde privée ? Intéressant."
    Et pour répondre à votre question, nous n'avons rencontrés que peu de problèmes avec les autorités boursières ou même les Zetrans. On peut donc passer à la partie où vous me réglez.

    - Veillez à ne pas me manquer de respect capitaine !" Cria alors la jeune femme, ses cheveux auburns auréolants son visage manquant de se libérer du chignon sophistiqué où ils étaient maintenus lorsqu'elle se dressa soudainement.

    Il se reprit alors, d'un air plus conciliant, plus pour sauver sa tête que pour éviter de froisser son interlocutrice.

    "Veuillez accepter mes excuse madame.

    - C'est bien mieux. Je vous excuse cet écart capitaine. "Dit elle alors qu'elle se rasseyait délicatement croisant ses mains sur ses genoux. "Vous dites donc que tout s'est bien passé ? Ils ont réellement acceptés de les prendre à si bas prix ?"

    "Que pensais tu pauvre cruche ? Qu'ils se plaindrait d'avoir plus de deux cents ADF et G.I.Z pour le tiers de leur valeur réelle ? Avec la marge qu'ils se feront et la facilité avec laquelle ça s'écoulera tu peux être sûr qu'ils sont ravis." Il se força pourtant à répondre de manière courtoise et mesurée. Après tout elle était peut être inoffensive mais ses gardes non. Et ceux-ci étaient dangereusement proches.
    "Oui ils ne m'ont posé aucun question madame. Bien que je les soupçonne d'avoir crû que c'était de la marchandise volée. Pour l'intégrité de mes hommes et pour leur sécurité, et sauf si vous le permettez je n'ai pas revendu de produits volés au moins?"
    A ces mots elle écarquilla ses grands yeux bleus, porta vivement une main à sa gorge comme pour se défendre et répondit d'un air innocent, un vague sourire s'étant esquissé sur ses lèvres.
    "Oh non bien sûr que non. Pourquoi diantre irais je voler quoique ce soit ? De plus nous avons des relations permettant à mon père d'obtenir ces menus objets à bas prix. Non, insinuer que j'ai osé volé puis faire revendre quoi que ce soit est une atteinte à mon honneur capitaine.

    - Encore une fois veuillez m'excuser madame. Je ne vous dérangerais pas plus longtemps, le temps de seulement récupérer ce qui m'est dû.

    - Bien sûr. En plus des transporteurs que nous vous avons déjà attribué voici votre paiement. En joyaux bruts et intraçables comme convenu.

    - Ce fut un plaisir de faire affaire avec vous madame. A présent si vous le permettez je vais me retirer.
    Vous pouvez disposer en effet." Et pour accompagner ses propos elle agita par deux fois sa main en direction de la sortie dans un geste qu'elle voulait certainement solennel, mais que le capitaine trouvait plus qu'agaçant émanant d'elle.

    Après qu'ils furent raccompagné par la même escorte qui leur rendit leurs armes et qu'ils furent enfin à bonne distance de la petite lune le second s'autorisa enfin à interroger son supérieur sur la rencontre. Celui ci haussa vaguement les épaules et maugré quelque chose dans sa barbe.
    "Vous pouvez répéter ?

    -C'est bien ce que je disais. Une gamine qui voulait sortir de sa gentille petite existence de gosse de riche. Ca et sûrement faire chier son paternel : elle a dû lui piquer ce qu'on a vendu dans ses entrepôts. Sûrement qu'il a dû lui refuser de lui payer une énième croisière et qu'elle a préféré se la financer seule. Toute les mêmes ces nobles des duchés...

    - Elle venait des domaines ?

    - C'est vrai que t'a pas vu sa tenue...

    - Après c'est classique : combien d'entres elles veulent avoir une aventure avec un hors la loi juste pour fâcher la famille ou se la raconter. Bon c'est vrai que généralement elles finissent quand même dépouillés de certaines valeurs.

    - Mouais. Bon préviens moi quand on sera arrivé.

    - A vos ordres."


    Juste après avoir reçu la confirmation que l'intercepteur pirate était bien parti, la jeune femme pû enfin laisser éclater un rire franc. Tout s'était déroulé comme elle le souhaitait, et elle allait pouvoir retirer cet accoutrement ridicule. Elle avait défait sa coiffure pour laisser ses cheveux flamboyant retomber sur la robe dans laquelle elle était engoncée. Son maintien se fit plus assuré et elle ôta les deux lentilles bleus cachant ses yeux entièrement noirs. Enfin elle passa à sa robe avec laquelle elle se débattit quelque peu.
    "La Grande Porte menant de Varden à Verdon a bien été achevé Madame. Et les Zetrans ont bien utilisé ce que nous leurs avons envoyé. Officiellement c'est eux qui auront fourni les objets nécessaires.
    Parfait ! Tout se déroule au mieux." Répondit elle au garde qui l'avait interpellé. "Laissez trois heures d'avances aux pirates qu'ils aient le temps de dire pour qui ils ont travaillé. Ensuite détruisez intégralement leur avant poste. Et ne laissez aucun des trois qui sont venus me voir en vie."
    Il ne lui manquait plus qu'à rappeler les cellules qu'elles avaient autrefois dissimulées ici, et à ses débarrasser de ces mercenaires dans le même temps.
    Dans le pire des cas on pourra remonter jusqu'à cette petite duchesse précieuse, se dit elle voyant la robe qui gisait à terre. Et dans le meilleur des cas, on ne pourrait même pas remonter jusqu'à la petite duchesse. Son sourire si caractéristique lui revint tandis qu'un frisson de plaisir lui remontait l'échine songeant que bientôt elle se retrouverait face à “eux”. Ah quel bonheur ça serait au moment où elle reviendrait mettre à bas leur fierté et leurs principes si élevés. Et ce projet de liaison Aelron Varden qui permettait de concrétiser ça. Elle enjamba la robe pour se saisir de sa tenue de combat noire bien plus pratique. Décidément tout se passait excellemment bien. Elle était si contente qu'elle aurait presque portée de bon coeur les effroyables échasses que ses hôtes lui imposaient. Presque. Au lieu de cela elle sortit dans l'herbe fraîche, ses pieds nus s'enfonçant agréablement dans celle-ci. Puis elle mit le feu à cette tente ridicule et son contenu et contempla les flammes en attendant que son vaisseau la rejoigne. La douce chaleur, le craquement du feu, ces couleurs vives dans le soir. Tout ceci lui rappelait le bon temps. Bon temps qui revivrait sous peu. Décidément rien n'aurait pu être meilleur en cet instant. Enfin si... Une envie charnelle qu'elle n'avait plus ressenti depuis bien des mois... L'idée de revenir chez elle lui faisait vraiment le plus grand bien.
    Décidément tout était parfait.
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Mar Jan 09, 2018 9:14 pm

  • La seconde partie se déroulait sans accroc : avec la dernière des grandes portes achevée, Verdon était devenu une zone de grand trafic marchand que beaucoup s'étaient empressés de rallier. Aussi personne ne fit vraiment attention à elle lorsqu'elle franchit la Porte à bord d'un transporteur réaménagé.
    Il lui avait fallu quelques semaines pour rallier la lune où dormaient depuis des siècles un contingent de soldats fanatiques et dévoués, puis quelques jours pour réunir une flotte sur le centre boursier qui ne rendait de comptes à aucune faction à l'aide de fonds personnels.
    Elle aurait pu demander l'aide de ses protecteurs, et peut être lui aurait il apporté pour régler l'affaire plus rapidement.
    Mais d'une part cela ne les concernait pas, car il l'avait chargé d'accomplir cette tâche elle même.
    D'autre part elle songeait qu'il lui fallait réellement mériter sa récompense. Sans cela elle serait indigne de sa tâche.


    Pourquoi ressassait elle les événements de ces derniers jours ? Elle refusait de le montrer, surtout pas au milieu de l'équipage de Bene Elim présents sur le pont, mais elle était quelques peu nerveuse. C'était enfin la dernière étape se dit elle alors que la flottille franchissait la dernière Grand porte.
    La fin de ce long voyage entamé quatre siècles plus tôt.
    Tout n'était pas si différent de la dernière fois songea t-elle avec amusement. Certes, il y avait quelques différences notables : sa maigre flotte de vaisseaux disparates ne provenait pas des chantiers Terminiens, et elle ne se rendait pas en direction du territoire Impérial. Pas directement.
    Mais pour le reste... Elle revenait sous couvert d'anonymat depuis Verdon, escortée de Bene Elim, et se demandait ce qu'elle trouverait à son retour.
    Et comme ça n'était que la reprise de son voyage elle avait revêtu sa tenue de combat qu'elle portait ce jour là. Cela faisait si longtemps qu'elle ne l'avait mise... Elle avait portée bien des parures, déguisements ou habits divers pour des raisons plus ou moins discutables, diplomatiques ou privés.
    Mais pas cette tenue noire, crainte par tout un peuple, ou sa robe blanche diaphane obscène pour les siens.
    La flotte émergeait enfin dans le cadran d'Aelron.
    "Nous revoilà enfin à cette lointaine époque qui m'a vue disparaître." Elle s'attendait presque à rencontrer les vaisseaux Sindars qui avaient crû la faire disparaître pour toujours. Désormais ils n'étaient plus, tout comme le peuple Terranien. "Mais je suis toujours là. Et je compte bien y rester pour un moment."
    Capitaine.
    Oui Madame ?
    Prévenez moi lorsque nous serons arrivés. Je me retire dans ma cabine.
    Bien Madame."
    Elle les quitta sans accorder un regard aux Bene Elim. Peut lui importait qui ils étaient pour l'instant. Tout ce qui comptait était qu'ils portaient ses couleurs.

    Une fois parvenu à ses quartiers elle se fit la réflexion qu'ici aussi ses souvenirs différaient du présent : au lieu d'une armoire imposante il devrait y avoir un mannequin d'entrainement. Et il manquait sa table de nuit d'où elle pouvait joindre tout l'Empire. Quand à son lit... Eh bien celui ci ne dissimulait pas tous les secrets d'État que l'autre recelait se dit elle en s'y allongeant.
    Elle se reprit avec colère : "Il faut que je cesse de vouloir tout comparer à ce jour. Rien ne sera jamais pareil, et il est vain de conjecturer sur ce qui aurait été."
    Et pourtant... Qu'elle aurait été son existence si elle avait fini par disparaître comme elle se l'était promis ?
    Elle se souvenait qu'elle avait vécu cette embuscade avec un certain soulagement sur le coup : quel heureux hasard qu'on lui offrit de se retirer à un moment où elle n'espérait que ça. Et par miracle elle avait survécu, recueillie par une protectrice à qui elle devait beaucoup.
    Mais ça n'était peut être pas le fruit du hasard... Ne lui avait il pas dit qu'elle était placée en réserve ? Aurait il arrangé les événements de la sorte ? Le connaissant il en avait les capacités. Elle chassa ces pensées d'un revers de la main. Elle ne devait pas se soucier de ça. À la place elle devait se reposer.
    Mais elle guettait l'instant fatidique où elle passerait au lieu de son embuscade. Elle avait expressément ordonné de s'arrêter dans ce coin d'espace vide entre deux systèmes solaires dont les coordonnées lui avaient été transmises par ses hôtes.
    Elle ne pouvait refréner une excitation puérile, de se préparer à affronter les fantômes des nefs d'argents évanouie depuis des siècles.

    On frappa à sa porte. Nulle alarme ne rugit pour intimer chaque homme à gagner son poste de combat.
    "Nous sommes arrivés Madame. Devons nous préparer votre chasseur ?
    Non.
    Bien Madame. Souhaitez vous autre chose ?
    Vous pouvez vous retirer."
    Nul tir de plasma n'ébranlait la coque alors qu'elle remontait sur le pont. Nul message de l'ennemi. Seulement le calme de vaisseaux perdus au milieu de nul part.
    Elle ravala sa frustration et regarda pas la baie d'observation.
    Tout était tel que laissé des siècles plus tôt : sa flotte gisait, disloquée dans le vide glacial. Ici le croiseur Reconnaissance. Là bas, le flanc éventré Le Faucon d'Argent offrait une vue sur sa salle des machines. Une douzaine d'épave offraient ainsi la parodie grotesque de ce qui fut une formation défensive.
    Il n'y avait nulle épave Sindar, et pourtant elle savait que certains vaisseaux avaient été touché. Ne serait ce que par la stratégie suicidaire que certains capitaines avaient adoptés voyant la situation désespérée : lancer leurs bâtiments à pleine vitesse dans les lignes ennemies pour permettre à l'Aigle de Séléa de se dégager.
    Les Sindars ne s'étaient donc même pas donné la peine de nettoyer entièrement le champ de bataille ? Ou avait ce été une défaite absolue d'où les nefs Harlondaises étaient sorties indemnes ? Elle n'en avait aucun souvenir.

    "Devons nous envoyer une équipe dans les épaves ?
    Nous avons suffisamment de munitions pour l'instant, nos morts attendrons encore quelques jours et aucune de ces épaves ne peut être actuellement réparée.
    Bien Madame."

    Elle était terriblement déçue. Mais elle ne pouvait le montrer. Son visage resta fermé et ses yeux de Terminiens restaient indéchiffrables.
    Qu'avait elle espéré ? Que voulait elle en allant ici ? Se rendre compte que tout s'était bien bel et bien passé ? Eh bien c'était fait. Elle devait passer à autre chose. Finalement, tournant le dos au champ de bataille, elle reparti vers sa cabine avec la ferme intention de ne pas se laisser distraire par la suite par un passé révolu.
    "Je vous accorde une heure pour extraire le maximum de ces épaves. Hommes, données, matériel, tout ce que vous voudrez. Dans une heure nous repartons et ne dévirons plus de notre route.
    À vos ordres."
    Il transmis aussitôt ses instructions mais elle n'y prêta pas attention.
    Tant pis. Tant pis si elle ne pouvait de venger de fantômes. Avec une rage contenue elle accepta la situation. Le fait même qu'elle portait sa combinaison noire signifiait ce désir absurde de combat. Elle l'ôta vivement et la jeta sur sa couchette. Si elle devait affronter un Hardin mieux valait sa robe blanche pour traiter d'égal à égal. Et ses bras blancs pouvaient être plus dangereux pour lui qu'une dague qu'elle aurait arboré, tout comme sa gorge était plus déroutante pour un Terminien que son masque noir sans visage.

    Et puis elle déchaînerait certainement sa rage contre lui. Alors pourquoi chercher à l'enfouir ?
    Dernière édition par Maison Hardin le Lun Avr 02, 2018 6:43 pm, édité 1 fois.
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Mar Mar 13, 2018 9:29 pm

  • Comme à l'ordinaire, l'intégralité des mouvements de flottes transitaient par quelques Orateurs rattachés au spatioport. Bien que ceux ci soient substantiellement moins nombreux depuis quelques décennies, se bornant pour la plupart à quelques transactions commerciales internes, les départs et retour de flottes chargés de l'exploitation ou le transit matériaux. Afin de faciliter le transit de ces rapports et l'archivages, chacun se voyait gratifié d'un code renseignant sa nature. Ce code ne se voulait pas particulièrement compliqué : ainsi les rapports étaient principalement estampillés des lettres CI, D, R, TI, HI et autres sigles traduisant un repli sur soi même. Pourtant, le rapport que l'orateur reçu n'appartenait pas à ces catégories. Son écran affichait un sceau blanc estampillé de la lettre E. Sans doute avait-il apprit la signification de ce symbole au cours de sa formation. Mais avec le temps il n'avait retenu que ceux que la routine lui imposaient. Il décida alors d'en deviner l'origine par son contenu, mais celui ci lui était refusé. Il fit alors la seule chose qu'il lui semblât sensée et transféra ce rapport à son supérieur. A lui de se débrouiller avec ça. L'esprit tranquille il retourna à sa routine.
    Ce n'est qu'en fin d'après midi que le rapport, ayant parcouru une bonne partie de l'échelle administrative, ayant parfois été relégué à un autre service, parfois correctement orienté parvint jusqu'à Umra Hardin. Celui ci le reçut alors qu'il rédigeait un énième compte rendu sur l'évolution des mœurs de la société depuis l'isolement du Faucon. Il avait bien plus de temps que ses prédécesseurs. "L'Empire ne se souciait que de lui même ces derniers siècles et s'auto régulait en grande partie grâce à l'efficacité du système Inquisitorial. Pour éviter que ceux ci ne finissent par former une oligarchie, toutes les précautions avait été prise et renforcé depuis leur mise en place il y a bien des siècles de cela. Ainsi un Inquisiteur se devait "
    La rédaction de ses observations durent attendre dès qu'il prit connaissance du message scellé d'un sceau blanc virtuel. L'accès ne lui fut guère refusé, même si l'utilisation d'une ancienne clé de codage le surpris. Le message était succin : présentation de rapport de la légion Armaros suite à la mission "Rapatriement". Fréquence habituelle. Flotte composée de vaisseaux pirates."
    Deux choses l'intriguaient : il ne connaissait aucune légion de ce nom, et le code était extrêmement vétuste. Les vaisseaux pirates étaient un détail secondaire à agencer dans la grande toile. Deux grands cas se distinguaient : un ancien code Bene Elim avait été utilisé pour tenter d'infiltrer l'Empire et pourquoi pas de l'attaquer ou du moins exercer un acte de piraterie; les vaisseaux pirates servants à camoufler une nation qui souhaiterait agir en toute discrétion ou appartenant à de vrais pirates; ou bien tout aussi invraisemblable que cela puisse paraître, ce rapport était véridique. Bien. Il ne lui restait donc plus qu'à contacter les expéditeurs de ce messages, selon "la manière habituelle". Hors il ne connaissait pas le canal sur lequel eux mêmes émettaient à cette époque. Seul le tambourinement léger de ses doigts sur le bois du bureau, accompagnant ses réflexions, dérangeait l'ambiance feutrée de la pièce. Peu de choix s'offrait à lui. Et sa curiosité face à l'incongruité de la situation limitait encore ses décisions. En résumant la situation il vit que son prochain coup devait presque obligatoirement être de contacter l'Archiviste de la légion Zachriel. Se voir ainsi limité en possibilité éveillait en lui la possibilité d'un subterfuge. A moins qu'il ne se montre trop méfiant. Mais contacter l'Archiviste ne le poussait à rien qui ne fut une quelconque maladresse, ou une exposition à d'éventuels ennemis. Et le simple protocole pouvait se montrer aussi contraignant que la plus retorse des manœuvres. Aussi composa t-il le code pour contacter l'Archiviste. Qui ne mis que quelques secondes à se présenter.

    "Monseigneur ?

    - Je vais être bref. Une flotte inconnue, commandée en théorie par une légion de Bene Elim inconnue vient de m'envoyer sa demande de rapport selon un code obsolète depuis désormais plusieurs dizaines d'années, si ce n'est depuis plus d'un siècle. Le nom de cette prétendue légion est Armaros, et le code d'encryptage vous est transmis en ce moment ainsi que le rapport. Trouvez moi le canal sur lequel je dois les joindre, tout ce que vous pouvez sur cette légion et leur mission.

    - Bien Monseigneur. Je devine que vous soupçonnez nos codes, même ancien d'avoir été percé. Ce ne fut jamais le cas. Nos seuls changements se rapportent à la période post-Amaranth, post-Zetranne, et durant le règne de l'Empereur Fallar. Les changements moins conséquents continuent de se produire selon le protocole habituel."
    L'empereur contint un sourire face à la fierté que tout Bene Elim avait envers son propre ordre. Pourtant, cette fierté légitime pouvait se muer en danger avec le temps. Mais les Bene Elim n'étaient pas comme n'importe quel autre groupe humain il le savait. Cela faisait-il une réelle différence ?

    "Votre priorité demeure le canal que je dois employer. Contactez moi dès que celui-ci sera déterminé. Rompez." Et il coupa la communication tandis que l'Archiviste de la Légion Zachriel le saluait.
    Un Archiviste... Titre ronflant pour certains, emprunt d'une aura d'ennui et de poussière pour d'autre, l'imaginaire les voyant comme de petites taupes arpentant des galeries obscures de documents. Or avant d'être Archiviste il était en priorité un Bene Elim. Et comme tous, maître coq, mécanicien, médecin ou intendant chez les Bene Elim, il était aussi redoutable qu'un soldat. Moins peut être qu'un vétéran ne pouvant décrire sa vie que par la formation militaire continuelle. Mais bien plus que ceux n'ayant qu'une dizaine d'année de service. Par quel choix ou hasard s'était-il retrouvé comme Archiviste, dans cette Légion bien plus focalisé sur la conservation de tout texte propre à leur ordre que les autres ? Pourquoi n'avait-il pas échoué dans la légion Ananiel maîtresse des combats spatiaux ou celle de Gadreel ? Il n'avait pas coutume de s'interroger sur les Bene Elim. Était ce la réapparition d'une légion fantôme qui le troublait à ce point ? Les Bene Elim avait toujours été là aux besoins de la famille Hardin. Peu cherchait à pousser une étude profonde de ces serviteurs parmi les siens. Et nul autre ne pouvait espérer apprendre quelque chose à leur égard. Après tout, qu'importe comment ils se formaient, ce qu'ils étaient au plus profond d'eux mêmes ou leurs origines. Ce genre de détails ne l'avaient jamais vraiment passionné. Si l'Archiviste était à sa position actuelle il ne le devait qu'à la gestion interne de son Ordre. Et de ce qu'il avait appris à leur contact, c'est que celui ci ne commettait jamais d'erreur, ou presque, si l'on se souvenait de l'assassinat de Salvor Hardin ou de la mort de la Catin. Mais dans les deux cas, bien que les Bene Elim aient revendiqué ces échecs pour leurs, on ne pouvait totalement leur reprocher. Salvor s'était délibérément isolé et avait choisi de se sacrifier plutôt que se plier aux exigences de la situation. Une erreur stupide. Et la Catin avait commise le même genre d'erreur en allant à l'encontre de ce que ceux chargés de sa sécurité lui préconisaient. Dans les deux cas, l'erreur venait d'eux. Depuis, nul Hardin n'avait rien fait qui puisse aller l'encontre de leurs conseils avisés. Et aucun n'avait eut à déplorer ce genre d'ennui. Donc il allait se fier à son jugement. Devait-il en parler à son frère ? Non, bien sûr que non. Pour l'instant ceci ne relevait que d'une simple incidence dans le quotidien, pas de quoi en faire un drame.

    Après une dizaine de minutes, l'Archiviste revînt.
    "C'est fait Monseigneur. Je pense avoir trouvé le canal qu'il vous faut. Je vous le transmet.

    - Je n'ai donc plus qu'à vous demander de rester pour assister à ce spectacle donc. A vous de me dire si ce sont bien vos frères ou de vils imposteurs.

    -Comme il vous plaira."
    Cette fois ci ce fut lui qui chercha à les joindre. Et ils répondirent aussitôt. Umra perçut un subtil relâchement lorsque le Bene Ellim s'exprima. Comme s'il était rassuré de voir qu'ils avaient réussis à les joindre.

    "M'auriez vous fait passer un test, Bene Ellim ?

    - Je m'en excuse seigneur. Nous avions de sérieux doute quand à la véracité de nos informations. Lorsque nous fûment informé que l'Empire du Faucon avait rejoint le peuple mort, nous avons légitimement douté de cette information. Cela ne se reproduira plus Monseigneur.

    - Je vois. Autre chose ?

    -Non Messire. Comme promis nous consentons à vous faire notre rapport. Néanmoins je sais que vous n'avez pas totalement foi en nous. Nous ne pouvons pas utiliser ce canal qui n'est potentiellement plus absolument sécurisé, et vous ne pouvez courir le risque de nous confier un canal plus sécurisé de peur que nous ne soyons pas de vrais Bene Elim. Aussi ne nous reste t-il guère de choix. Une confrontation directe en attendant d'être parfaitement réhabilité."
    A ces mots, Umra ne put s'empêcher de prendre un ton sarcastique. Se moquait-on de lui ?
    "Oui. Après tout, si je doute de votre nature, mieux vaut pour moi que je vous accorde l'accès à mes appartements privés, ou que je vienne seul sur votre bâtiment. C'est autrement plus sûr que de vous confier l'accès à un canal.

    -Je vous présente mes excuses Monseigneur. Je ne cherche pas à vous prendre pour un imbécile. Mais au vu de notre mission, vous seuls devez être explicitement informé en premier lieu. De plus, même si vous disparaissiez, cela ne risquerai pas de compromettre de plus grands desseins. Nous livrer un canal vital, sur lequel comptent de nombreux agents le pourrait. Je ne puis totalement faire un rapport de notre mission. Néanmoins je puis vous dire ceci : la mission "Rapatriement" est finalement achevée. Nous avons retrouvé les Bene Elim morts, l'Impératrice et les données. C'est tout ce que je puis vous dire. Si les analystes de cette discussion me jugent digne de foi alors peut être accepterez vous de nous rejoindre ou de nous autoriser à nous poser. Vous êtes l'Empereur. Nous ne vous contraindrons à rien. Mais nous devons vous faire part des résultats de notre mission puis nous mettre à la disposition de votre Maison une fois de plus. Si vous devez nous rejoindre, alors cela se fera selon le vecteur traditionnel de notre unité. Ceci n'est en aucun un test je vous prie de le croire Monseigneur."

    L'Empereur marqua une courte pause de réflexion, tant pour laisser son interlocuteur dans un moment de flottement que pour examiner ses différentes possibilités. Voyant que celui ne réagissait pas au silence il lui permit de disposer, l'assurant qu'il le recontacterai sous peu pour lui faire part de sa décision.

    "Qu'en pensez vous Archiviste ?

    -C'était indubitablement l'un de nos frères. Bien que cette légion semble plus portée sur le bien global que sur la survie même d'un Hardin. Peut être ont-ils développé cette philosophie inhabituelle au cours de leur exil. Il faudra dépêcher une enquête interne sur leur évolution psychologique dès que possible. Peut être ont-ils développé de plus graves troubles.

    -Donc nous devrions les réintégrer, ou tout du moins accepter de les rencontrer malgré ces possibles tares?

    -La rencontre pourrait être possible en effet Monseigneur. Néanmoins, il serait préférable de les tenir à l'écart de vous tant que nous n'en auront pas plus appris à leur sujet.

    -Que savez vous de cette légion Archiviste ?"

    Bien que le Bene Ellim parut se troubler légèrement, il garda son air officiel et impassible.
    "Je serais direct : nous n'avons presque rien dans nos archives qui ne traite de cette légion ou de la mission "Rapatriement". Rien qui ne soit déjà sut. Cette légion a vraisemblablement été formé entre la fin du règne de l'Empereur Paul, et celui de sa fille. Il semblerait aussi que cette légion ait fournit l'escorte qui n'ai pas sû la protéger. Du reste nous n'avons aucune autre information, et ne pouvons faire que des suppositions. Nous ne connaissons pas l'emplacement de leur Cœur, nous ne connaissons pas leur domaine de prédilection, et à l'exception de la mission "Rapatriement" nous ne savons rien de leurs missions précédentes. Quand à cette mission, nous pouvons supposé que c'est la pénitence qui leur fut infligée pour avoir perdu l'Impératrice : retrouver son cadavre et ceux de leurs frères et sœurs. Peut être auraient-ils dû aussi traquer les responsables de ces actes, mais étant donné leur disparition centenaire ils ne le peuvent plus.

    - Et pour cela on aurait effacé leurs archives, afin qu'en cas d'échec ils tombent dans l'oubli ?

    - C'est en effet une possibilité Messire. Néanmoins, cette procédure est tout à fait inhabituelle.

    -Un blâme infligé par l'Impératrice Nérénia ?

    - Si l'on suit cette piste Monseigneur, alors il serait plus probable d'en imputer l'origine à dame Vilya. Si cette légion fut constituée par l'Empereur Paul, puis qu'elle perdit son enfant il est plus que probable qu'elle soit à l'origine de cet acte. Même s'il est de notoriété commune que Vilya désapprouvait publiquement la conduite de l'Impératrice. Cette légion étant son ultime legs."

    Umra se mit à pianoter sur son bureau. Ce genre de mystère l'intriguait : une légion déchue qui reparaît, entourée de ses mystères et de l'héritage d'un passé lointain et honteux, voilà un fait qui ne se présentait pas tous les jours. Il lui faudrait tirer ça au clair, et de manière discrète. Décidément son frère n'avait rien à faire dans cette histoire.

    "Assez de ragots Archiviste. Trouvez plutôt le vecteur sur lequel ils m'attendent. Et préparez une navette. Aucune escorte militaire. Ce sont supposément des Bene Elim, je ne crains donc rien qui ne motive une escorte conséquente. En outre cela serait fort peu discret.

    -En quoi la discrétion prime t-elle sur notre nécessité à assurer votre sécurité ?

    -Eh bien, il serait plus prudent que cette affaire ne s'ébruite pas non ?

    -M'autorisez vous à parler franchement Monseigneur ?

    -Faites.

    -Je trouve au contraire cette idée particulièrement stupide. Y aller seul, alors que nous ne savons rien d'eux pourrait est ridiculement dangereux, et peu avisé. Autoriser votre présence est déjà à risque en lui même, mais l'autoriser sans protection et aller sur leur terrain est tout bonnement une erreur stratégique.A moins que cela soit un désir profond de satisfaire une curiosité, en cet endroit mal placée...

    -J'entends vos arguments." Le coupa-t-il." Je vous ai autorisé à parler franchement. Néanmoins ce sujet ne souffre nul discussion, et je vous prierais à l'avenir de ne pas vous soucier de mes motivations propres, Archiviste.

    -Comme il vous plaira monseigneur... Néanmoins puis je faire préparer une escorte, même réduite ?

    -Deux unités au maximum. C'est tout ce que permettra l'Intercepteur que vous ferez affréter."Répondit-il du ton sec de celui qui veut raffermir son autorité. Puis, soucieux d’apaiser le soldat, il ajouta d'un ton plus modéré : "Si vous le souhaitez, je vous autorise à participer à cette entrevue. Vos conseils pourrait m'être utiles, face à cette Légion d'un autre temps.

    -Comme il vous plaira Monseigneur."

    Puis il coupa la communication, essayant de reprendre son rapport là où il l'avait achevé avant de se faire si brutalement interrompre par cette animation nouvelle au sein d'un Empire endormi.
    Dernière édition par Maison Hardin le Lun Avr 02, 2018 6:52 pm, édité 2 fois.
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  • Une demie heure plus tard, la navette mandée fut prête, ainsi qu'une escorte triée sur le volet par le commandant de la légion Ananiel . Nul ne fit d'objection sur la manière dont cette mission était traitée, même si tous ne s'accordaient pas sur ce sujet. Une erreur stratégique était une difficulté supplémentaire rien de plus. Et leur formation les entraînants à faire face à n'importe quelle difficulté, même la plus importante ou inattendue. Lorsque Umra arriva les six Bene Elim le saluèrent, tandis que l'Archiviste l'accueillit. Sa tenue militaire contrastait une fois de plus avec l'image de sa fonction : il portait l'armure et l'équipement des fantassins Bene Elim dont le masque de combat était orné de l'oeil bleu nuit aux couleurs de sa Légion. Son grade ainsi que son rôle figuraient par de discrètes marques au dessus du Pulsar de Naahniol au dessus de sa poitrine. On voyait donc instantanément qu'il était un étranger parmi ses compagnons : ceux ci appartenant tous à la légion Ananiel qui n'arborait que l'armure uniformément noire de leur Légion, dont le Pulsar se réduisait à une tache blanche au niveau de l'épaule droite.
    "Bien, sommes nous prêt ?

    Oui Monseigneur. Je vous conseille néanmoins de traiter avec le Capitaine Adma. Elle est bien plus qualifiée que moi pour traiter des aspects techniques de cette mission. Nous savons où nous attend la flotte inconnue : ceux ci se situent à quelques encablures de la limite du système, si toutefois nous informations sont correctes. Il ne nous faudra qu'une heure pour les atteindre, aussi nous ferons un ultime briefing une fois en vol.

    Merci Archiviste. Capitaine approchez."

    L'un des Bene Ellim à l'armure noire sorti des rangs. Une fois arrivé à sa hauteur, l'Empereur pû apercevoir ses subtils gallons tracés d'un noir moins sombre que le reste de son armure. S'il avait bénéficié des masques qu'ils portaient tous, ceux ci lui auraient été plus flagrant, une fois apparus à la bonne fréquence. Mais il ne portait pas de tenue de combat. Seulement ses vêtements d'apparats officiels, assortis aux armures d'Ananiel, composés d'un pantalon liséré d'argent, d'une veste noire, et d'une cape attachée par le faucon carmin autour de son cou. A ses côtés une épée qui avait servi dans bien plus de cérémonie que de combats, et à sa ceinture un pistolet à aiguille. Ses moyens de protection étaient dérisoires comparée à ceux de la Bene Elim en face de lui. Mais après tout c'était à eux d'assurer sa sécurité.

    "Capitaine Adma, vous avez pris connaissance de votre mission. J'ai toute confiance en vous pour la mener à bien. De plus, bien que ça ne soit qu'une simple formalité, je vous donne toute latitude, et vous accorde une autorité totale. Faites tout ce que vous jugerez nécessaires. Si votre commandant vous a choisi alors vous êtes la personne la plus appropriée." Ce discours creux ne visait qu'à honorer la tradition séculaire où avant chaque mission les Hardin accordaient les pleins pouvoirs aux Bene Ellim en charge de la mission. Cette bénédiction ne changeait absolument rien au fait que les Bene Elim auraient de toute manière employé tout ce qu'ils auraient jugé nécessaires pour atteindre les objectifs qui leur avaient été confié. Pourtant aucun n'aurait songé à déroger à cette tradition. D'une voix volontairement altérée par son masque le capitaine répondit :
    "Je vous remercie de votre confiance Monseigneur. Je saurais m'en montrer digne.

    Bien. Je vais donc vous poser la même question que précédemment : sommes nous prêt Capitaine ?

    Oui Monseigneur. Néanmoins me permettrez vous de parler franchement ?"
    Umra semblait voir où elle voulait en venir. Et d'avance il se crispa légèrement. Pourtant c'est sur un ton cordial qu'il l'invita à poursuivre.

    "Monseigneur. Cette mission comporte beaucoup trop d'inconnue pour être totalement sûre. Une escorte spatiale d'au moins dix intercepteurs serait préférable, de même qu'une demie douzaine d'unité supplémentaire dans votre escorte directe et en soutien. Dans les conditions actuelles elle est bien trop risquée pour être raisonnable, car nous ne savons rien de ceux que nous allons rencontrer. Puisque vraisemblablement ce sont des Bene Elim, alors la mission n'est pas totalement suicidaire. Dans le cas contraire ça n'aurait été que de la folie. Ici certains paramètres semblent favorables pour assurer le bon déroulement de notre mission."
    Il soupira légèrement.
    "Il suffit. J'entends tout à fait vos arguments. Néanmoins j'ai toute confiance en vos capacités. Jamais vos compétences ne nous ont fait défaut, et je sais que celles-ci sont largement capables d'assurer le succès de cette petite mission. Il ne s'agit que de recevoir un rapport d'une autre Légion. Je ne vais pas au front ou rencontrer un dirigeant qui m'est hostile. Si c'est tout ce que vous aviez à me dire alors nous pouvons embarquer.

    Bien Monseigneur."

    Et sans un mot supplémentaire les huit personnes embarquèrent. Tandis qu'ils quittèrent l'espace Naahniolais en sub luminique, l'Archiviste et la Capitaine Adma brieffaient l'Empereur et les Bene Ellim une dernière fois dans le mess de l'intercepteur. Seul le pilote n'assistait pas à ce briefing, non pas que le mode automatique ne fonctionnait pas, mais ils préféraient s'en remettre à un pilote humain assisté par un ordinateur, plutôt qu'à un ordinateur assisté par un humain. De toute manière c'était la troisième fois que ce discours était tenu, et les quelques détails qui avaient été modifié entre l'actuel et celui à la caserne lui avaient été transmis. Tous les soldats avaient parfaitement compris l'ensemble de la situation ainsi que sa partie implicite. Et tous savaient que même si l'Empereur prenaient cela à la légère, n'importe quelle situation pouvait dégénérer. Et s'ils avaient à se battre, ils ne seraient que deux unités contre un nombre inconnu appartenant à une Légion dont les capacités étaient à priori égales aux leurs. Un défi immense en perspective. A leur arrivée, la tension monta d'un cran. La flottille était bien là où ils l'attendaient. Bien que leur formation n'était guère d'une des formations standard, on y reconnaissait tout de même une influence résolument Bene Ellim comme une dérivation de la formation de siège, ainsi que dans l'orientation méticuleuse de chaque bâtiment et des différentes pièces d'artillerie. Tout en restant hors de portée des vaisseaux, ils s'approchèrent pour se montrer et émirent leur signal d'authentification. Ils furent alors cordialement invités par le commandant Posirios à se rendre sur le vaisseau amiral de la flotte, un intercepteur dans la périphérie externe du périmètre défensif. Le vaisseau dans le coeur défensif étant un leurre d'après les déductions du Capitaine Adma. Tactique risquée mais classique dans leur corps, permettant une plus

    grande mobilité et d'offrir une diversion à une armada ennemie. Ils s'approchèrent alors avec la plus grande circonspection jusqu'à ce qu'ils soient bord à bord.
    Umra attendait devant le sas, tandis que la première unité se tenait dans l'encadrement de celui-ci, et que la seconde l'entourait ainsi que l'Archiviste. L'ouverture du sas révéla effectivement six amures de Bene Elim. Leur emblème, deux trainées fines et blanches sur le côté de leur masque sans visage, était définitivement inconnu à Umra, et aucun autre membre de sa suite ne sembla les identifier. Le Pulsar de Naahniol était bien représenté sur leur armure, au niveau de leurs coeurs, mais il ne distingua aucun grade. Sans doute aurait-il dû porter lui même un masque de combat pour les voir apparaître. Ne sachant qui était le supérieur de se détachement, il se trouva dans un léger embarras qu'il eut grand peine à dissimuler quand il ne sut à qui s'adresser. Finalement la situation se débloqua lorsque l'un des étrangers pris la parole, permettant à l'Empereur d'identifier le supérieur de ce détachement.
    "Mes salutations Monseigneur. Je suis le commandant de la Légion Armaros. Je suis sincèrement navré de vous avoir forcé à venir jusqu'ici, néanmoins étant donné les circonstances de notre mission nous ne pouvions faire autrement. Je vous prie de nous pardonner.

    - Excuses acceptées commandant. Je vous prierais néanmoins d'être bref et complet à propos de votre rapport. Nous avons perdu assez de temps comme ça.

    - Oui Monseigneur. Veuillez me suivre. Je puis vous offrir de vous installer dans l'une des cabines de ce vaisseau pour votre confort. Néanmoins je puis aussi vous faire mon rapport tandis que nous nous rendons à ce qui a motivé votre déplacement.

    - A savoir ?

    - Des données trop sensibles pour être transmises sur les canaux standards.

    - Bien. Je vous suis." Puis il ajouta à l'intention de sa propre garde : "Voyez. Bien que cette Légion présente de nombreuses zones d'ombres, ce sont indubitablement des Bene Ellim.

    - En effet Monseigneur. Pourtant je vous prie de nous autoriser à assurer votre sécurité jusqu'au bout.

    - Je partage l'avis du capitaine Adma Monseigneur. Trop de facteurs sont inconnus.

    - Comme vous voudrez. Je vous ai après tout accordé les pleins pouvoirs ici capitaine."

    Ils suivirent alors le commandant de la légion Armaros, les Bene Elim qui l'accompagnait s'étant dispersés pour poursuivre leurs tâches.
    "La mission "Rapatriement" visait à secourir l'Impératrice et nos frères et soeurs qui l'accompagnaient et de les ramener dans l'Empire. Si nous ne pouvions les sauver, alors il

    nous fallait au moins ramener leurs corps. Nous avons été coupé de l'Empire, puis mis en stase pendant de nombreux siècles avant d'avoir achevé cette mission. Ainsi à notre récent réveil, nous nous sommes fait le devoir de mener à bien notre mission. Et nous l'avons achevé. Les corps de nos camarades morts il y a de nombreux siècles se trouvent en ce moment dans le vaisseau au centre de notre formation. Nous attendons l'autorisation de regagner l'Empire pour leur rendre les hommages qui leurs sont dûs, bien qu'ils n'aient pas su défendre celle dont ils avaient la charge. Certaines données ont pu être récolté du champ de bataille, données en grande partie lacunaires. Ces données indiquent bel et bien l'intervention Sindar ainsi que sa nature et révèlent ce qui pouvait manquer à ce jour. Vous trouverez tout ceci dans cette pièce Monseigneur." Ayant fini sa phrase et semblant les avoir amené là où ils le devaient, le commandant se mit au garde à vous devant la porte, invitant l'Empereur à entrer. Tandis que le capitaine Adma s'avançait, le Bene Elim aux balafres blanches intervint d'une manière quelque peu hésitante.
    "Si je puis me permettre... Tant que ce rapport n'aura pas été classé et archivé, il vaudrait mieux que vous seul ayez accès à ce que contient cette pièce Monseigneur.
    - Pourquoi donc ?
    - Eh bien... Cela pourrait potentiellement jeter l'opprobre sur notre légion. Tant que vous n'en aurez pas été juge je préfère que nul autre n'intervienne.
    - Voyons cette demande est abs..."
    Umra coupa vivement le capitaine Adma. Il savait en effet qu'il régnait une certaine rivalité entre chaque Légion, et que l'honneur de celles-ci était un point particulièrement important. Aussi dans un désir de se montrer magnanime il laissa passer cette requête.
    "C'est bon capitaine. Je puis gérer une masse de rapport seul. Si vous le souhaitez vous pouvez toutefois monter la garde ici, tandis qu'une partie de vos hommes pourra explorer le vaisseau. Le commandant vous l'autorise. Tout comme il se fera un plaisir de répondre à chacune des questions du grand Archiviste ici présent.

    - A vos ordres Monseigneur.

    - Entendu Monseigneur.

    - Bien. Si vous n'avez rien d'autre à ajouter alors rompez."

    Tandis que chacun s'exécuta lui franchit le seuil de la pièce. Celle-ci était assez petite, comme toute les pièces sur un vaisseau de ce type, et comportait outre quelques sièges confortables ou moins confortables plusieurs moniteurs où s'affichaient divers données. Au centre de la pièce une table permettant d'afficher les données en images tridimensionnelles. Il s'avança pour gagner le premier siège à sa portée puis entreprit de lire l'ensemble du rapport ainsi que ses différentes annexes.

    "Leçon élémentaire numéro une : ne t'assieds jamais dos à la porte." Egrena une voix féminine dans son dos. Umra se retourna vivement pour apercevoir l'inconnue.
    "Leçon élémentaire numéro deux : même en terrain ami observe l'intégralité de la pièce avant de faire quoi que ce soit. Ta vie pourrait en dépendre." Il l'observa tandis qu'elle le dépassait d'une démarche féline pour s'assoir face à lui. Guère plus grande que lui, ses yeux noirs la désignait comme Naahniolaise. Ses cheveux cuivrés retombaient en cascade sur ses épaules nues. Plus jeune il aurait certainement piqué un fard devant la tenue outrancière de l'étrangère : sa robe diaphane laissait suggérer presque entièrement son corps et chacun de ses gestes semblaient provocateurs. Jamais il n'avait vu de Naahniolaise

    aussi impudique. De plus elle n'avait rien à faire ici. Elle n'était pas un Bene Ellim, et sa familiarité était totalement déplacé. D'un ton guindé il s'adressa à elle.
    "Je ne vous permet pas une telle familiarité. Savez vous seulement qui je suis ?
    Le descendant d'une lignée d'imposteurs." Répondit-elle dans un sourire.
    Comment osez vous ?!" Répliqua vivement Umra.
    "Que me reprochez vous ? De dire la vérité ? A moins que même pour les tiens l'histoire fut altérée. Ce qui ne me surprendrait guère à vrai dire...
    Que voulez vous dire ? Et qui êtes vous ? Vous n'êtes pas une Bene Ellim, vous n'avez rien à faire ici !
    A ces mots l'étrangère prit un air faussement contrit, tandis qu'un sourire narquois se dessinait sur son visage. C'est d'un ton didactique qu'elle poursuivit.

    "Tsss... Ne te rend pas plus bête que tu ne l'es déjà. Tu es tout à fait capable de deviner qui je suis à partir des informations dont tu disposes. Et je suis d'autant plus surprise que je pensais avoir bien plus marqué notre nation que ce que tu sembles prétendre par ton ignorance."
    Peu habitué à ce qu'on lui manque ainsi de respect Umra s'emporta encore un peu plus, crispant ses mains contre les accoudoirs de son siège, au point de blanchir ses phalanges.
    "Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Nul événement marquant de ces deux derniers siècles ne mentionne une femme aussi outrancière et manquant à ce point de tenue. D'ailleurs j'en ai assez vu." Dit il en se redressant brutalement." Gardes !"
    "Assieds toi et écoute moi !" Le ton autoritaire qu'elle avait adopté prit le jeune Empereur au dépourvu, décontenancé il se plia à son ordre. Avant de se rendre compte de son geste, qu'il ne pouvait de toute manière effacer sans paraître plus ridicule. "Les Bene Elim n'interviendront pas ici. Je leur ai interdit et leur ai fait verrouiller la pièce. De toute manière ils ne pourraient porter la main sur moi. Je suis assez déçue de voir ce que le Faucon est devenu, si du moins tous te ressemblent. Mais il est vrai que j'ai toujours réussi à faire perdre leurs moyens à mes interlocuteurs. Maintenant je te donne une dernière chance de deviner qui je suis, si tant est que tu le puis, et pourquoi je suis ici. Réfléchis une seconde à propos de tout ce que tu sais concernant la situation actuelle, et toutes les informations que tu as pu apprendre au cours de ton éducation. Veille à bien choisir ta réponse.
    - Sinon ?
    - J'espère pour toi que ce n'est pas la réponse à ma question."

    Ce petit jeu était absurde. Elle paraissait dangereuse. Peut être un peu dérangée. Dans quoi s'était-il embarqué ? Enfin qu'importe, dès qu'il pourrait distraire son attention il s'occuperait d'elle. Après tout, elle n'était pas armée, ne ressemblait pas à une tueuse, et ne semblait pas être en mesure de l'agresser autrement qu'en l'attaquant de ses poings nus. Elle avait croisé ses jambes fines et musclées et adopté un air distrait, sans cesser de ne pas masquer ses charmes. Mais l'heure n'était pas à la contemplation. Il devait garder à l'esprit qu'il était potentiellement en danger. Afin de se recentrer et ne plus laisser son esprit divaguer, il énuméra les faits dont il avait connaissance à voix haute, pour lui même.
    "Vous êtes une Naahniolaise qui prétend avoir marqué notre Histoire. Or ces deux derniers siècles nulle trace de vous. Vous apparaissez au sein d'une Légion Bene Ellim disparue depuis la fin de l'Époque Amaranth, sur laquelle vous prétendez avoir tout pouvoir, et qui vient d'achever la mission "Rapatriement" dont l'objectif était..." Son expression de colère fit

    face à un effarement total. Profitant de son silence son interlocutrice laissa échapper aussi l'une de ses réflexions.

    -Naahniolais... Je suis surpris de voir que vous vous définissez ainsi. Est ce à cause de l'abandon de vos racines ? Pour ma part je me considère comme Terminienne. Mais tu sembles finalement avoir trouvé.

    - C'est tout bonnement impossible ! Vous ne pouvez être...

    - Séléa Hardin oui."La coupa t-elle, agacée de la longueur de cette parodie de reconnaissance que prenait la conversation. "Ou la Catin si tu préfères le surnom que les Sindars et Terraniens me donnèrent. Je m'attriste de voir que la dégénérescence a touché l'Empire du Faucon. Peut être est ce la faute de ta lignée d'usurpateurs...

    - Séléa Hardin est morte il y trois siècles de cela !

    - Si tu pouvais passer à autre chose ça m'arrangerait. Je ne suis pas morte puisque je me tiens devant toi. J'ai... Simplement effectué un retrait de la scène galactique, avec l'assistance inopinée de cette chère Mérenwhen, et d'une charmante femme dont je tairais le nom. Ah et puisque mes raisons ne semblent pas t'intéresser, je souhaite sortir l'Empire de la dégénérescence dont je parlais juste avant.

    - Ah ! En admettant que vous soyez bien la Catin, vous n'avez nul jugements à donner ! Notre Empire est plus sain que jamais, plus prospère que depuis votre époque, et vous n'êtes plus là pour lui nuire.

    - Lui nuire ? Car mon règne lui a nuit ? Au contraire jeune sot. Je ne sais pas ce qu'on apprend de vos jours à mon sujet, mais sache qu'à moi seule, j'ai bien plus participé à notre prospérité que tous les Hardin depuis Eras.

    - Votre histoire est connue de tous : vous êtes la honte de notre famille ! Vous l'avez souillée par votre conduite déshonorante, vous avez conduit notre peuple au bord de la guerre ouverte avec les Sindars et avez mené le génocide du peuple Terranien ! Vous avez provoqué une telle instabilité qu'il nous a fallu le règne tout entier de votre fille l'Impératrice Nérénia pour nous en remettre. Non contente d'avoir abandonné votre peuple au bord du chaos, vous avez même abandonné votre fille à votre mère !

    - Jolie histoire effectivement. Cela me rappelle le bon vieux temps. Mais l'Histoire explique t-elle que le peuple Terranien ne m'a pas laissé le choix, empêtré dans des traditions barbares contraires à l'Empire Amaranth, et que l'OCA elle même m'a soutenu et encouragé trop occupée qu'elle était à mener une guerre futile ? Explique t-elle que les Sindars, non contents de m'avoir tendu une embuscade pour m'éliminer, ont aussi intercepté certains de nos convois, tout ceci pour une soi disant question d'honneur ? Votre Histoire a t-elle décrit la colonisation de Verdon, bien qu'elle ait échoué, le renforcement de nos liens avec Varden, l'expansion de l'Empire du Faucon, le développement de notre premier accélérateur temporel, et l'augmentation de nos ressources et moyens de production, ainsi que de notre

    puissance militaire? Non forcément... Ma mère aura tout fait pour effacer cela. D'ailleurs parlons en, descendant d'anomalie. Si mon sang coule dans tes veines, ce n'est pourtant pas de mon être dont tu es issu. Je n'ai jamais eu d'enfant. Mais Vilya, pour la stabilité du trône, et dans l'optique de m'évincer et reprendre un certain contrôle m'a conçu une fille. La grande Nérénia que vous adorez, petit Empereur anonyme, n'est que le fruit d'une cuve et du sang de mon premier sang. Ca je ne l'ai appris que bien des années plus tard, tandis que je "dégradait les relations Harlondaises par ma conduite déshonorante" comme tu le sous entends. Elle a créé l'enfant avant la mort de Paul et avant de quitter Harlonduneï pour le Cercle Léanth. Elle comptait demander l'aide de nos cousins pour assurer la viabilité de ce clone abscon. Et j'ai laissé faire, tout en ayant appris ce que mes espions m'avaient transmis. Car je n'avais rien à perdre. Et te voilà devant moi. Nuisant bien plus à l'Empire avec votre prétendue stabilité centenaire que moi avec mon chaos inqualifiable.

    - Il suffit ! Vous n'avez apporté que l'instabilité, là où nous avons apporté l'ordre ! Un ordre parfait sur lequel nous nous épanouissons !

    - Sur lequel vous agonisez. Vous vous complaisez dans la facilité, la paix béate, le retrait de tout, la satisfaction de votre propre médiocrité. Auriez vous oublié notre philosophie ? Tout est sous tendu par l'ordre et le chaos, leur affrontement perpétuel dans lequel chacun doit grandir pour tenter d'imposer sa domination, sans jamais y parvenir. Une domination totale de l'ordre, voilà l'héritage de Vilya. Notre propre histoire ne vous a t-elle rien appris ? Au lendemain de la victoire absolue de la Maison Hardin sur les autres grandes Maisons, nous avons failli nous abandonner à notre propre complaisance de nous même. Nous stagnions, dormions, guetté par une torpeur mortelle. Nous avons failli disparaître de notre propre stagnation, vaincu par nous même. Et voilà que vous commettez les mêmes erreurs. Dis moi Empereur de pacotille, quelle espérance de vie avez vous donc ?

    - Et vous donc pour surgir ici après trois siècles ? Pensez vous que le chaos soit préférable ? La destruction, la guerre, l'éclatement de ce que nous sommes ? Je n'ai aucune leçon à recevoir de vous Catin. La prospérité, voilà ce que j'offre. Vous n'offrez que la ruine.

    - J'ai offert un chaos modéré, pour que nous continuions à nous dépasser, à évoluer, à gagner en puissance, et que nous soyons toujours capable de résister aux cycles. Veux tu un exemple parmi le peuple que vous admirez de là où votre conduite nous mène ? Les Sindars. Ce peuple si fier, si sage, si pacifique, versé à ce point dans l'ordre qu'il n'a pas su survivre quand survint le chaos. Quand aux Terraniens ce fut l'inverse. Ils ne vivaient que pour celui-ci, toujours à chercher querelle, incapables de se pérenniser. Ils ont disparu de s'être totalement abandonné à cet extrême. J'offrais la tempérance de l'Ordre que Paul et Vilya m'avait légué, le contrepoint nécessaire. Et vous voilà, face à au moins trois siècles d'Ordre derrière vous, en train de sombrer. Je reprends donc les rênes petit pantin. Pour le bien de l'Empire.

    - Vous n'en ferez rien.

    - Ah oui ? Et pourquoi donc ?

    - Vous n'avez aucun droit et plus aucune existence.

    - Ahaha c'est bien la chose la plus désopilante que tu ais dit depuis le début. Aucun droit. Venant de toi c'est réellement risible. Dois je te rappeler une notion aussi élémentaire concernant la transmission du pouvoir ? Je ne suis pas morte et n'ai jamais abdiqué. De ce fait je suis l'Impératrice légitime. Et votre seul droit à toi et aux tiens est de passer au mieux pour des régents, au pire pour des usurpateurs. Quand au peuple... Je me débrouillerai. Nos Orateurs et Inquisiteurs ont toujours su gérer ce genre de situation. En témoigne l'Empereur Fallar...

    - Pardon ?

    - Ah oui, tu ne lis jamais que les histoires officielles... Avoir une si grande longévité, et ne rien en faire... Désolant.

    - Vos insultes ne me touchent pas, Catin. De plus...

    - Tu te comportes comme un gosse." Puis sans qu'il eût le temps de répliquer, elle ajouta :"Es tu marié ?

    - Si vous escomptez obtenir le pouvoir de cette manière alors..."

    Séléa le coupa calmement une fois de plus. Sa maîtrise d'elle même ne faisait qu'attiser la fureur de l'autre et celle ci le savait très bien. Elle le reprit encore, comme on reprendrait un enfant qui vient de commettre une faute.
    "J'en ai assez de devoir t'interrompre pour te corriger. Je ne compte pas t'épouser. Mais j'imagine que tu as encore tout le temps pour te marier, après tout rien ne presse plus dans cet Empire assoupi, tant au niveau diplomatique, que dans l'optique de perpétuer notre ligné."Umra vit ses joues se teinter de rouge. "Je vois à ta réaction que j'ai juste. Bien. Je vais donc te faire une seule proposition dont les termes ne sont pas négociables. Je te laisse officiellement à la tête de l'Empire, à condition que je sois la véritable dirigeante dans ton ombre. J'assure ton éducation qui est plus que lacunaire, tu m'assures ton obéissance totale, et si je t'en juge dige, alors un jour tu dirigeras peut être l'Empire. Sinon je serais obligée de t'exécuter séance tenante pour le bien de tous. Que choisis tu ?

    J'en ai assez entendu !" S'exclama finalement Umra sortant son pistolet à aiguille. "Séléa Hardin, pour les crimes que vous avez commis à l'encontre de notre nation, pour ceux que vous avez commis à l'encontre de nations alliées, et pour rétablir l'honneur de notre famille je vous condamne à mort !

    Tsss... J'ai déjà entendu ça une fois. Et celle qui prononça mon jugement n'est plus là pour s'en vanter." A peine eut-elle achevée sa phrase qu'Umra appuya sur la gâchette de son arme à trois reprises, en visant le buste de l'ancienne Impératrice. Et celle ci conserva sa pose et un sourire mutin, tandis que l'autre prenait un air effaré. Alors qu'il examinait son arme, Séléa se fendit d'un rire franc et moqueur.

    "Troisième leçon élémentaire : toujours assurer ses arrières quoi qu'il arrive. L'imprévu peut surgir si vite, surtout quand l'autre veille à vous priver de vos atouts... Dites moi Monseigneur, que se passe t-il d'ordinaire quand quelque chose vient à contrarier vos désirs, vos prévisions, l'ordre que vous avez établi ? Tu ne le sais pas, n'est ce pas ? Vous vous êtes toujours contenté de perpétuer ce qui fut établi ? Que t'ont dit nos Bene Elim lorsque tu t'es offert de venir en escorte réduite sur mon terrain ? Les connaissants ils ont dû protester. Même votre tare n'a pu les diminuer. Ils sont au delà de ça. Et pourtant tu n'as pas suivi leurs conseils...

    Vous non plus !" Répondit Umra fulminant de rage. Et sa colère ne fit qu'ajouter à l'amusement de Séléa, toujours assise sur son siège, son bras droit derrière celui ci, l'autre sur sa gorge tandis qu'elle riait.
    "Moi je n'ai pas écouté mes Bene Elim ? Mais je voulais mourir voyons ! Ou tout du moins ajouter assez de risques et d'imprévus pour éviter de m'enfermer davantage dans ce que mon rôle imposait."
    Sa réponse poussa Umra à lui jeter son arme inutile à la tête, sans prendre le temps de réellement viser. Elle n'eut donc aucun mal à l'éviter en penchant sa tête de côté.
    "Bien tu fais des progrès. De l'impulsivité, de la colère... Il aurait mieux fallu que tu apprennes à canaliser ce genre d'émotions, et peut être aurais tu été à même de sortir de l'ornière dans laquelle tu te trouves."
    Il ne lui répondit pas. Il dégaina son épée et se rua sur Séléa. Et ne frappa que le siège où celle-ci se trouvait une seconde avant. La femme le toisait, derrière le siège, un sourire au lèvres, une lame dans sa main droite.
    "On ne forme donc plus les Hardin à la Danse Lame de nos jours ? Ceux ci ne frappent qu'au hasard comme des brutes ? Où avons nous laissé notre réputation de bretteur ?" Elle continuait de le provoquer, d'attiser sa fureur pour le pousser dans ses derniers retranchements. Elle jouait avec lui comme elle se l'était promis, et n'arrêterai que lorsqu'elle serait lasse.
    La pièce dans laquelle il se faisait face n'était pas très grande, et encombré par les chaises et la table. Pourtant Umra s'écarta de son adversaire, prenant la posture traditionnelle qu'adoptaient ceux qui se battaient dans les salles d'entraînement, en laissant une certaine distance avec son adversaire et présumant pouvoir compter sur un périmètre de mouvement large. Séléa elle n'avait presque pas bougée, se contentant de pivoter face à lui, se reculant légèrement du siège et portant sa lame à hauteur de ses hanches.
    "Je vais te faire une fleur" Dit-elle."A voir ta réaction, tu n'as jamais réellement combattu, en encore que contre ceux qui se battaient selon notre mode. Je n'utiliserai donc pas ce que j'ai appris au cours de ces siècles passés. Ca ne serait pas très juste sinon."Acheva t-elle dans son éternel sourire narquois. Umra ne lui répondit pas, il se contenta d'effectuer une attaque d'estoc au niveau de la poitrine de la Séléa. Que para celle-ci et recula d'un pas, encore une fois sans montrer de réelles difficultés. Il reprit encore une fois son assaut d'une frappe basse puis d'une frappe moyenne assez violente. La parade et l'esquive furent les seules ripostes qu'il reçut. Derrière son masque amusé, Séléa jaugeait les capacités de son adversaire. Avait-il si peu de maîtrise, ou la colère obscurcissait-elle totalement ses capacités ? A moins qu'il ne feigne son incompétence et s'économise pour plus tard. La Danse Lame était souvent lent à ses débuts puis devenait une épreuve d'endurance à mesure que les combattants déchaînaient leur art en des assauts continus et vif, plus de harcèlement que de force. Quoi qu'il en soit, elle continuerait à se montrer prudente tant qu'il n'aurait pas révélé l'étendu de ses compétences. Elle désirait voir jusqu'où s'étendaient les dommages qu'elle avait préssenti. Quelques assauts brouillons continuèrent en s'amplifiant, réduisant l'intervalle de temps entre chaque coup porté, et apportant une plus grande variation dans les attaques. Elle continuait de maintenir sa garde et d'observer son adversaire. Elle dû reconnaître qu'il maîtrisait assez bien le style le plus équilibré de tous, mais qu'il s'en tenait beaucoup trop aux séquences apprises en n'offrant qu'un minimum de variations à celles ci tout en se dépensant plus que nécessaire dans ses coups qui, d'après cette école, permettaient d'économiser ses forces.

    "Tssss... Pathétique..." Lui dit-elle alors qu'elle évitait un autre de ses assauts. "Je dois te reconnaître le mérite d'avoir retenu quelque chose de cet art. Mais pour le reste... Tu restes inférieur à l'étudiant le plus obtus qui ai jamais appris la Danse Lame de mon temps. Et ta colère est bien mal dirigée à mon égard. En combat elle doit servir à augmenter ta résolution et tes forces. Pas à faire de toi un gamin capricieux. " Sa lame para un coup plus violent que précédemment. Oui il n'a donc rien appris. "A mon tour." Dit elle, changeant de posture et avançant sa jambe gauche. Elle s'exécuta alors, réalisant sa première frappe, en visant sa cuisse. Elle ne cherchait pas à l'atteindre, mais à tester sa réaction. Elle détecta une hésitation imperceptible lorsqu'il annula sa frappe pour se protéger. Une erreur potentiellement fatale. Maintenant elle pouvait jouer. Son style préféré se basait sur la vitesse, la mobilité et la souplesse, mais avait tendance à puiser dans l'endurance de son utilisateur. Sa mobilité étant fortement réduite dans cette pièce encombrée, elle se contenta d'un harcèlement économisant ses forces et qui épuiserait la concentration de son adversaire. Elle attaquait des endroits vitaux et au dernier moment se contentait de frôler ou entailler des zones bénignes. Elle ne voulait pas le blesser mortellement ou l'handicaper. Seulement le pousser à la fureur en lui infligeant de multiples petites écorchures. Dans un premier temps Umra fut décontenancé et reçu chacun des coups de Séléa, parant où il ne fallait pas. Puis il sembla s'adapter et réussi à parer ou esquiver de plus nombreuses attaques, sans toutefois porter de contre attaque. Son adversaire étant piégé dans une posture défensive, Séléa poussa son avantage, accélérant encore davantage ses mouvements de lame infligeant à chaque fois plus de contusions et blessant cette fois dans zones plus dangereuses avant que celui-ci n'adapte son rythme. Elle commençait enfin à se mouvoir de la manière qui avait conféré à cet art le nom de "Danse". Sa lame était une extension d'elle même et virevoltait autour de son adversaire, l'emprisonnant dans un ballet mortel. Enfin, à force de reculer, il heurta l'un des sièges, et, momentanément déséquilibré, reçu une profonde estafilade sur la joue. D'une colère accentuée par les moqueries de son adversaire et la douleur qu'il ressentait, il frappa violemment d'un mouvement diagonal destiné à éborgner son adversaire. Séléa déporta son attaque pour parer le coup du jeune homme, sans donner l'impression de briser son rythme. Elle sourit à part elle." Ca n'est pas trop tôt". Il semblait enfin donner l'impression de se défendre, agissant sous l'impulsion de l'adrénaline, il appliquait instinctivement les enseignements qu'on lui avait inculqué, ne réfléchissant plus aux séquences, mais laissant celle-ci se combiner sans y songer. Ses attaques étaient toujours aussi violentes, mais ses mouvements devenaient plus fluides. Il n'arrivait toujours pas à toucher Séléa, mais au moins elle devait à nouveau contrer ses coups. Ravit elle finit par dire : "Tu sais, je suis sincèrement navrée de voir que tu n'es capable de me montrer une maîtrise un tant soit peu correcte qu'à la fin. Regarde toi, la

    sueur perle sur ton front et tu es pratiquement essoufflé. Néanmoins j'admet que je suis enchantée de voir que tu ne t'es pas laissé tuer trop facilement." Umra respirait de manière plus violente en effet, mais Séléa commençait à suer elle aussi. Le combat avait duré bien trop longtemps et elle avait eu ce qu'elle souhaitait. Alors que son adversaire lui assénait une attaque au niveau de son buste, elle pivota sur elle même et donna un coup de sa lame sur celle de son adversaire pour entraîner son mouvement, puis ramena son coude pour le frapper en pleine poitrine. Déséquilibré et le souffle coupé il ne put empêcher Séléa d'abattre son arme sur son poignet, sectionnant ses tendons et le désarmant. De son pied gauche elle faucha ensuite le jeune homme, couvert de sang et de sueur et dégagea négligemment l'arme à ses pieds.
    Tandis que celui ci essayait de se relever en geignant, et tenant sa main droite Séléa apposa la pointe de son arme sur sa gorge. Elle respirait un peu plus vivement, et ses joues étaient rouges d'excitation. Elle ramena ses cheveux poisseux en arrière en s'adressant à Umra.

    "Alors, vois tu à présent l'utilité de ne pas s'enfermer dans la passivité ? Tu aurais dû accepter ma proposition... Enfin il est trop tard maintenant... Dernière leçon élémentaire : si je veux quelque chose, je l'obtiens. Dommage qu'on ne t'ai pas prévenu... Mais sinon, je souhaiterais te demander par mansuétude et tradition, enfin surtout par simple jeu, si tu as quelques dernières paroles à prononcer. Quelque chose qui pourrait rester dans l'Histoire, ou être transmis à ceux que tu laisses, une dernière volonté, un souhait absurde...

    - La putain de Terminus fait preuve de mansuétude ?

    - Qu'il en soit ainsi. L'Histoire retiendra donc que sur ta fin tu as reconnu mon titre. Ah au fait, tu ne m'as toujours pas dit ton nom. Adieu donc empereur anonyme."
    Déclara t-elle en lui enfonçant la lame dans sa gorge. Elle contempla ensuite le champ de bataille tandis qu'elle laissait son coeur et sa respiration s'appaiser. Ils n'avaient pas fait trop de dégâts mis à part les quelques traces de sang qu'il avait répandu. Puis, tandis que l'adrénaline se dissipait, elle observa son propre corps. Manifestement il avait réussit à lui occasionner quelques ecchymoses et une griffure superficielle sur son bras gauche. Elle se reprocha son propre laisser aller. Face à un adversaire aussi faible c'était intolérable. Cela lui servirait de leçon conclut-elle en haussant les épaules. Pour l'heure elle n'avait qu'à se changer et se laver. Ensuite il faudrait qu'elle se fasse reconnaître des Bene Ellim venus avec l'Empereur et gagner le palais impérial pour reprendre le pouvoir. Avec un peu de chance, le frère de celui-ci se montrerait plus coopératif. Elle n'avait vraiment pas envie de se montrer au grand jour à nouveau. Ah et elle devait aussi répondre à la requête de son ancienne hôtesse. Enfin... Ca aurait pû être pire... D'un pas léger elle se dirigea vers ses appartements. L'ère de Vilya s'achevait.


    [Je tenais à publier ces trucs à peu près au moment où je les achevais. J'ai constaté de nombreuses fautes dans les textes précédents, et la mise en forme est approximative. J'arrangerais ça dès que j'en aurais l'occasion]
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Ven Mai 31, 2019 3:52 pm

  • Après s'être lavée, Séléa revêtit sa tenue de combat. Elle n'avait plus à provoquer qui que ce soit, mais devait se présenter en temps qu'Impératrice. Elle gagna donc la passerelle principale dans sa combinaison noir, totalement désarmée. Une fois parvenue sur le pont, elle découvrit le Bene Ellim qui accompagnait feu l'Empereur en vive discussion avec le Commandant Psirasios. Ce Bene Elim arborait les couleurs de la légion Zachriel. Parfait songea t-elle. Exactement l'homme qu'il me fallait. Celui-ci tourna la tête à son arrivée, tandis que les Bene Elim d'Armaros la saluait.

    "Qui êtes vous ?" demanda t-il d'un air circonspect. Elle ne prit pas la peine de lui répondre, gravissant les échelons menant au centre de la passerelle de commandement. Elle se pencha sur la console et ouvrit le canal de transmission interne.
    "A tous les Bene Elim extérieurs à la légion Armaros, présentez vous immédiatement sur la passerelle de commandement. Ceci est un ordre de votre Impératrice légitime Séléa Hardin, fille de Paul et Vilya Hardin." Puis alors qu'elle coupait la communication elle se tourna vers l'Archiviste "Vous avez votre réponse. Si les codes Bene Elim de votre Légion n'ont pas changé vous êtes le Grand Archiviste de la Légion Zachriel. Fort bien. Je vais avoir besoin de vous pour m'identifier.

    - Excusez moi ? Et où est l'Empereur Umra ?

    - Il ne s'est pas présenté à moi. Mais si votre empereur était ce petit effronté, alors là où vous l'avez laissé. Mort si telle est votre question. N'ayant jamais abdiqué il n'avait qu'un moyen d'hériter de mon titre. Il m'a provoqué en duel pour le trône et l'a perdu. Vous savez ce que cela implique, il y a déjà eu des précédents.

    - Si effectivement vous êtes celle que vous prétendez être, alors oui je sais ce que cela implique. Vous êtes notre Impératrice et il a échoué à vous ravir ce titre.

    - Parfait. Au moins vous conservez un minimum de jugement. Je n'en attendais pas moins d'un Bene Elim. En tant qu'Archiviste, vous êtes le mieux qualifié pour m'identifier comme celle que je prétends être. Bien sûr je pourrais demander au Commandant Psirasios de confirmer mon identité, mais vous n'avez aucune raison de le croire, cette Légion ayant errée bien trop longtemps."
    La porte s'ouvrit alors sur le capitaine Amra et ses hommes. Ils s'étaient hâtés mais sans panique à l'appel de Séléa. D'après la posture défensive qu'ils adoptaient derrière leur capitaine ceux-ci craignaient une menace observa Séléa. Ce qui était naturel. Un tel appel au milieu de troupes ennemies ne pouvait qu'inciter à la prudence.

    "Que signifie tout ceci ?

    - Mon retour simplement. Celui de votre Impératrice. A qui ais je l'honneur ?" Demanda t-elle en tournant la tête vers les nouveaux arrivants, les toisant de toute sa hauteur.
    Adma jeta un coup d'oeil en direction de l'Archiviste, qui lui indiqua d'un mouvement de la main qu'il n'avait aucune idée de la situation actuelle, et qu'il valait mieux s'en tenir à la prudence. En réponse la Bene Elim la salua du ton neutre qu'elle réservait aux étrangers.

    " Capitaine Adma, du troisième bataillon de la Légion Erasiel, responsable de cette mission, chargée de l'autorité de l'Empereur Umra Hardin.

    -Erasiel ?" Reprit-elle avec amusement. "Je ne connais aucune Légion de ce nom... A moins que la Légion Ananiel ai pris un autre nom depuis le temps. En tout cas vous portez leurs couleurs." Si Séléa avait espéré une réaction quelconque de son interlocutrice c'était raté. "Et enlevez ce masque avec moi. Je ne suis pas venu ici pour combattre, sinon j'aurais porté le mien ainsi qu'une arme. Enlevez aussi le votre Grand Archiviste. Et pour ne pas incommoder nos invités vous aussi Commandant. Plus besoin de faux semblants, dans cette pièce ne se trouve que des Bene Elim et une Hardin. Et nul ne combattra. Quand à votre autorité... Eh bien malgré la mort d'Umra vous la conservez sur votre détachement.

    - L'Empereur est mort. "Nota t-elle avec calme. "Pour quelle raison ?

    - Il tenait à m'empêcher de reprendre ce qui me revenait de droit. Bien me reconnaissez vous comme votre Impératrice légitime ?

    - Vous semblez être une Hardin. Néanmoins, permettez moi de garder un droit de réserve tant que vous ne l'aurez pas prouvé.

    - Cela va de soit. Les procédures d'authentification sont toujours les mêmes ou ont-elles changé ? Je devrais me soumettre à l'examen génétique pour prouver au moins que mon ADN est le bon et d'empreinte psychique pour vérifier la clé de sûreté qu'on a gravé dans mon inconscient ?

    - Vous pourriez avoir raison.

    - Dans ce cas vous n'avez aucun moyen de faire quoique ce soit ici... Il faudrait rejoindre le Coeur de Zachriel ne serait ce que pour retrouver mon mot de sûreté associé. Donc vous devrez me faire confiance jusqu'à là." Ajouta t-elle sûre d'elle même. Elle ne tenait pas à leur rappeler ce qu'ils savaient déjà. Mais la Bene Elim lui avait déjà fait passer un test. A elle donc de montrer qu'elle possédait des connaissances intimes sur eux, pour au moins assurer en partie son image.

    Le Capitaine Adma dû parvenir aux mêmes conclusions, car sans poser de questions supplémentaires elle ordonna à ses hommes de rapatrier le cadavre du défunt Empereur à bord de leur propre vaisseau, puis d'escorter celui abritant Séléa jusqu'au Coeur de la Légion Zachriel, situé sur Espérance. Elle demanda toutefois à ce que le reste de la flotte ne s'approche guère de la planète, croisant en orbite haute, là où leurs armes ne pouvaient atteindre efficacement la surface et où elle serait sous l'influence des défenses des autres mondes lunaires. Toute ces requêtes furent acceptées. Tandis que les Ananiel regagnèrent l'intercepteur, l'Archiviste resta auprès de Séléa afin de prendre connaissance de l'ensemble des données qu'elle avait promis à Umra.
    Il n'y eut aucun échange entre l'intercepteur Naahniolais et la flotte durant le temps que prit le trajet. Ce n'est qu'une fois arrivée à proximité d'Espérance que les Bene Elim d'Ananiel reprit contact avec leurs homologues.

    "Ici le Capitaine Adma, nous allons pénétrer l'espace Naahniolais. Nous vous laissons à la charge de la Légion Zachriel. Elle vous escortera jusqu'à son Coeur. La Légion Ananiel se contentera d'assurer votre encadrement spatial. Fin de transmission.

    - Bien reçu Capitaine. Comme convenu nous laissons le reste de notre flotte à l'endroit prévu et ouvrons nos canaux en attente d'instructions. L'Impératrice Séléa rejoindra le Coeur de Zachriel sous la direction du Grand Archiviste et avec trois Bene Elims de notre Légion à bord d'une navette de surface. Terminé."
    Et la navette quitta les soutes du croiseur amiral, avec sa précieuse cargaison, dissimulée aux radars Naahniolais par un code Bene Ellim



    "Espérance... Voilà où ils en sont ? A guetter passivement un nouvel espoir, une raison de vivre qui tomberait du ciel ?" Mais après tout c'était bien ce qui était en train d'arriver.
    La capitale n'était capitale que de titre. A vrai dire la planète ni la plus peuplée, ni la plus industrialisée ou la plus riche, et la plupart des pouvoirs l'avait déserté. Il ne restait qu'une ville gigantesque abritant le palais Impérial, quelques ambassades et loin de la ville, isolé de toute construction le Coeur contenant la mémoire de tout l'Empire et bien plus encore, bien loin au milieu de la calotte polaire. De prime abord elle ne vit rien au milieu des glaces. A bord de la navette il n'y avait qu'elle et le Grand Archiviste qui se concentrait sur le pilotage. Soudainement un dôme se matérialisa avant que la navette ne s'y engouffre. Elle avait eu le temps de voir une structure gigantesque s'étendant sur plusieurs kilomètres.
    Il lui avait semblé uniformément lisse, mais elle ne pouvait en avoir la confirmation.

    "Avait-il été conçu sur le modèle de celui situé auparavant sur Asgélie ?

    - Je regrette. Ces informations ne peuvent être divulguées tant que je n'aurais pas la preuve que vous êtes notre Impératrice légitime.

    -Très prudent de votre part Archiviste.

    - Je ne fais que respecter la procédure.Si vous n'êtes pas l'Impératrice alors ces informations ne doivent pas vous être communiquées. Sauf votre respect je ne suis pas venu ici pour vous faire une visite touristique.

    - C'est vrai. Je suis venue ici pour m'assurer de récupérer la place qui est mienne."
    L'appareil se posa à l'intérieur d'un vaste hangar contenant déjà quelques navettes dans leurs box allouée le long des parois. Tout ici était standard aux casernes qu'elle avait pu arpenter des siècles plus tôt : une baie de contrôle régularisant les flux et capables de déclencher les défenses au fond de la pièce à environ vingt mètres de hauteurs du sol Quelques grues permettant le déplacement des navettes et chargements. Des systèmes de défense sol-air classiques, quoique plus évolués que ceux de son époques dans les angles et face à l'entrée du hangar pour interdire tout intrusion et une gigantesque porte aussi épaisse que leur navette était haute, qui verrouillait actuellement le hangar, la coupant de l'extérieur.
    Au moment de descendre à l'invitation de l'Archiviste, elle remarque six soldats de la légion Zachriel qui les attendaient.

    "Ma garde personnelle ?

    Notre escorte oui." Répondit-il d'un ton monotone. Il se contenta seulement de les saluer à mesure qu'il passait devant eux. Les nouveaux venus encadrèrent aussitôt Séléa et leur supérieur, trois hommes l'arrière et trois à l'avant, le tout sans échanger une parole. Parfait. De toute manière les babillages inutiles l'avaient toujours ennuyés quelque soit le domaine. Néanmoins la médiocrité générale et l'égo rendait l'ergotage presque obligatoire en diplomatie... Et en d'autres cas qui aurait dû normalement s'en passer. Malgré tout elle devait faire cet exercice, même en cette situation. Pas pour les flatter. Mais pour sonder. Aussi alors qu'ils quittaient le hangar elle prit le soin d'essayer.

    "Eh bien, les moyens déployés sont pour le moins formidable je dois l'avouer. Malgré cette décadence généralisée, vous avez bâti un Coeur plus impressionnant que celui possédé par votre légion de mon temps. Avez vous ici l'ensemble des archives impériales, ou certaines se sont elles perdues durant nos migrations ?

    -A nouveau je ne puis vous répondre. Je ne puis divulguer cette information à un civil, qui plus est une étrangère.

    -Evidemment. Et c'est tout à votre honneur. Néanmoins après cette petite formalité protocolaire, je souhaiterais avoir accès à vos archives.

    -Nous verrons."

    Ils gardèrent ensuite le silence tandis que son escorte et elle s'enfonçaient au sein de la structure, qui semblait construite dans et autour d'une montagne du bref apperçu qu'elle en avait eu. Il n'y avait rien qui n'attirât son regard. Les murs étaient tous semblables, nus, noirs, froids et tout d'un métal mat, avec quelques sources lumineuses tous les trois mètres. Le tout dans un état irréprochable. De temps à autre, des portes anti-explosions du même type que celles utilisées sur les vaisseaux donnaient accès à une coursive ou une pièce. C'eût été beaucoup dire que cet endroit lui faisait se sentir chez elle. Mais à l'intérieur d'une caserne ou d'un Coeur Bene Ellim elle se sentait toujours plus détendue. Parfois ils croisaient quelques Bene Ellim. Aucune autre personne. "Tant mieux." Ils avaient toujours mis un point d'honneur à ne laisser nul autre que l'un des leurs pénétrer dans leur sanctuaires. Un étranger pouvait toujours présenter des défaillances. Pas eux. Même s'ils toléraient la présence d'autres légions, de telles intrusions dans ce qu'ils considéraient être leur territoire étaient toujours très rares. Aussi, l'intégralité de l'entretien et de la logistique de leurs bases dépendait d'eux. Cela avait conduit certains soldats à se spécialiser pour des tâches d'ingénierie plutôt que continuer un entraînement de tous les instants. Mais chaque spécialisation finissait tout de même par trouver son utilité sur le terrain. "A moins que cette surspécialisation ne finisse par devenir un handicap” songea-t-elle. Elle nota mentalement de surveiller ce point plus tard.

    Après plusieurs minutes de marche, ils parvinrent à un ascenseur au centre de la montagne. Deux membres de son escorte entrèrent et se placèrent au fond de la cabine.
    "Après vous." L'invita l'Archiviste.
    Elle se contenta de se placer au centre, dos à ses hôtes. L'Archiviste se plaça de profil, devant-elle, tandis que les trois autres membres de son escorte restèrent dehors. Ne voyant aucun panneau de contrôle, elle supposât que celui-ci émettait aussi aux fréquences visuelles des masques de combat. "Aucun besoin de m'inquiéter sur ma destination. Tout ceci n'est qu'une formalité." Toujours en silence, elle se sentit descendre selon la sensation familière des ascenceurs anti-G. Lorsqu'ils furent arrivés, elle ne fut guère surprise de voir trois autres soldats les attendre, qui vinrent reformer son escorte. Elle repartit avec eux et plongea à nouveau dans ses pensées au fil de son trajet.

    "Nous sommes arrivés Madame. Si vous voulez bien vous donner la peine d'entrer." L'invita l'Archiviste. La pièce était une salle blanche lumineuse, contrastant avec le reste de l'installation. Un miroir sans teint se trouvait sur le mur droit et à n'en pas douter, des caméras balayant tout le spectre électromagnétique devaient être rivées sur elle.
    "Qu'ils m'observent autant qu'ils le souhaite, ils ne trouveront rien d'anormal." Pensa-t-elle avec un brin d'agacement teintant sa bonne humeur. Au centre, une table médicale bardée d'instruments et derrière une console, le médecin chargée de procéder. Dans un coin de la pièce une imposante machine cylindrique. Séléa remarqua l'arme que possédait la nouvelle Bene Ellim, rangée sous son uniforme médical. Cette dernière se leva pour l’accueillir, transportant une sorte de boîte.
    Mes salutations Madame. Veuillez mettre votre main gauche dans cette boîte et serrer fermement la boule que vous sentirez.
    Elle haussa un sourcil mais s’exécuta. “Drôle de manière de prendre mes empreintes… Aïe !” Elle tressaillit légèrement alors qu’elle sentit une brève douleur au niveau du poignet et du pouce. Puis de petites gouttelettes se déposant et s’évaporant aussitôt sur sa main.

    Merci beaucoup. Vous pouvez retirer votre main Madame. Si vous voulez bien vous donner la peine d’entrer dans la cabine.” Dit-elle en lui indiquant le coin de la pièce où se trouvait le cylindre. “Il y a un vestiaire à votre disposition juste derrière. Je vais vous demander de déposer tout ce que vous portez : armes, accessoires, vêtements, lentilles…

    - Soit. Néanmoins je tiens à ces biens. Ne les jetez surtout pas.

    - Il en sera fait à votre convenance.

    Seule dans le vestiaire, Séléa prit soin de trier ses affaires avant de les déposer dans les bacs appropriés. “Ils ont réellement pensé à tout.” Remarqua-t-elle amusée alors qu’elle apercevait l’une de ces chemises d’hôpital, aisée à mettre et enlever pour les opérations. “J’imagine que cela doit servir à préserver ma pudeur sur le trajet entre cette pièce et la cabine d’analyse. Soit… deux mètres ? Amusant que certains aient besoin de se dissimuler devant eux…” Elle se rendit donc directement dans la cabine sans prendre la peine de récupérer la chemise. Il y avait bien plus important à l’heure actuelle.
    Une fois enfermée dans le cylindre, on lui demanda de rester debout et droite. Soit. Il n’y avait pas de sièges de toute manière.
    Elle se trouvait dans le noir, totalement isolée de l’extérieur ne percevant aucun son provenant de celui-ci. Son seul point de repère était le bourdonnement régulier de la machine. Finalement on ouvrit le caisson.
    Sans trahir son soudain aveuglement elle demanda les résultats des analyses.
    Je ne suis pas en mesure de les communiquer. Néanmoins, si vous n’êtes pas Naahniolaise, sachez que nous pouvons mettre à votre disposition de quoi prévenir le cancer dont vous vous trouveriez gratifié désormais.

    - Charmant… J’imagine que nous pouvons continuer ?

    - Dès que j’aurais reçu l’intégralité des résultats biologiques. Vous trouverez dans le vestiaire une tenue intégrale à votre disposition.

    - Digne de mon titre ?

    - De celle que l’on fournit aux cadets.

    - Parfait !

    - Je vous demanderais de patienter dans cette pièce, jusqu’à ce que je reçoive toute les données.

    - Cela prendra du temps. Puis je avoir accès à des informations publiques concernant la dynastie Hardin depuis Paul ? Actes officiels, naissances, décès, dates de couronnement, décisions majeures et déclarations publiques par exemple ?

    - Rien ne s’oppose à cela en effet. Je vais vous faire transmettre une tablette avec ce que vous m’avez demandé.

    - Merci bien.” Elle aurait aimé en savoir plus évidemment, mais d’expérience elle savait qu’ils ne lui accorderaient rien que ne soit autorisé à son rang. Et officiellement elle était une étrangère régicide, bien qu’ils aient de sérieux doutes en faveur de son identité. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, elle retourna dans le vestiaire attenant. Disparus ses affaires et la chemise d’hôpital. Sans doute elles aussi parties pour analyses.
    A la place, seule la combinaison bleue nuit des cadets de cette légion. Autant l’enfiler si elle devait rester ici. Ils avaient eu la délicatesse de lui fournir une tenue à sa taille. Avec humour elle se demanda si malgré tous celle-ci était à sa taille ou à celle de Séléa telle qu’ils l’avaient enregistrée. Dans un cas comme dans l’autre peu importe. Après s’être convenablement vêtue et inspectée, un garde entra et lui remis la tablette.
    Voyons donc qui est passé sur le trône depuis ma mort. Ma “fille” Nérénia donc… Trois enfants ? Bravo à elle. Vilya a dû avoir terriblement peur pour la lignée pour obtenir un tel résultat. Alaras, né sur Naahniol, mort sur Espérance… première du nom ? Quel patronyme stupide. Fuir et nommer sa capitale Espérance… Passons donc. Trois générations chez les rouges. Trois générations d’empereurs sur quatre cents ans... Ca a donc commencé à ce moment là. Elsane, née sur Espérance, morte sur Espérance deuxième du nom. C’est donc elle qui a organisé le transfert… Je salue l’effort d’imagination de cette dirigeante. Quel talent pour les noms. Et là ça devient intéressant. Trois siècles et on arrive à la deuxième et dernière génération depuis Elsane. Nocte et Umra, enfin… Nocte maintenant. Un siècle et des poussières. Oh seulement une petite dizaine d’années de plus que moi lorsque j’obtins le pouvoir. Il sera parfait.” Elle réfléchissait déjà à son approche tout en consultant l’inventaire officiel des rapports diplomatiques. Départ pacifique de l’OCA, amalgame aux THELIOS, héritage des mondes Harlondais… Se figeant soudainement dans sa lecture, Séléa repris. Mais oui ! Elle avait bien lu ! Elle éclata de rire. Les mondes Sindars lui appartenaient légitimement. L’univers avait un tel sens de l’ironie. Oh, il lui faudrait se rendre dès que possible sur ces planètes. Elle espérait qu’elles n’avaient pas trop souffert du passage du temps. Elle avait suivi avec détachement la disparition de sa belle-famille. Mais jamais elle n’aurait imaginé devenir l’héritière de ces mondes.
    Voyons, il lui faudrait reprendre son trône et s’assurer de l'allégeance de… Nocte ? Puis transmettre un message au seigneur Danalieth. A ce moment seulement elle pourrait se rendre en territoire Amaranth, ou ce qui était leurs territoires de son temps, afin de revendiquer son dû. Cela lui permettrait de jauger l’Empire et s’assurer qu’aucun parasite n’avait empiété sur ses biens. Trop tôt peut être ? Elle devait assurer sa position avant de s’éloigner. Le devoir avant le plaisir et toutes ces sortes de choses... Elle avait donc besoin, après s’être occupé des Bene Ellim, des agents de Spiras. En neutralisant ces deux groupes elle ne craindrait rien. Dans l’immédiat du moins.
    On frappa discrètement à sa porte. Une évolution dans son traitement ? Accréditaient-ils enfin son identité ? Elle se déplaça d’elle même jusqu’à la porte sans que l’on y convie.

    A l’ouverture de la porte elle tomba nez à nez avec la médecin, sans qu’elle n’ai réussi à la décontenancer.

    Les tests génétiques confirment donc mon identité ?

    - Ceux-ci vous autorisent à passer la seconde série de tests prévus par le protocole.

    - Bien, ne perdons pas plus de temps. J’ai un trône à récupérer.
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