Que l'ombre en maître régnera,
Que le ciel pleurera,
Les quatre cavaliers tu verras."
…Don Zaccaria comprit, et n’eût pas le temps de se repentir. L’homme mystérieux traversa la pièce d’entrée, d’un pas vif, ouvrit la porte du salon et logea une balle entre les deux yeux du vieillard. « Où ce tournant de nécessité devient nécessité même… »
Quand le cavalier noir eut prononcé ces paroles, il arracha la canne des mains de Don Zaccaria,
celles-ci s’étant rigidifiées autour du symbole même du dignitaire du pouvoir de cet empire.
Longtemps il soupesa sa canne, conscient qu’il avait désormais la main mise sur tout l’empire.
Enfin il parla ainsi et sa voix était transformée, ses yeux s’enflammèrent :
Ramenez, comme moi, la vertu égarée sur la terre—oui, ramenez−la vers le corps et vers la vie; afin qu'elle donne un sens à la terre, un sens humain!
L'esprit et la vertu se sont égarés et mépris de mille façons différentes. Hélas! dans notre corps habite maintenant encore cette folie et cette méprise: elles sont devenues corps et volonté!
L'esprit et la vertu se sont essayés et égarés de mille façons différentes. Oui, l'homme était une tentative. Hélas! combien d'ignorances et d'erreurs se sont incorporées en vous tous!
Ce n'est pas seulement la raison des millénaires, c'est aussi leur folie qui éclate en vous. Il est dangereux d'être héritier.
« Nous » luttons encore pied à pied contre le géant hasard, sur toute l'humanité, jusqu'à présent le non−sens régnait encore.
Que votre esprit et votre vertu servent le sens de la terre, mes frères: et la valeur de toutes choses se renouvellera par vous!
Mais ce qui nous fait frémir, c’est l’esprit dégénéré qui dit : « tout pour moi.» Notre esprit s’élance vers les hauteurs ; Il sert ainsi de symbole à notre corps, et est l’image d’une ascension. Les noms des vertus sont autant de symboles de cette ascension. Le corps s’avance, au long de l’histoire, évoluant et luttant sans cesse. Et l’Esprit ? Qu’est-il pour le corps ? A quoi lui sert-il ? Il est le héraut de ses luttes et de ses victoires, il en est le compagnon et l’écho.
Les divers noms du bien et du mal sont autant de paraboles ; ils n’expriment rien, ils suggèrent. Fou qui espère d’eux le savoir !
Respectez, mes frères, l’ heure, quelle qu’elle soit, où votre esprit veut parler en métaphores : c’est alors que naît votre vertu.
L’Heure où vous n’avez plus qu’un vouloir unique, où ce tournant de toute nécessité devient pour vous la nécessité même.
Ce discours fût incompris de tous mais fût par la suite assurément retranscrit avec exactitude et diffusé de toute part dans l’univers le 39 Jileahn(5) de l'an 14,291 TSU


