Le secret d'un Venom*, ne disons pas parfait mais d'une qualité acceptable, n'est pas le seul fait de la synthèse originelle du produit, dont la mécanique n'est guère connu que du Chaman Ectorion, mais aussi, et surtout, du raffinage.
La synthèse, secret jalousement gardé sous clé par Ectorion (Certified Authentic Venomian Venom), mais aussi de rares Etats et entreprises affiliés à la Corporation, ne fournit qu'un produit brut, une ressource; ressource dont la qualité dépend du procédé de synthèse, des substances et du procédés utilisé.
Le raffinage désigne quand à lui l'ensemble des traitements et transformations visant à tirer du Venom brut un maximum de produits "utilisables". Dont la version commerciale non-létale, aux effets psychotropes contrôlés, obtenu par un procédé de distillation et un traitement "léger", aujourd'hui parfaitement contrôlée, et malheureusement, copiée. En poussant un peu plus loin la réaction, il est possible d'extraire une version forte, qualifié de pure, puis une série de produits médicaux, puis un psychotrope pateux utilisable comme une arme anti-émeute, un carburant léger, un catalyseur de qualité. Mais l'art du vrai raffinage industriel, capable d'amener le brut aux conditions de température et de pression suffisante pour en tirer tout le potentiel, celui d'un combustible à fusion au rendement extraordinaire, n'est l'apanage que d'une poignée de nations, ayant eu des relations suffisamment proche avec le défunt Empire Venomien pour obtenir, et bonifier cette technologie des plus avancée, poussant dans ses derniers retranchements les acquis de la thermodynamique et du génie des procédés.
38 Dolahn(6) de l'an 14.909 TSU
siège de la Kleiana Venòkimía, quartier d'affaire de la capitale, Kleiò (Secteur Venomien)
La salle, situé au dernier étage de la Tour Dantius, aux murs entièrement vitrée offrait un panorama unique sur la cité-capitale de Veles, et au loin les gigantesques raffinieries et complexes de synthèse venochimique, fierté de la colonie. Pourtant, la vingtaine de membre du conseil d'administration du leader de la venochimie némésienne n'avaient seulement l'idée de détourner la tête pour admirer la ville, ou l'océan.
... Nous en arrivons donc, après les conversions en devise némésienne, à une perte globale de près de 153,5 milliards de livres sur l'année fiscale dans le domaine des dérivées basiques: boisson, et autres jouets du grand public. Conclut le directeur général de l'entreprise, après avoir présenté un bilan fiscal des plus inégal. Cependant, la légère hausse des cours pharmaceutiques, et les commandes de l'Etat en dérivées complexes pour l'énergie et l'astronavale ont permis de maintenir largement dans le vert notre chiffre d'affaire, et de juguler les pertes de notre filière d'export de produits touts-public, sévèrement touché.
Les marchés se sont littéralement cassé la gueule, Ernst! Depuis que les thémisiens ont ouvert les vannes, nos apports de capitaux étranger se sont effondrés, nos titres se sont bradés sur le marché corporatiste... Leurs procédés de synthèse sont excellents, au moins autant que les nôtres; leurs main-d'oeuvre est immense, et peu coûteuse. Dès que le Colibri sera parvenu à augmenter suffisamment sa production de brut, leurs raffineries suivront! Leur potentiel est immense, les investisseurs s'y ruent! Le marché des dérivés basiques sera inondé! Et vous, vous maintenez ce secteur? Se plaignit l'actionnaire majoritaire. Nous pouvons prendre les devants et nous maintenir dans les secteurs industriels!
Sauf qu'en attendant que le piaf daigne débloquer les crédits, et que ses nouvelles raffineries soient opérationnelles, ce qui prendra encore un bout de temps, le marché des dérivés basiques sera toujours aussi tendu. Le prix du baril grand-public explose, et avec la crise, nous avons une superbe surproduction à écouler... Répondit l'un des magnats du conseil.
Ce qui est largement possible. Et même avec une joli plus-value... Compléta le directeur général. Il suffit de couper nous aussi les vannes sur l'internationale, de façon à maintenir les prix au plus haut, la demande ferra le reste.
Heu... C'est légal au moins?
Les Raffineries Impériales elles-mêmes ont d'ors et déjà pris ce type de mesure, avec l'accord du gouvernement. Du moment que nous maintenions les prix, et l'approvisionnement, pour le marché impérial, Némésis ne regardera pas plus loin.
L'Etat et son protectionnisme... Je l'aime!
Dois-je en déduire, monsieur le Président, que j'ai votre bénédiction pour limiter notre production, et faire monter les prix à l'export?
Et comment! Ne ratons pas la reprise du marché! Nous avons une assise solide dans l'énergétique et l'astro', c'est pas les capitaux qui nous manquent... Pas comme le marché des basiques.
Et profitez en pour demander aux financiers lancer quelques OPAs bien senties sur des concurrents étrangers un peu... Ballotés par une situation économique défavorable, je fait débloquer les capitaux. Nous les revendrons à prix d'or d'ici peu, je le sens.
Comme quoi, malgré la crise, la vie continue!
* Marque corporatiste déposée