Le petit astronef éclaireur émergea à quelques milliers de kilomètre de son objectif, tout ses scanners activés, et entama le balayage de la zone, se tenant passablement éloignée de la lune où stationnait les Norjans.
Vous avez l'air inquiet, Lejtenant! Détendez vous, en cas de pépin, Onyx est tout près! Fit remarquer un radariste. L'officier se retourna, et toisa son subalterne d'un oeil mauvais.
Nos appareils n'ont visiblement pas eu cette chance. Et si la seconde escadre n'a pas pu fuir, les probabilité que l'on y arrive nous ne sont guère élevée.
L'officier ne pouvait masquer une profonde angoisse. Tout un groupe de combat, venu sécuriser les lunes d'Onyx, avait disparu quelques heures plus tôt, n'ayant eu que le temps de signaler qu'ils étaient engagés par un « gigantesque vaisseau de technologie inconnu » avant que touts les canaux fussent brouillés. La base Norjanne au loin, elle, semblait intacte.
Les puissants radars de l'éclaireur, si efficace dans la recherche de corps stellaire à courte portée, balayaient le vide, à la recherche d'indice sur le sort de l'Escadre de Kubinka. Après de longues minutes d'études, l'un des radaristes appela le commandant de bord.
Lejtenant, je capte une série d'echos multiples, immobiles dans le secteur ARG-34.
L'officier accouru: ce secteur était sur la route de l'escadre. Aussitôt, l'éclaireur se précipita, propulseurs rugissants, vers les spots.
Les espoirs de retrouver des survivants s'amenuisèrent au fur de l'approche. Une série d'épave, déchiquetés, difformes, dispersées sur des kilomètres: des navires d'escorte avaient souffert, certainement dès les premiers échanges de tirs, mais les restes étaient si torturés qu'ils en étaient méconnaissable. Se dirigeant vers le plus gros écho, l'appareil rejoignit bientôt une épave bien plus grosse.
Bien que déchiquetés par les tirs, coupé en deux et sérieusement déterioré, l'épave fut immédiatement et formellement reconnu comme les reste d'un croiseur lourd de classe Velikij. Elle ne brûlait plus, signe de disparition totale de son oxygène, elle ne luisait plus, et n'émettait plus que quelques radiations résiduelles, de la carcasse ouverte de son générateur. Le patrouilleur stoppa à quelques dizaine de mètre de la proue, et illumina de ses projecteurs la coque, et sur le blindage noirci, et tordu, se discernait à peine la plaque du vaisseau: "Великий честь - Съ нами Богъ !". C'était bien lui...
Quelques heures plus tard, les cargos arrivèrent, et évacuèrent les carcasses, toutes de navires de Kubinka, pour recyclage. Les seules choses qui ressortirent d'une rapide expertise des dégâts étaient que les armes qui avaient détruit l'escadre dépassaient largement la puissance de feu des équipements Norjans identifiés. Aucune trace de survivants...
Les interrogations ne s'arrêtèrent pas à l'Amirauté. Qui avait pu détruire aussi facilement une escadre, même légère? Et quel rapport pourrait il y avoir avec la mystérieuse apparitions signalé sur Onyx?