Je n'aurais pas du être aussi ambigu avec un message pareil...A vouloir jouer avec l'antimatière, on finit par se faire annihiler.
-Poursuivez, major.
-Oui. Je disais que l'attaque a neutralisé tous les programmes et accès que nous avions déployés dans le réseau de la planète, et nous avons également perdu de vue les quelques Auroris que nous suivions. Notre surveillance de la FRAG est a l'eau pour le moment, il va falloir un moment pour tout reconstruire.
-Combien ?
-36 heures minimum, en prenant beaucoup plus de précautions. Et si l'attaque ne recommence pas. Nous avons essuyés plusieurs vagues jusque là.
-Une idée sur les moyens utilisés par l'ennemi ?
-Vu la puissance et la vitesse d'adaptation, une IA, bien plus efficace que celles que nous avons apportés.
Adam resta pensif quelques instants, réfléchissant à la situation, et au message qui flottait devant ses yeux. Il avait cru au départ de la coupure de contact avec le QG qu'il avait subi une attaque militaire en règle, avant que le capitaine du Coup d’Éclat ne le rassure en rétablissant un lien direct avec le QG, finalement intact. Apparemment, Séléris ne semblait pas vouloir se débarrasser de lui tout de suite, ce qui était rassurant, en un sens : il lui laissait une chance de discuter.
-Monsieur, que voulez-vous que nous fassions ?
-Laissez tomber la FRAG pour l'instant : faites rapprocher tout le monde de la salle de réception, et tentez de récupérer quelques logs du piratage : il faut savoir d'où cette IA attaque. Laissez également un peu de lest à nos tueurs, et envoyez leurs dernières coordonnées connues au vaisseau, nous allons changer de stratégie en ce qui les concerne. Il nous faudrait aussi quelques moyens d'écoute en local, plus discrets que les derniers de préférence, il s'agirait de ne pas les perdre cette fois ci. Et passez en alerte moyenne, il se pourrait que l'on en vienne aux armes.
-Très bien, j'organise tout ça.
Adam coupa la liaison avec le QG, en stipulant que toute communication devait passer désormais par le vaisseau, afin d'éviter les interceptions, et améliora le codage du faisceau de données lorsqu'il s'adressa directement au capitaine du vaisseau :
-Vous avez reçu des coordonnées : gardez un œil sur eux, ainsi qu'un maser de communication braqué sur leur position. Et faites de même pour moi, je vais voir ce que cet Aurori a à dire pour sa défense, et je n'aimerai pas être trop exposé. Et préparez le propulseur à antimatière : notre ami et sa flotte y réfléchiront à deux fois avant de nous faire sauter en orbite.
-Le maser, vous voulez la version "dopée" je suppose ?
-En effet, on garde une longueur d'avance ainsi.
-Je fais ce qu'il faut. Par contre, l'antimatière...
-Je ne compte pas m'en servir, rassurez-vous, mais ainsi, ils ne pourront pas vous faire sauter sans tuer pas mal de monde en-dessous. Ça ne me plait pas non plus, mais mieux vaut être prudent avec un adversaire plus puissant.
-Très bien. Capitaine Hoi, terminé.
Adam se tourna vers Séléris, cherchant un contact visuel afin de jauger sa réaction, mais il eut bien du mal à lire sur le visage du robot, parfaitement inexpressif, tandis qu'il poursuivait comme si de rien n'était sa conversation avec Dame Nefersofia. L'Aurori, en revanche, avait probablement saisi la courte expression de surprise qu'il avait laissé échapper lors de l'attaque. Il préféra se fier à l'historique connu de l'être si particulier : réputé pour être très froid à l'égard des humains, il faisait pourtant presque chambre commue avec l'Ordre Impérial, montrant même une certaine forme de proximité émotionnelle avec ce couple exotique. Nul doute qu'il y avait un brin d'irrationalité sous cette carapace de métal, et cette irrationalité se manifestait par une affection pour les tueurs, pour un motif inconnu. Adam pu ainsi établir un plan d'attaque, le mettant dans un relatif avantage par rapport à l'Aurori : il chercha les plans du bâtiment de la réception, satisfait lorsqu'il trouva un accès au toit. Il rédigea alors trois nouveaux messages, le premier à son garde du corps, pour lui dire de le rejoindre sur le toit du bâtiment, et le second fut émis vers le Coup d’Éclat, ordonnant d'armer les "masers" braqués sur le couple et lui-même, masers dont la puissance effective, 150 000 fois supérieure à celle nécessaire usuellement pour de la communication basique, pouvait réduire en cendres n'importe quelle cible non-protégée à la surface d'une planète. Enfin, il envoya le troisième message à Séléris : "Rejoignez-moi sur le toit dès que vous le pourrez, il serait en effet préférable que l'on règle ceci par la négociation, autant pour vous que pour moi.". Il se dirigea alors vers l'accès au toit qu'il avait identifié, pressé de régler cet épineux problème, n'hésitant pas à fixer Séléris du regard lorsqu'il passa près de lui.