L'arraisonnement du Kirov plusieurs jours auparavant avait temporairement scellé le sort des six éclaireurs descendus sur la planète. Seuls, isolés de leur navire d'attache, et sans moyen de communication stellaire, la petite section n'avait aucune raison de continuer le suivi discret de la petite installation qu'ils avaient repéré.
Rompu à la survie en milieu hostile, et après avoir eu un aperçu des capacités de la faune locale, Ivanov avait prit le risque de faire redécoller sa petite navette, pour planquer son groupe dans un petit massif montagneux, visiblement bien plus sûr que l'erg. Ils disposaient, sous réserve de rationnement, que quelques semaines de réserves, et d'un vaisseau pressurisé, et équipé, comme tout vaisseau qui se respecte, d'une bonne protection antiradiative, permettant d'économiser les désormais précieuses combinaisons NBC en limitant les sorties. Tout aurait pu aller pour le mieux, si seulement la navette eu été équipé d'une propulsion supraluminique.
Чест! Ils se pressent pas à la Spatiale. Ca doit faire pas loin d'une semaine que le Kirov s'est fait arraisonné, et toujours pas de trace d'une simple sonde de reco'... Se plaignit un soir l'un des soldats.
Les joies des opérations spéciales, Rïadovoj. Répondit d'un ton amusé le Lejtenant Ivanov, responsable de mission.D'autant que Petrov n'a sûrement pas eu le temps d'émettre un SOS. Ils ne savent rien des forces en présence, de notre position exacte, et surtout, du motif du silence radio.
Et qu'est-ce qu'on va devenir? Cinq trouffions, et un sous-off', paumés sur une planète hostile, encadré de je ne sais combien de sites d'exploitations de la moitié de Varden, aux intentions clairement inconnues. Au moins, on n'a que l'embarras du choix pour notre «reddition». Compléta un autre hommes, sous les regards attentifs de deux de ses confrères.
Le moral n'était pas bon, et ne risquait pas de remonter de sitôt. Ivanov en était conscient: il fallait agir, et trouver un moyen de contacter Novoja Rossiïa, ou ils devraient rapidement se constituer prisonnier.
On est d'accord sur un point: va falloir se tirer de ce mauvais pas. Bref, il faut nous dégotter un émetteur capable de joindre l'empire. Le problème, c'est qu'à part dans les structures qui poussent comme des champignons aux quatre coins de ce caillou, je vois pas trop où on peut trouver ça. Et je pense pas qu'on puisse se contenter de toquer à la porte pour demander un appel.
En gros lejtenant, vous parlez de prendre d'assaut un complexe minier, à 6, avec des armes légères et sans autre équipement lourd qu'une navette de liaison désarmée? On se ferrait désosser par la DCA sans même pouvoir approcher. Et avec les lombrics qui se baladent, la surveillance au sol doit être maximale.
Vous avez une autre idée peut-être?
Le Kirov. Répondit simplement le pilote, avant de continuer devant les regards éberlué de ses camarades, l'un faisant remarquer clairement sur le scope LADAR la présence du croiseur.L'activité spatiale est énorme, un autre convoi est encore arrivé ce matin. Ca circule au moins autant que sur un monde capitale, et sans capitainerie centrale pour gérer ça. Les détecteurs du croiseur doivent plus être occupé à guetter les navires adverses qu'à surveiller un simple aviso qu'il a arraisonné, et surement neutralisé. Tout au plus, ils ont neutralisé les moteurs, et placé quelques sentinelles à bord.
L'idée, bien que folle, fit rapidement son chemin: plutôt crever que de rester à rouiller jusqu'à épuisement des vivres et après un bref inventaire du matériel, la petite navette décolla, et quitta définitivement la planète.
Les prévisions du pilote s'était révélé exacte: le croiseur était suffisamment occupé par ses propres affaires pour surveiller l'aviso. Mieux encore, il s'était déplacé de quelques centaines de kilomètres, pour se placer sur une orbite basse. Une position de bombardement remarqua le pilote. Sans encombre, la navette accosta, et ses passagers se précipitèrent dans le Kirov dès le sas connecté, à la grande surprise de ses occupants de tout bord. En une poignée de minute, et avec le concours des marins tsaristes, les rares gardes furent neutralisés sans que la moindre goutte de sang ne coula, et les générateurs réactivés à la vas-vite. Sur la passerelle, Ivanov rejoignit l'équipe de quart, déjà à son poste. Le kapitan Petrov étant retennu sur la planète, le second, un jeune capitaine de troisième rang, prit le commandement, et déchanta immédiatement.
La propulsion supraluminique ne répond pas. Ils ont pas si mal fait leur boulot que ça. Constata t'il avec dépit.
Kapitan! Ils ont remarqué que ça merdait. Le croiseur change d'itinéraire, trajectoire d'interception. Beugla la radariste.
Activez les contres-mesures électroniques! Timonier, en avant toute!
On ira pas loin avec un simple aviso rafistolé. Remarqua Ivanov.
La manoeuvre évasive n'avait aucune chance d'aboutir: le Kirov, et ses propulseurs bridés, ne pourrait échapper à un croiseur, et à son corps de chasse. Mais, effet de surprise aidant, l'aviso put s'éloigner suffisamment pour émettre, via son émetteur hyperspatial, un SOS à la métropole.
Une fois le rapport de situation transmit, et la liaison coupé, les regards, inquiet, se tournèrent vers les écrans de surveillance, attendant la prochaine manoeuvre du croiseur.
HRP: Après une (trop) modeste incru...euh... Participation, me revoici! Alors, qu'adviendra il du Киров? Bah j'en sait rien!