Debout face à l'immense baie de la passerelle, l'Amiral Harper observait avec une mine renfrogné les superstructures de l'Impérial, navire amiral de la Marine Némésienne. Les dégâts étaient important: ses propulseurs d'appoints touchés, le navire d'origine zetranne affichait un important gîte à tribord. La sombre livrée grise était criblée d'impact, masquant en partie l'immatriculation, les plaques de blindages pour la plupart déformées, ou calciné par les nombreux tirs de plasma subit, et de nombreuses tourelles étaient neutralisées. L'Imperial voguait encore, mais les dégâts structuraux témoignait de l'ampleur de la canonnade qui l'avait opposé à deux des navires de lignes Obscuranti. Malgré sa puissance de feu, l'équipage de l'Impérial n'était parvenu qu'à éliminer, après près de vingt minutes de pilonnage, à seulement quelques dizaines de kilomètres d'écart, un seul de ces étranges vaisseaux. Et sans l'intervention de l'Artillerie Orbitale pour dégager le second appareil, la fin de la bataille aurait largement pu être moins heureuse pour le navire.
Harper porta son regard vers l'immense épave qui se consumait à moins de 20 km de son flanc droit. Le navire, quasiment brisé en deux, laissait encore échapper des gerbes de flammes certaines des perforations de sa coque: l'atmosphère interne ne s'était pas encore totalement vidée, tandis que divers remorqueurs s'affairait autours: l'Amirauté cherchait sûrement à démonter entièrement les dernières épaves exploitables, afin d'en analyser les technologies, à défaut de pouvoir recycler les matériaux totalement inconnus composant l'astronef. Ces sombres croiseurs ne lui rappellaient que trop bien les redoutables Seigneurs Blanc.
Un ronronnement rassurant se refit entendre: la centrale d'appoint repartait. Peu à peu, les éclairages revinrent, remplaçant la froide lueur rougeâtre des éclairages d'urgences: le courant revenait, et avec lui les communications, au grand bonheur des hommes de quart, qui le manifestèrent bruyamment.
Amiral?L'interpella l'un des officiers de liaison.
Qui a t'il lieutenant?
Com' noire sur le canal 3, l'Amirauté. Répondit l'officier. Aussitôt, Harper rejoignit l'holocommunicateur, faisant signe au lieutenant d'autoriser la liaison.
Le Contre-Amiral Nimitz, de la Seconde Flotte, apparut à l'écran, les traits tirés par la fatigue, et l'air abattu. Il semblait avoir prit 20 ans, et l'état négligé de son uniforme semblait montrer que cet homme, d'ordinaire si à cheval avec la rigueur militaire, semblait avoir l'esprit à autre chose.
Amiral Harper... Je... Heureux de vous savoir en vie. Joli travail là-haut...
Merci sire. J'ai appris que la Seconde lance les premières opérations de riposte, c'est un véritable honneur.
Ca aurait dû. Il s'est passé du grabuge avant que vous ne puissiez rétablir votre antennage. La Seconde Flotte n'existe plus... Anéantie...
Je... Ce... Mes condoléances monsieur... Comment est-ce arrivé?
Nous devions détruire une position Obscuri menacant les restes du réseau commercial du Potentat Museau de Tanche. Une mauvaise estimations des forces ennemis, un adversaire parfaitement prêt... Nos gars se sont bien battu, mais celà n'a pas suffit. Nous en arrivont à la raison de mon appel. Je suis virtuellement officier commandant de la Seconde Flotte. Un commandant sans vaisseau. J'ai reçu ordre de l'Amirauté de transférer tout les moyens logistique de la Seconde Flotte à la Première. De plus, une partie des éléments de la Troisième rejoindront votre contingent d'ici peu. Réparez vos navires au plus vite Harper, c'est désormais à la Première Flotte qu'il incombe de défendre l'Empire.
Jusqu'à la mort. Merci monsieur.
Bonne chance Amiral. Commandement de la Seconde Flotte, terminé.
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Système 1:520, trois jours plus tard.
Emergence en espace conventionnel dans 60 secondes.
la voix synthétique de l'IA résonna froidement dans la passerelle silencieuse. Harper se tassa dans son siège de commandement, vérifiant l'état l'Impérial. Energie au vert, batteries AM et plasma opérationnelles, CME passives et actives en service, déflecteurs à plein régime: comme tout les navires de la Première Flotte, le cuirassé zetran était sur le pied de guerre, prêt à secourir les survivants de la Seconde Flotte qui pourissaient depuis plusieurs jours dans leurs nacelles de sauvetages. Du moins, l'espérait-il.
30 secondes, mise en place des routines de navigations conventionnelles, redémarrage des systèmes senseurs.
Sa main glissa sur l'écran, remplaçant les graphiques de contrôles par le suivi d'artillerie des redoutables tourelles AM. Obus tungstène profilés, poinçon en nano-structures cristallines, ogive thermonucléaire "légère". Munitions semi-perforantes lourdes: l'énergie cinétique libéré à l'impact permettrait la pénétration puis l'écrasement du poinçon, dont la destruction dégagerait assez d'énergie pour initier la fusion de la modeste tête, à l'intérieur de la coque... L'Amirauté voyait les choses en grand, et sortait le grand jeu: chacun de ces obus valait presque aussi cher que le canon qui l'éjecterait. Et il en avait quelques centaines rien qu'à bord de son vaisseau amiral.
10 secondes, propulseurs à fusion à 98%, déflecteurs activés, armement sous tension, rétablissement du réseau de bataille, procédure de décelleration.
Les 10 secondes les plus longues de sa vie. Puis les étoiles revinrent, puis un astre proche. Tout autours de l'Imperial, l'espace s'illuminait sur des centaines de kilomètres tandis que la Première Flotte émergeait. Harper regarda ses visuels: le groupe du croiseur zetran Quéral en place au front gauche, le cuirassé Mnemè au droit, le Vanguard à l'avant garde, accompagnés des croiseurs lourds Petra, Baralaïka et Inexpugnable. la projection holographique tactique dominait désormais son champs de vision. La bataille commençait, et l'ennemi bougeait ses pions
Braaaanle-bas de combat! Artilleurs aux postes! Pour la Mère Némésis, coulez ces malandrins!!! Lanca Harper sur toutes les fréquences du réseau de bataille.
Le groupe du Vanguard était désormais à portée de tir. Les trois croiseurs lourds illuminèrent les cieux de leurres, couvrant la mise en position du cuirassé, et l'approche des chasseurs qui fonçaient vers l'ennemi. Les 8 lourdes tourelles du Vanguard se verrouillèrent, et s'embrasèrent quand les premiers obus s'éjectèrent à près de 2% de la vitesse de la lumières. Quelques secondes de vol qu'Harper suivit sur les écrans. 16 détonations déchiquetèrent la proue du premier navire Obscuranti. Les voyants virèrent au rouge quand les premiers tirs adverses furent signalés. Plus question de faire demi tour...
http://s204536142.onlinehome.fr/CelestusV2/RC/Uni1/12918354935tq6pki92x8wabe0moc7dusflnrjz413ygvh.htm
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Colonie d'Aiodè, 18 jours plus tard
[i]D'en haut, l'Ancienne Bastion n'avait plus rien à voir avec la glorieuse planète d'antan. Les structures orbitales portaient encore les stigmates d'un bombardement violent: des pans entiers des Cités Orbitales dérivaient, calciné, détruits, portant encore des milliers de corps en attente de récupération. La rampe, fierté de la colonie, n'était plus qu'un immense chantier, le gouvernement local tentant de sauver ce qui pouvait encore l'être. La porte elle-même ne fonctionnait encore certainement que par la grâce de la Mère. Vestiges des combats qui avaient secoué la planète, la carcasse du cuirassé Byzantiòn, méconnaissable, attendait son retraitement dans l'une des cales sèches dès leurs remises en service.
Et sur terre, celà devait être pire. Les nombreux foyers d'incendies, dû au bombardement comme aux crash, illuminait la face nocturne de la planète. Harper n'imaginait même pas la détresse de ses concitoyens sur place. Le secteur devait être sécurisé, à tout prix: la base locale d'Arnor n'avait que trop ravagé la région.
Harper observait la flotte se réunissant autours du spatioport. Les derniers effectifs de la Troisième Flotte se joignait à son armada: 27 000 corvettes de patrouilles, 20 croiseurs lourd, les bombardiers Kyriel, Kalee, et Riekann, ainsi que le cuirassé Bellamy. Tout l'espoir d'un peuple allait s'abattre sur les Obscuranti, dans une ultime défense du système. Son économie ruinée, sa politique minière gelée, Némésis ne pouvait plus compter que sur la Marine.
Les forces Obscuranti, bien plus nombreuses, s'avancèrent en direction de la flotte némésienne assaillante, prête à engager le combat. A peine les premiers contingents furent-ils à portée que la chasse némésienne se jeta sur son maigre homologue adverse, et inonda les avant-gardes terroristes sous une gerbe de projectiles. Cependant, les premiers échanges de tirs entre navires de ligne présagèrent le carnage à venir, lorsque les impacts de plasma anéantirent dès les premières salves le blindage du croiseur Espero, et que les millions de gouttelettes de métal en fusion ainsi formèrent traversèrent sans la moindre difficulté deux ponts entiers, tuant net plusieurs centaines de marins.
Après plusieurs heures de lutte, le légendaire Kyriel, héros de la Guerre Fleurie, fut à son tour détruit, moins d'une heure après que le commandant du Mnemè eut précipité son cuirassé, contre l'un des navires Obscuranti. La Marine remporta une nouvelle victoire majeure, sécurisant deux mondes, mais au prix de trop nombreuses veuves.
http://s204536142.onlinehome.fr/CelestusV2/RC/Uni1/1291842297el7hr1ba20p4g5t9czydu3o6sikjmvnwfx8q.htm
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