A première vu rien ne permettait d'affirmer que le questeur Numerius Vibius Lucanus, ou tout simplement Lucanus, comme le peuple avais prit l'habitude de l'appeler était d'origine Sandrasienne. Contrairement aux siens il était de plutôt petit, pas plus d'un mètre soixante, la peau pâle, les yeux gris-bleuté.
Assis dans une pièce meublée d'en tout et pour tout d'une table et deux chaises, le Sandrasien semblait -et c'était une grande première- absorbé par la lecture du dossier que le chef de la garde lui avait remis un peu plutôt. Au dos du document on pouvait lire en lettres capitales : WELDRED PLAUREC DIT LE BARON.
Depuis près de deux heures le silence qui régnait jusqu'alors sur la salle n'avait été brisé qu'en quelques rare occasions par quelques gloussements de Lucanus. Il faut dire que sa lecture avait de quoi l'amuser. Les gardes n'avaient aucunes idées de qui était en réalité Plaurec, ni des liens qu'il entretenait avec le gouvernement... Ces idiots c'étaient contenté de la version officielle. On lui avait bien dit qu'ils n'étaient pas très curieux à Isril, mais là ça dépassait ses espoirs les plus fou. Mais quelque part il était un peu déçut, il s'était attendu à plus de professionnalisme de la part des employé de la prison.
Ici, tout le monde était convaincu que Plaurec n'était qu'un frêle vieillard à moitié fou qui était parvenu, on ne sait comment à tuer, non, à massacrer deux cent quarante huit personnes à lui seul... Et ça ne choquait personne... Que c'était navrant cette naïveté... Enfin. C'était mieux ainsi.
La vrai histoire le questeur la connaissait, très bien même vu qu'il y était plus qu'impliqué. Il y a une décennie de cela celui que l'on nommait le Baron avait été le directeur du PSES, le Programme des Sciences Expérimentales Sandrasien. A l'époque la Sandrasie venait juste de faire ces premiers pas sur la scène galactique et les hommes politique, le consul en tête craignait qu'une nation aussi peu évolué ne soit une cible de choix pour les pillards. Le Baron avait donc reçut un budget illimité pour faire progresser les technologie Sandrasiennes notamment dans la création de droïdes de guerres et de nanites. A l'époque déjà il était suspecté dans plusieurs affaires de disparitions.
Mais le pire était à venir. Quelques années après ces évènements le service des Aeraniis, les renseignements Sandrasiens découvrit les étranges facultés du peuple Numésien. Ceux-ci étaient capable de faire pousser un arbre à une vitesse folle en utilisant des nanites. Et aussi de le ramener à son état initial. Le pouvoir de donner ou reprendre la vie en somme, voir l'immortalité. Il n'en avait pas fallut plus au consul pour sortir Plaurec de son trou.
Lorsqu'une planète Numésienne, colonie de Raushu tomba sous contrôle Sandrasien, le Baron y fut expédié. Hélas les Numésien était un peuple libre par nature et une révolte ne tarda pas à éclater. Lorsque le gouverneur fut assassiné, Lucanus usa de son influence pour que le baron lui succède. Disposant de l'appui de l'armée il écrasa impitoyablement la rébellion, et se retrouva rapidement avec de nombreux cobayes pour ses expériences. A l'époque le questeur avait fait tout son possible pour étouffer l'affaire, à vrai dire, l'idée de pouvoir vendre l'éternité était des plus séduisante pour lui. Hélas ce mégalo de Plaurec avait voulu faire cavalier seul, allant jusqu'à proclamer l'indépendance de Raushu. Voilà ce qui l'avait amené ici...
La porte de la pièce s'ouvrit tirant le Sandrasien de ses songes. Un garde poussa un prisonnier dans la pièce, le fameux Weldred Plaurec.
Lucanus l'invita à s'assoir d'un geste.
_ Et bien, et bien Weldy ça fait une paye !
Il le dévisagea un instant, même si le Baron était passé maitre dans l'art de dissimuler ses émotions, le petit Sandrasien savait exactement comment agacer le vieillard, donner un surnom si ridicule à un homme aussi arrogeant c'était presque l'insulte suprême.
Pourtant celui-ci n'eut pas la moindre réactions. Un brin déçut le Questeur allait poursuivre quand la pièce se mis soudain à vibrer dans un grondement sourd. Lucanus regarda sa montre avant de noter :
_ Vingt-deux heures, plus précis qu'une horloge ces vaisseaux automatisés... Alors comme ça ils t'ont sortis de ton trou à ce que je vois. Je doit dire que je suis soulagé de te voir encore là. J'aurais cru qu'il t'aurait fallut moins de temps pour t'échapper d'ici, mais peu être que tu te plais ici. Ça m'a l'air d'un endroit tout à fait charmant.
Lucanus nota un très léger haussement de sourcils. Ha ! Ainsi il avait bien prévu de s'évader. Heureusement il était arrivé à temps. Il prit le dossier d'une main et le fit glisser sur la table.
_ C'était très amusant comme lecture. Fit le questeur. Je suis soulagé de voir que tu as été suffisamment futé pour tenir ta langue.
_ Je n'avais pas vraiment envi de vous avoir pour compagnon de cellule, répondit le Baron. Quoi que non. Vous auriez surement été exécuté, c'est ce qui arrive aux gens ordinaires...
_ Ha ! Je commençais à croire qu'ils t'avaient arraché la langue ! Remarque cela n'aurait pas été plus mal. Il marqua un courte pause. Dis moi mon petit Weldy (enfin une grimace) tu veux sortir d'ici ?
_ Bien sûr. Mais je ne crois pas le consul vous ai signé mon amnistie alors pourquoi me le demander...
Le questeur frappa la table du poing.
_ Je sais que tes recherches étaient sur le poing d'aboutir lorsque tu as été arrêté ! Dis moi ou elles sont et je te sortirais de ton trou. J'en ai les moyens et tu le sais.
Très lentement un sourire se dessina sur la bouche du baron, Lucanus sentit son sang se glacer.
_ M'évader ? C'est très risqué ça, fit le Baron avant d'ajouter d'une voix à peine audible. Après tout je n'ai que quatre cent vingt six ans à tirer ce n'est pas si long que ça pour moi...
Lucanus en eut le souffle coupé. Non, c'était impossible, il devait bluffer, même s'il s'était injecté le résultats de ses recherches, elles devaient être imparfaites.
_ Si tu tiens à pourrir ici, libre à toi. Tiens, pour que tu puisse profiter de chaque minutes, il lui tendit une montre. Lorsque l'ennui t'aura suffisamment rongé tu sera peu être plus loquace.
_ Mais, je la reconnais...
_ Oui c'est bien la tienne, un vieux modèle, on dit quelles peuvent fonctionner durant des siècles... Une chance pour toi !
Le questeur quitta la pièce sans hâte. Ce fichu Baron avait presque réussis à lui faire perdre son sang froid. Il allait refuser sa proposition, il en était certain, mais heureusement il lui restait encore une carte à jouer.
Le Sandrasien se dirigea vers le chef des gardes et lui tendit une enveloppe.
_ Un petit cadeau de ma part, vous devriez pouvoir vous acheter une belle villa avec ça. Tout ce que vous avez à faire c'est laisser le Baron s 'échapper. Seulement soyez crédible, si il s'enfuit trop facilement il se doutera de quelques chose.
_ Le laisser s'enfuir ?
_ Du calme, ne vous inquiétez pas, on le gardera à l'œil. Les traceurs sont très petits de nos jours... On les place où on veut. Dans les montres par exemple....
_ Et si il a des complices ?
Lucanus haussa les épaules :
_ Ils n'ont aucunes valeur à mes yeux, faites en ce qu'ils vous plaira.
