[HRP]Quand j'utilise l'abérviation CO, je fait référence au Central Opération du vaisseau - ou, en anglais, CIC, Combat Information Center -, pas au croiseur d'ombre. Et quand je dis "la station", je parle bien du Zato, pas des station de drones.[/HRP]
Le Ragnarov était le fleuron de la Flotte. Sa forme générale, une longue écharde de quatre kilomètres de haut, mais seulement d'un demi-kilomètre de large, rappelait les terreurs Melrehns. Cependant, l'observateur attentif remarquerait une nuée de détails lui assurant qu'il n'était pas en face d'un ''simple'' Khenrok : des propulseurs plus développés, davantage de réacteurs de manœuvre, des poutres de renforcement structurel, et surtout, plus d'armement. Bien plus. Une grille de défense complète basée sur des lasers, de lourds projecteurs de plasma répartis sur l'ensemble du bâtiment, de longs railguns longitudinaux, et, comme sur toutes les nefs confédérées, de très nombreuses trappes à missiles. C'étaient près de six mille têtes anti-vaisseaux, aussi bien nucléaires qu'à antimatière, qui se trouvaient prêtes au lancement, avec autant en réserve. Le Ragnarov n'avait été conçu et fabriqué que dans un seul but : réduire les ennemis de la Confédération en une purée subatomique.
Ce mastodonte n'avait pour l'instant fait qu'un seul trajet, des ateliers industriels aérospatiaux d'Olympus à Baedeker, et se trouvait arrimé au spatioport de la planète. Il était accompagné du Götterdämmerung, son sister-ship. L'orbite grouillait d'activité, puisqu'une grande partie de la Flotte se regroupait, dans le but de faciliter le passage par la Porte. Le nombre de vaisseaux déployés était considérable, et occupait plus d'un million des soldats confédérés, du chef mécanicien à bord des porte-nefs, à l'Amiral Dienes lui même, en passant par les centaines de milliers de pilotes, déjà dans le cockpit de leur Valkyrie.
- A toute la Flotte, ici l'Amiral Dienes, à bord du Xanadu. Dans dix minutes, la Porte s'ouvrira vers un secteur de la Nation Obscurcie. Une rampe d'inertie nulle a été montée sur place, nous offrant un accès direct sur la planète cible. Que chaque vaisseau respecte l'ordre de passage qui lui a été attribué.
Un transport rapide s'éleva depuis la planète, gagnant rapidement la Porte. Il apportait l'indispensable photopile nécessaire à l'activation de l'anneau.
- Porte Baedeker, ici transport Clydesal-Un-Un-Trois. Demandons autorisation d’apponter
- Bien reçu, Clydesal-Un-Un-Trois. Hangar 3, secteur bleu.
L'agile vaisseau se glissa dans une des ouverture de la gigantesque structure annulaire, et s'amarra à la place qui lui était attribué. Une porte s'ouvrit sur son flan, laissant passer un homme vêtu d'un uniforme bleu, uniquement marqué du blason losangulaire rouge de la Confédération. Il tenait une petite mallette en métal brillant, renforcée dans les angles, et elle aussi marquée du même insigne. Il se dirigea prestement vers la passerelle, où les quelques personnes présentes s’affairaient autour de consoles de commande, préparant l'ouverture. L'homme s'approcha de celui qui semblait être en charge de l’installation, et lui tendit la mallette. Ce dernier sortit une clé de sa poche et ouvrit le contenant, révélant un cylindre brillant d'un éclat bleuté. Il l'inséra religieusement dans un orifice prévu à cet effet, qui trônait au centre de la salle de commandes. Sur plusieurs écrans, des indicateurs passèrent au vert.
Un des écrans en particulier, le plus grand, montrait une fenêtre de saisie, où s'affichait en larges caractères « CODE PORTE ? »
- Major, veuillez programmer la destination.
- A vos ordres !
- Code Porte, repris le premier homme, Alpha-Trois-Sept-Huit-Oscar-Sierra-Golf-Neuf-Uniform-Hotel-Hotel-Mike-Sept-November-Trois-Charlie-Yankee-Deux-Zoulou-Quatre-Six-Cinq-Tango-Bravo-Zéro
- ...bravo, zéro.
L'écran affichait désormais, dans les même larges caractères, le code saisi.
- Major, ouvrez la Porte.
- Affirmatif !
Le major frappa un gros bouton rouge sur le coté de sa console, et toute la structure se mit à vibrer. Dans un grondement qui se répercutait sur la moindre poutrelle, la Porte s'ouvrait. L'intérieur de l'anneau se rempli d'une étendue miroitante, d'une couleur bleuâtre. Des perturbations que l'on pouvait comparer à des vagues parcouraient sa surface.
- Porte Ouverte !
- Xanadu, ici Porte Baedeker. La Porte a été ouverte vers le secteur P3X-78H, et le restera pendant deux heures et cinquante-trois minutes TSU.
Un des écran affichait dorénavant une jauge se vidant lentement, tandis qu'une horloge décomptait le temps d'ouverture restant, directement lié à l'énergie restant dans la photopile.
- A toute la Flotte, ici l'Amiral Dienes. La Porte est ouverte, débutez le passage.
Le dreadnought super-lourd d'Ombre qu'était le Xanadu passa en premier. Malgré les milliers de mètres de diamètre de la Porte, il passait à peine à travers, et mis près d'une douzaine de minutes à faire traverser ses neuf kilomètres de long. Les autres vaisseaux de l'armada suivirent en une longue file, chacun dans l'ordre qui lui avait été attribué, les cuirassés en premiers, tandis que les portes-nefs fermaient la marche.
Le Lugian Knight était justement l'un de ces portes-nefs. Longtemps dénigrés en raison de la faiblesse des chasseurs, les vaisseaux porteurs étaient en train de revenir en force, depuis la création des Valkyries, et de leur potentiel ravageur face aux croiseurs. Les vastes baies d’appontage du vaisseau ne désemplissaient pas, alors que des centaines de chasseurs se posaient les uns après les autres.
- C'est bon Capitaine, tous les chasseurs sont à bord. Nous somme prêts à partir.
- Parfait. Fermez les hangars, et levez les boucliers. Passage dans T moins une minute.
De lourdes portes de métal se plaquèrent sur les ouvertures des hangars, et l'air – ou plutôt, le vide – sembla luire quelques instants quand le champ protecteur se mit en place autour du vaisseau. Ce dernier, à son tour, plongea dans l'horizon bleuté des événements.
Ce ne fut qu'une heure et vingt-trois minutes plus tard que le dernier vaisseau, un méta-transporteur fourni par la Choumi Unit, traversa la Porte.
Dans la salle de commandes de cette dernière, l'agitation était retombée, et, la photopile étant quasiment vide, le vortex se coupa.
- Photopile vidée.
- Bien, bien... Je suppose que nous n'avons plus qu'à leur souhaiter bonne chance...
A plusieurs milliers d'années lumières de là, dans une autre région du cadran vardennois, une petite planète rocheuse était source de bien des agitations. Elle n'avait pas de nom, tout au plus les cartographes confédérés lui avaient-ils attribué un numéro. Mais sa position, dans le système solaire le plus proche de celui des terroristes, avait permis l'établissement d'un avant-poste de la Nation Obscurcie. Plusieurs centaines de vaisseaux de guerre, des intercepteurs pour la plupart, étaient stationnés en orbite basse. Plusieurs modules de construction s’affairaient à monter une Porte, et, juste à coté, une rampe d'inertie nulle.
L'anneau n'était complet que depuis quelques heures qu'il s'activa, laissant passer la Flotte Confédérée.
- Vaisseaux Inconnus, ici Avant-poste Tango-Sierra, de la Nation Obscurcie. Veuillez vous identifier.
- Affirmatif, Avant-poste Tango-Sierra. Ici la Première Flotte de la Confédération Stellaire Batuléenne. Notre arrivée était prévue, dans le cadre de l'Opération « Emerald Sword ». Authentification Tango-Hotel-Echo-Kilo-India-Lima-Lima-Echo-Romeo-Trois-Deux-Sept.
- Authentification confirmée. Bienvenue, Amiral Dienes.
- Merci. Pouvez-vous me passer l'Amiral Khol ?
- Oui, monsieur. Sur le Canal Or, monsieur.
- Parfait, répondit le haut-gradé confédéré en décrochant un combiné doré, symbolisant le cryptage de la communication. Amiral Khol ?
- Lui même. Content de vous voir !
- Moi de même, moi de même... Vous êtes prêts à lancer l'assaut ?
- Affirmatif. La rampe sera activée dans une heure.
- Parfait. Des nouvelles de la cible ?
- Rien de nouveau depuis le dernier rapport. Un grand nombre de modules de défense, des millions de sondes automatiques, placées dans un rôle d'éponges, quelques croiseurs, et surtout, un Zato.
- Je pense que nous apportons suffisamment de puissance de feu pour que ça ne soit pas un problème.
- En effet. Vous avez d'ailleurs plus de vaisseaux que ce que prévoyait notre accord...
- Que voulez-vous, nous venions de recevoir vingt Altystheis, il fallait en profiter ! Et puis, étant donnée le tempérament... zetranissime de notre cible, mieux vaut ne pas faire dans la dentelle.
- Je suis bien d'accord. Cependant, les dernières nouvelles font état de bien moins de défenses que précédemment. La base de satomisation orbitale est toujours présente, mais c'est à peu près tout.
- Hum... On dirait bien que nous allons devoir jouer le rôle de grosbills, cette fois !
- En effet !
La gargantuesque flotte était en train de se positionner entre les deux grands montants métalliques qui constituaient la rampe. Une fois les vaisseaux confédérés en place, rejoints par des forces supplémentaires de la Nation Obscurcie, le dispositif s'activa.
De larges éclairs se formèrent entre les traverses, et dans un fracas assourdissant que personne ne put entendre – le vide de l'espace... – un vaste couloir se perdant dans l'infini apparu. Il était pointé dans la direction de la base terroriste, et son aspect général évoquait une mer de nuages cylindriques. Les nefs qui étaient à l'intérieur allumèrent leurs propulseurs, et, en un temps pas tout à fait nul, mais presque, disparurent à des vitesses bien supérieures à celles de la lumière.
- Arrivée dans deux minutes.
- Levez les boucliers, et préparez les missiles au lancement.
- A vos ordres.
La planète était assez peu urbanisée. Elle n'était d'ailleurs pas tant la cible de l'armada que l'orbite, qui, elle, foisonnait de vaisseaux. Ou, pour être plus exact, de débris de vaisseaux. En effet, les forces batuléennes et obscurcies n'étaient pas les premières à attaquer les terroristes. Cependant, c'était la première fois qu'une telle puissance de feu était déployée. De plus, des forces terrestres suivaient.
Un point de l'espace, semblable à l'infinité d'autres qui composaient l'univers, se vit soudainement gratifié d'un intérêt tout particulier : dans une débauche de radiations de Cherenkov, plusieurs milliers de vaisseaux de guerre sortaient de l'espace d'inertie nul dans lequel ils voyageaient.
- Tous les bâtiments, au rapport !
- Ragnarov, paré au combat.
- Götterdämmerung, prêt.
- Wyvern, tous les indicateurs sont au vert.
- Moya, en attente.
- Victory, prêt.
- Excalibur, toujours partant !
- Ici Lugian Knight, tous les chasseurs sont à bord, parés au lancement.
Et la revue des troupes continua pendant de longues, très longues minutes, puisque c'était presque trois mille vaisseaux capitaux qui faisaient partie de la force de frappe. Lorsqu'elle s'acheva, la flotte était arrivée à la limite de portée des défenses.
- A toutes les unités, feu à volonté, je répète, feu à volonté !
Le gros des forces était encore trop loin pour pouvoir activer les armes à énergies ; à cette distance, cela n'aurait constitué qu'un gaspillage. Cependant, les nefs confédérées possédaient un grand nombre d'armes stratégiques guidés autopropulsées. Un vieux débat courait toujours, pour savoir s'il fallait les appeler « torpilles » ou bien « missiles », mais cela n'influait en rien sur la charge de deux cent méga-tonnes qu'ils véhiculaient. Et c'étaient plus d'un million de ces engins qui étaient transportés par la flotte.
Dans ces ères spatiales, l'écrasante majorité des Empire, lorsqu'ils conçoivent des bâtiments de guerre, portent leur préférence sur les armes à rayonnement : lasers, plasma, et autres joyeusetés énergétiques ; et dénigrent les armes conventionnelles, mettant en avant leur lenteur, leur faible puissance, et leur facilité d'interception. Les activistes d'Anarcho-Liberatis, se fournissant chez les Domaines Ducaux, n'échappaient pas à cette règle. Cependant, ils regrettèrent très rapidement leur choix lorsque les échos radar de plusieurs milliers de torpilles antinavires apparurent sur leurs écrans.
- La première vague est partie, Amiral. Ils ont activé les défenses planétaires, et ont lancé des contres-mesures.
- Cela suffira-t-il pour détruire tous les missiles ?
- Négatif. EVA prévoit un taux de passage de 12 %, soit approximativement 720 ogives, dont un quart à l'antimatière.
- Bien, bien... Lancez les Valkyries !
Le Lugian Knight, à l'instar des autres portes-nefs, était déjà prêt depuis longtemps quand il reçu l'ordre de lancement. L'agitation qui régnait dans le vaste hangar pouvait passer comme désordonnée au yeux d'un néophyte, alors qu'elle était parfaitement ordonnée, les techniciens s'occupant des derniers réglages, vérifiant que tout était en place, et que les six canons grasers à tir continu de chaque engin étaient correctement réglés.
Les pilotes purent enfin s'installer dans leurs cockpits autonomes, qui furent rattachés au corps du chasseur proprement dit. L'obscurité qui les entourait s'effilocha tandis que les divers écrans s'allumèrent, retransmettant des images de l'extérieur, transmises par des centaines de micro-caméras et annotés automatiquement par l'IA de bord.
- Contrôle, ici Halcyon, tout est paré.
- Bien compris, Halcyon. Restez en attente.
Le pilote suivi les directives, patientant sur son emplacement de garage, le temps de recevoir son autorisation de décollage.
- Halcyon, ici contrôle. Vous avez le feu vert, dirigez-vous vers la catapulte 6.
- Bien reçu, contrôle. Terminé.
L'appareil d'un noir mat quitta lentement la zone d'entretien, pour se diriger vers l'une des baies de lancement.
Les Valkyries avaient été conçues à partir des chasseurs lourds qu'utilisaient tous les empires melrehns, par l'addition de boosters de manœuvre, de nouveaux compensateurs inertiels, de l'utilisation de nouveaux matériaux de blindages, et surtout, par l'augmentation de leur capacité offensive, ce qui en faisait une arme redoutable contre les croiseurs. Néanmoins, si l'Amirauté avait décidé d'en déployer en si grand nombre, ce n'était pas tant pour leur potentiel de destruction que pour dévier les tirs des stations de drones.
Aussi, lorsque l'appareil d'Halcyon fut catapulté hors du Lugian Knight, il était suivit de plus de cent cinquante mille autres chasseurs, regroupés en une multitude d'escadrons. Et tous fonçaient, de toute la puissance de leurs propulseurs, vers les défenses orbitales ennemies.
Dans le Central Opérations du Xanadu, la tension était à son comble alors que la cuve holographique présentait une vue de l'orbite de la planète, les forces batuléennes en vert, et les positions ennemies en rouge. De la planète en elle-même partaient plusieurs tracés en pointillés, qui symbolisaient les vecteurs des missiles et des projectiles de plasma lancés par les défenses terrestres. Tous les regards se portaient sur quatre petites croix, marquant l'emplacement des stations de drones. Ces dispositifs, fluerons de la guilde des protecteurs, libéreraient des dizaines, des centaines de milliers de projectiles mouvants, recouverts de plasma, et conçus expressément pour tailler les chasseurs en pièces ; tout en pouvant faire des ravages dans les rangs des vaisseaux capitaux. Ou pas. Après tout, les conditions d'activation de ces défenses était extrêmement complexes, seuls quelques élus de la Guilde pouvant se vanter d'en connaître entièrement le fonctionnement, et leur déclenchement était-il passablement aléatoire.
- Chasseurs à portée des stations de drones dans soixante-dix-sept secondes.
La voix sans émotions d'EVA décomptait le temps séparant les forces confédérées de l'instant de vérité, du moment où elles sauraient si le Zato était leur seule cible, ou bien si elles allaient devoir faire face à d'infernales nuées de plasma.
- Neuf. Huit. Sept. Six. Cinq. Quatre. Trois. Deux. Un. Zéro.
Toutes les personnes présentes autour de la table retinrent leur souffle, attendant de voir les fatidiques points jaunes apparaître sur l'affichage holographique. Mais les secondes passaient, et rien n'apparut. Un soupir de soulagement parcouru les rangs.
- Amiral, les stations de drones ne se sont pas activées, déclara fébrilement le commandant Lumbrezer.
- Excellent ! Ordonnez aux chasseurs de se redéployer vers le Zato.
- A vos ordres !
Ces quelques minutes d'attente et d’appréhension n'avaient pas été inoccupées, puisque pendant que l'État-Major craignait, et que les pilotes fonçaient vers leurs cibles, les presque six mille missiles de la première vague, suivit par autant dans une deuxième salve, parcouraient les milliers de kilomètres qui les séparaient de leur cible : certains, ceux chargés de têtes nucléaires, se dirigeaient vers la base de satomisation orbitale ; tandis que ceux ne bénéficiant ''que'' d'une ogive conventionnelles plongeaient vers la planète, dans le but de détruire les défense avant qu'elle ne puissent ouvrir le feu sur les croiseurs.
Ce dernier groupe fut largement décimé par les missiles anti-missiles terrestres, et très peu atteignirent leur cible, ne causant que très peu de dommages.
Cependant, les torpilles antinavire furent bien plus chanceuses, étant plusieurs milliers à converger vers une unique cible. Cette dernière, même si elle était équipé d'une grille de défense sommaire, ne put détruire tous les missiles, et, conformément aux calculs de l'Intelligence Artificielle, plus de sept cents d'entre eux explosèrent sur le champ de protection de la station.
Tous les accès visuels à l'extérieur avaient été assombris, et la plupart des capteurs éteints, en prévision de l'intense influx de lumière et d'énergie des multiples détonations. Il fallut de longues secondes aux systèmes pour récupérer de l'IEM résultante, et de retrouver un état opérationnel.
Le premier vaisseau à retrouver la vue fut le Nimrod II, un des nombreux destroyers de la classe Omega que comportait la Flotte. Il avait été nommé selon le premier bâtiment détruit par les terroristes, et était commandé par la Capitaine de Vaisseau Enolo Phid.
Et ce que les scanners de son vaisseaux détectèrent ne lui plurent pas. Elle appuya sur un bouton de sa console, et attrapa un micro.
- Xanadu, ici Nimrod II. Le Zato s'est réorienté, et vise à présent la Flotte ! Les estimations montrent qu'il pourrait tirer d'ici une à deux minutes.
- Nimrod II, ici l'Amiral Dienes, bien reçu. Changeant de canal, il s'adressa à l'ensemble des vaisseaux : A toutes les unités, rompez la formation, je répète, rompez la formation ! Leur Zato est prêt à nous tirer dessus !
L'Amiral reposa son micro, avant de se tourner vers un des nombreux écrans du CO.
- Et merde, ça a même pas suffit à éteindre son bouclier...
- Amiral, on nous signale également que seuls dix-sept missiles anti-défenses ont atteint leur cible !
- Merde ! Redirigez tous les missiles vers la planète, on s'occupera du Zato à l'ancienne !
- Affirmatif !
L'ordre de dispersion arriva un peu trop tard, le flux satomiseur étant déjà en charge lorsque les vaisseaux commencèrent à s'écarter de la trajectoire prévue. La formation s'évasait, tandis qu'autour du canon de la station des étranges boucles colorées apparaissaient, mouvant autour de la bouche.
Le coup partit. Dans un éclair blanc éblouissant, le flux de satomisation fusa vers la formation batuléenne, telle une nova linéaire déchirant le noir de l'espace.
Le gros de la Flotte était parvenu à s'échapper de la zone d'effet, mais plusieurs centaines de vaisseaux, particulièrement les lourds cuirassés, bien moins manœuvrables, était en danger.
Le rayon immaculé se stoppa en plein milieu du groupe de vaisseaux. Le temps sembla se figer, tandis que l'éclat s'évanouissait. Puis, d'un seul coup, une boule de particules primitives en expansion se matérialisa, centrée sur la fin du faisceau, balayant coque et bouclier des vaisseaux avant même qu'ils aient pu réaliser ce qui se passait. La dernière image que leurs équipages emporteraient était celle d'une deuxième étoile, en plein milieu de leur groupe de combat.
Le Tyranaël était la seule Terreur n'ayant pas réussi à s'échapper à temps. L'important blindage du mastodonte lui avait permis de rester en un seul morceau, mais il était dans un sale état. La passerelle était jonchée de débris, et éclairé uniquement par les quelques écrans encore intact. Une voix s'éleva dans se capharnaüm.
- Où.. où est le commandant ?
- Il... il est mort, Colonel.
- Merde... Qui est l'officier en charge ?
- Je... c'est vous, Colonel.
- Je vois, je vois... Merci, major.... major ?
- Hiroshi, Monsieur.
- Bien. Il appuya sur un des boutons, qui, heureusement, était intact. Ici le Colonel Fergusson. Le Commandant Sheppard est mort, je prends le contrôle. A tous les secteurs, rapport de dégâts pour poste...
Il avisa une des consoles qui semblait encore en état de marche.
- ...pour poste 41-12.
Ce qu'il vit ne fit que confirmer son opinion, à savoir, qu'ils étaient très, très mal en point. Le bouclier n'avait pas tenu, et la coque avait été percée – le terme exact était plutôt ''annihilée'' – en plusieurs points, et il manquait une bonne épaisseur de blindage sur tout le flanc bâbord. L'hypernavigateur était mort, de même que les communication longues distances, et l'IA de bord avait rendu l'âme suite à la vaporisation du compartiment de l'ordinateur quantique. Près d'un millier de personnes manquaient à l'appel. Il y avait cependant une bonne nouvelle, puisque les senseurs – du moins, ceux qui fonctionnaient – indiquaient que la micro-singularité générée par le satomisateur s'était dissipée, et que le vaisseau ne risquait donc plus rien. Jusqu'au prochain tir...
- L'hôpital de bord est-il toujours utilisable ?
- Affirmatif, Colonel. Tout le personnel médical est déjà en train de former des équipes de secours.
- Parfait. Envoyez un maximum d'hommes valide les seconder.
- A vos ordres.
Ce qu'avait oublié le Colonel Fergusson, c'est que le Zato n'était pas la seule menace, en face, et que des centaines de missiles montaient toujours de la planète. Tous les bâtiments confédérés étaient équipés d'une grille de défense extrêmement performante, aussi ne risquaient-ils pas grand chose. Mais le Tyranaël avait perdu son IA de bord, ainsi que la plupart de ses senseurs.
Ainsi, les douze missiles l'ayant ciblé ne furent pas arrêtés, et délivrèrent leur potentiel explosif en plein sur le blindage, déjà fragilisé. Il ne s'agissait certes pas d'armes du même calibre que les ogives fission-fusion-fisson de deux cent méga-tonnes utilisées par les forces batuléennes, mais elles pouvaient quand même faire des dégâts.
Le choc de l'impact fut ressenti dans tout le vaisseau, résonnant dans la superstructure déjà endommagée.
- Merde ! C'était quoi ?!
- Plusieurs missiles viennent de nous percuter ! Et... oh mon...
- Que se passe-t-il ?
- Le générateur de champs magnétique du réacteur à fusion a été touché ! Nous avons une grave perte d'énér....
Le Major ne put terminer sa phrase, puisque que le champ de confinement du générateur thermonucléaire qui alimentait tout le vaisseau en énergie venait de s'éteindre. Les systèmes secondaires s'activèrent quelques brefs instants, puis s’éteignirent à leur tour, victimes de coupures de circuits dues aux multiples impact. N'étant plus maintenu en position, le tore de plasma s'échappa de son tokamak, vaporisant cloison sur cloison, achevant le cuirassé.
Pour les observateurs extérieurs ne disposant pas d'une vision à la milliseconde, le Tyranaël disparu purement et simplement dans un grand flash de lumière.
Le Xanadu était quant à lui parvenu à s'extirper de la zone de danger. C'était cependant la panique à bord du navire amiral, tandis que de multiples rapports de défaillances provenant de toute la Flotte parvenaient à l'Amiral Dienes. C'était presque cinq cent Omégas, des milliers de chasseurs, et le Tyranaël qui avaient été détruits.
- Merde, merde, MERDE ! On a perdu un nombre ahurissant de vaisseaux, et on a toujours pas réussi à percer le bouclier du Zato !
- Si je puis me permettre, ces vaisseaux ne représentaient qu'une faible fraction de notre armada...
- Deux cent mille. Ce sont deux cent mille personnes qui viennent de perdre la vie, en un seul tir !Vous appelez ça une faible fraction ?!
- Désolé, Amiral.
- Bon... Dites moi qu'il y a quand même une bonne nouvelle...
- En effet. Les plates-formes de drones ont été détruites, et l'usage de missiles lourds sur les défenses planétaires à porté ses fruits. Nous n'avons plus que la base de satomisation orbitale en face de nous.
- Parfait. Que tous les vaisseaux en état de combattre concentrent leurs tirs sur cette dernière. Qu'ils balancent tout ce qu'ils ont, missiles, torpilles, lasers, plasma, tout !
- Bien, Amiral.
Les croiseurs de la classe Altystheis dont disposait la Flotte étaient tout juste sortis des chantiers spatiaux de Batulii. Leur architecture était basée sur celle des Nerbera Mora Melrehns, mais toutes les armes anti-chasseurs avaient été retirées, pour être remplacées par un long rail-gun, qui occupait toute leur kilomètre de longueur. Une telle arme en faisait des bourreaux idéaux pour des cibles plus larges qu'eux. Définition qui collait parfaitement au Zato.
Le Capitaine Jack Thompson était l'officier en charge du Zarquon, l'un de ces croiseurs présents dans le groupe de combat.
Faire orienter son vaisseau vers la cible ne prit pas longtemps, et bien vite, des blocs de métal de quelques dizaines de kilos fusèrent vers elle, accélérées magnétiquement à des vitesses bien au-delà supérieures à celle du son.
Et c'était vingt-huit Atlystheis qui faisaient partie de l'armada. Vingt-huit vaisseaux qui, plus ou moins synchronisés, délivraient des projectiles à des vitesses extravagantes, projectiles qui impactaient le bouclier de la station avec une puissance de loin supérieures à celle de leur propre masse en équivalent TNT.
- Capitaine, nous détectons des fluctuations dans le bouclier, il semblerait qu'il soit bientôt à bout !
- Excellent ! Ne vous arrêtez pas de tirer pour autant !
- Affirmatif !
- Le Zato est encerclé, Amiral. Le Ragnarov et le Götterdämmerung sont en première ligne, secondés par les croiseurs de classe Altystheis. Les terreurs Aegir, Wyvern, Erebus, Valryon, Archonei et Essovius attendent l'autorisation d'utiliser leurs canons à ions de troisième catégorie.
- Autorisation accordée.
Les sept terreurs, aussitôt l'autorisation reçu, se redéployèrent autour de la station, présentant leurs monstrueux canons à ions à la cible. Dans un mouvement parfaitement synchronisés, les sept vaisseaux ouvrirent le feu au même instant, noyant le Zato sous un déluge de particules élémentaires, de chaleur et d'énergie exotique.
Le bouclier du satomisateur orbital céda enfin. Néanmoins, son nom de code lors de son développement n'avait pas été « Grosbill Mark IX » pour rien : à l'instant précis où son bouclier flancha, près d'une centaine de canons à plasma, chacun bénéficiant de leur propre photopile, ouvrirent le feu sur la flotte confédérée.
Leur cible était les croiseurs Altystheis, étant les vaisseaux les plus proches.
- Capitaine ! Plusieurs canons à plasma viennent de s'activer !
- Coupez l'hypernavigateur et les comm' interstellaires, et redirigez toute l'énergie disponible vers les boucliers, mais continuez à tirer !
- Bien reçu !
Toute l'énergie du Zarquon n'étant pas affecté au canon de Laplace ou à la survie directe de l'équipage fut transmise aux boucliers, provoquant l'extinction de l'éclairage principal dans tout le vaisseau.
- IMPACT !
Rien ne bougea à bord. Les boucliers avaient encaissé le coup, et les compensateurs inertiels tenaient bon.
- Nouvel impact ! Bouclier à 72 % !
- Continuez à tirer !
- Impact ! Boucliez à 60 % !
- Continuez à tirez !
- On ne pourra pas tenir bien longtemps !
- CONTINUEZ À TIRER !
- A vos... Multiples impacts ! Boucliers à seulement 30 % ! Nous sommes dans une situation critique !
- Bien, bien, mettez-nous hors de porté.
- A vos ordres !
L'ordre du Capitaine Thompson intervient hélas trop tard, alors que cinq boules de plasma fonçaient sur le Zarquon. Deux suffirent à détruire le bouclier, et les trois autres s'occupèrent de réduire le croiseur à l'état de particules subatomiques.
Trois Altystheis subirent le même sort que le Zarquon, et furent perdus corps et âmes. Cependant, leurs efforts n'avaient pas été vains, puisqu'une importante partie des canons plasma de la station s'était tue.
Les missiles s'abattaient sur la superstructure vague après vague, sans cependant faire trop de dommages, toutes les ogives lourdes ayant été utilisées. Ils étaient continuaient néanmoins à être tirés, afin d'occuper l'ordinateur de ciblage de la station ; et, même si un seul impact ne causait pas de graves dégâts, le nombre aurait raison du blindage.
Une alarme se déclencha dans le Central Opérations de chaque vaisseau, court-circuitant toutes les autres du fait de sa priorité extrême : le Zato allait à nouveau tirer.
Mais cette fois, la Flotte était prête, et le large rayon blanc fut facilement esquivé par tous.
Les senseurs de tous les vaisseaux avaient été saturés par les radiations résultante de l'explosion, mais aucun n'avait stoppé ses tirs pour autant. Des pans entiers de la station fondaient sous l'assaut des projectiles de plasma, et tout indiquait que la superstructure en elle même n'allait pas tarder à céder.
- Amiral ! Nos capteurs détectent de grandes fluctuations d’énergie au sein du Zato, sa destruction est proche.
- Parfait ! Préparez l'ordre de retraite, que tous les vaisseaux se tiennent prêts à passer en hyperespace à mon commandement.
- A vos ordres.
- Mais qu'ils tirent une dernière bordée de missiles avant de sauter !
- Ce sera fait, Amiral.
Toutes les nefs encerclant la base de satomisation commencèrent à s'éloigner, de sorte à se mettre à l'abri de l'explosion titanesque qui marquerait la fin de l'arme de destruction massive, lâchant leurs derniers missiles sur elle pour s'assurer de sa destrcution.
- EVA, passage en hyperespace dans quinze secondes, destination Arietis II.
- Tout de suite.
Le même compte à rebours s'afficha sur un écran dans chaque vaisseau, tandis que la voix impassible d'EVA marquait le passage du temps.
- Dix. Neuf. Huit. Sept. Six. Cinq. Quatre. Trois. Deux. Un. Saut !
La flotte filait à travers les méandres de l'hyperespace depuis plusieurs heures, se dirigeant vers l'espace Confédéré, lorsque la quiétude qui régnait à bord du Xanadu fut rompue.
- Amiral Dienes, votre présence est requise au CO. Réception d'un message FLASH.
L'Amiral ne mit que quelques minutes à parvenir au Central. L'officier en charge des communications lui tendit une feuille apparemment blanche, mais qui se couvrit de caractères lorsqu'il l'eut en main.
Département Hypérion a écrit:****FLASH****
DE : RENSEIGNEMENT OBSCURCI
A : COMMANDEMENT PREMIÈRE FLOTTE CONFÉDÉRÉE
OBJET : BASE DE SATOMISATION
1) LES DERNIERS RAPPORTS D'ESPIONNAGE FONT ÉTAT DE LA RECONSTRUCTION COMPLÈTE DE LA BASE DE SATOMISATION ORBITALE DES TERRORISTES
2) UNE FLOTTE OBSCURCIE AINSI QU'UN CONTINGEANT DE TROUPES SONT EN ROUTE POUR ATTAQUER
3) ASSISTANCE REQUISE
****FIN****
- Merde, c'est pas vrai ! Ordonnez à la Flotte de faire demi-tour, on doit y retourner !
- Mais... Monsieur, nous n'avons presque plus de missiles, et toutes les ogives lourdes ont déjà été utilisées !
- Je sais, mais nous n'avons pas le temps d'attendre des renforts... Chaque minute qui passe avec ces activistes en possession d'un Zato augmente le risque de voir une autre planète détruite !
- A vos ordres.
Les bâtiments batuléens furent rejoints par le détachement obscurci, composé de quatre cents frégates d'interception. Ces dernières transportaient en sus plusieurs centaines de milliers de soldats, prêts à investir la surface planétaire dès le combat spatial terminé.
L'État-Major était une nouvelle fois réuni autour d'une cuve holographique, cherchant à déterminer comment détruire la station avec des munitions plus que limités, et bien moins de vaisseaux que lors du premier assaut. Ils pouvaient néanmoins compter sur un moindre nombre de défenses au sol, ainsi que sur probable faiblesse des reconstructions.
Une seule solution s'offrait à eux : coordonner tous les vaisseaux, de sorte à ce que tous tirent en même temps, en une seule salve dévastatrice. Une telle tactique, si elle avait l'avantage de couper court à toute riposte, impliquait de surcharger les générateurs de plasma de tous les bâtiments, mettant les plus vulnérables en danger...
Le Ghiscarl, commandé par la Capitaine de Vaisseau Esther Dunov, était l'un des croiseurs de classe Altystheis ayant survécu au premier choc. Il fut également dans les premiers vaisseaux à sortir de l'hyperespace.
- Sortie effectuée, tous les indicateurs sont au vert. Nous seront à portée de tir dans trois minutes.
- Très bien. Scanners, appela-t-elle en appuyant sur un bouton de son accoudoir, d'autres contacts hostiles que le Zato ?
- Affirmatif. Deux stations de drones ont été réparées. Cependant, nous ne détectons aucune source d'énergie, elles ne semblent pas encore opérationnelles.
- Bien reçu. Il est temps de suivre les ordres... Préparez-moi une solution de tir, demanda-t-elle à son chef-canonnier.
Elle tapa ensuite un code complexe sur sa console, qui eut pour effet d'afficher « SAFETY OVERRIDE PROTOCOL » en larges lettres rouges sur l'écran. Elle confirma dans un soupir.
La même scène se répétait dans tous les vaisseaux, à l'exception de ceux transportant des troupes.
La leçon ayant été apprise, la formation était très relâchée, de sorte à ce qu'aucun groupement de vaisseaux ne puisse être la cible d'un tir de statomiseur. Chaque bâtiment suivait une trajectoire différente, visant à encercler la station.
L'entrée dans la zone de tir se rapprochait, et la tension était palpable.
Plus que mille kilomètres.
Sept cents.
Cinq cents.
Trois cents.
Cent.
Cinquante.
La voix de l'Amiral Dienes résonna dans les hauts-parleurs de chaque vaisseau à l'instant précis où ceux-ci pénétraient dans la zone :
- FEU !
Les ordinateurs quantiques des nefs étaient synchronisés, aussi toutes ouvrirent le feu à la même seconde, outrepassant toutes les sécurités qui avaient été installées sur leurs générateurs. Une unique vague de plasma – ou plutôt, une sphère, centrée sur le Zato – fonçait sur la station, composée de particules surchauffées, d'énergie thermique pure et de radiations diverses et variées. Un cocktail mortel, même pour les défenses hautement avancées dont elle bénéficiait.
- Capitaine ! L'ingénierie rapporte de multiples défaillances au niveau des champs de confinement du réacteur !
- Merde ! On a plus assez d'énergie pour l'alimenter ?
- Le tir a consommé toutes les réserves, au moindre problème il s'éteindra !
- Damned ! Voyez avec l'équipe technique s'il est possible de...
- Trop tard ! Nous sommes passés sur le système de secours, mais il ne tiendra pas longtemps !
- Coupez l'hypernavigateur, et tout ce qui peut consommer de l'énergie !
- A vos...
Le plan du Capitaine Dunov ne put être mis en action, puisque les générateurs de secours, déjà bien secoués par la première attaque, venaient de rendre l'âme, épuisés par la surcharge des canons.
Comme le Tyranaël avant lui, le Ghiscarl disparu dans un tore de plasma en expansion.
Le Central Opérations n'était illuminé que par l'éclairage d'urgence. Des étincelles tombaient du plafond, résultat des surtensions provoquées par la surcharge de l'armement.
- A toute la Flotte, ici l'Amiral Dienes. Le Zato a été détruit. Le débarquement des troupes au sol va pouvoir commencer.
Les quelques acclamations de joie qui commençaient à résonner sur le réseau furent interrompues.
- Cependant, le terreur Archonei, les croiseurs Rhaegal, Balerion et Ghiscarl, ainsi que cinq cent dix Omégas ont été détruits par la surcharge de leur générateur. Mais leur sacrifice n'a pas été vain ! Grâce à leurs actions héroïques, c'est une grave menace à la sécurité galactique qui vient de disparaître ! Et pour cela, nous leur en serons à jamais reconnaissants.
Les sondes que les Renseignements Obscurcis envoyèrent sur place après coup ne firent que confirmer la nouvelle : la base de satomisation orbitale avait belle et bien réduite à néant, et elle n'avait pas pu être reconstruite. Sans elle, les terroristes allaient probablement avoir bien plus de mal à détruire des planètes...
[HRP]Si le nom de cette opération est Emerald Sword, c'est en référence à la chanson de Rhapsody éponyme, en particulier le refrain : "To serve right ideals, and Justice for all !"[/HRP]


