Une vingtaine d'année. C'est approximativement le temps qu'il avait fallu au second Reich pour ce relever des derniers affrontements. Afin de comprendre les mécanismes économiques et politiques qui menèrent à cette crise, revenons en aux fondements.
En 15.129, la Prusse était au centre d'affrontements violents, aussi bien sur le plan diplomatique (menés d'une main de maître par la voix de Gäbelein von Baden) que sur le plan militaire. Pour mener des combats d'une rare intensité connue pour la Prusse jusqu'à maintenant, l'industrie nationale, puis privée, virent des sources d'investissements colossaux leur être reversées (industries qui, pourtant, ne parvenaient toujours pas à suivre les demandes du second Reich qui eut recours à des importations massives).
L'économiste lambda exprimera cette course à l'armement comme le prélude d'un gouffre économique. Et en l'exprimant ainsi, il aurait raison : mais pas pour les raisons qu'il imaginerait, à savoir l'essoufflement des ressources de la nation. En effet, pour supporter l'industrie germanique et l'importation massive, la Prusse effectua des séries de frappes purement pécuniaires et s'enrichit bien plus rapidement que ce à quoi sa croissance annuelle l'avait préparée. Cette période bouleversa la société, aussi bien politique que financière. La confiance entre l'Empire, la Prusse, les investisseurs et les industries régnaient en maître : cela se traduisit par de grosses réalisations et prouesses techniques, la disparition quasi-totale du chômage, une politique militaire et expansionniste plus véhémente encore, etc...
Cette stabilité précaire aurait pu perdurer jusqu'à l'épuisement de la guerre et le désarmement progressif s'il n'y avait eu, en 15.129, la catastrophe d'Allenstein : une rupture dans les protocoles de sécurités. En quelques heures, avant même que la Prusse n'ait réalisé le danger de la situation, les stocks militaires (s'élevant à plusieurs dizaines de milliards de tonnes de minerais, et surtout la Flotte Impériale en stationnaire depuis quelques révolutions solaires) furent ravagés, brisant la stabilité sur laquelle reposait la Prusse depuis une dizaine d'année. Militairement, économiquement et financièrement, la Prusse n'avait rien perdu. Les stocks nationaux étaient tous en provenance de sites Amaranths récemment pillés, et les stocks militaires achetés avec les importants excédents. La Prusse n'avait, en définitive, que perdu ce qu'elle avait elle même dérobé au fil de la décennie passée. Mais la confiance entre l'investisseur, l'entreprise et l'Empire fut brisée. En quelques jours, le marché national s'écroula ; les investisseurs bradèrent leurs actions ; les entreprises licencièrent à la pelle lorsqu'elles ne se brisèrent simplement pas ; des émeutes éclatèrent ; le pouvoir politique fut sérieusement remis en question et les nationalismes régionaux, jusqu'alors parfaitement maîtrisé, s'enflammèrent.
Cette crise majeur dans l'histoire du second Reich fut surnommée la Bataille des Armateurs Coloniaux (B.A.C) en raisons de la quasi-rupture des industries aéronavales et du trafic international durant les premier mois qui suivirent la panique boursière. La réaction de la Prusse fut tout aussi proportionnée : Wilhelm I. déclara l'état de guerre ; Joseph Krupp nationalisa, par décret, l'intégralité des secteurs paralysé par la crise, y compris l'aérospatial ; des contingents reprirent colonie, après colonie, et travaillèrent à y maintenir une relative stabilité.
La crise se maintint cependant, et durant ces 20 années, Joseph Krupp coupa toutes relation avec la Communauté Galactique, mata la résistance lentement et forgea un nouveau modèle économique, plus stable et moins ambitieux.