Au cœur d'un bois bavarois, non loin de la petite bourgade qu'est Regensburg, était érigé une élégante bâtisse, surplombant la contrée d'une centaine de pieds. L'oeuvre était l'héritage de Ludwig Otto Frederik Wilhelm von Wittelsbach, plus connu sous l'appellation de Louis II de Bavière - Roi réputé fou, mais grand friand d'art et de châteaux. Le Reichskanzler Joseph Krupp, très sensible à cette architecture néo-romantique, s'y était fait installer sa résidence avec l'accord de son éminence. Il savourait depuis le confort de son fauteuil et le ronflement de sa cheminé, régulièrement, l'étendue de la Prusse, un verre de bourbon à la main et le regard perdu derrière l'horizon.
C'est dans ce même bureau, au début de l'an 15.149, qu'il reçût un pli de son excellence l'exhortant à le rejoindre dans les plus brefs délais à la cité de Königsberg. Durant les deux heures de vol qui composèrent le voyage, il éplucha les rapports qui lui avaient été distribués dans la plus grande hâte. Surpris, il constata que l'intégralité des locaux Thelios avaient été saccagés et mis sous domination Melrehn. Il était régulier, et presque devenu ordinaire, que l'un des organes de la faction perde sa souveraineté durant des rivalités territoriales ou idéologique, mais là, il s'agissait de l'intégralité des sites décisionnels.
Ce n'est qu'une fois arrivé au siège de l'Empire qu'il lui fut annoncé que ces frappes avaient été fulgurantes, radicales et orchestrées, naturellement, par les melrehns. Il fit partir une communication à l'intention des États membres de l'Entente, puis s'entretint à huis-clos avec le Kaiser.
Une poignée d'heures plus tard, le Second Reich Germanique diffusait un communiqué. On y voyait Wilhelm I., sobrement vêtu d'une uniforme blanc bardé de violet, qui s'exprimait assis derrière un magnifique bureau d'acajou :
Il y a quelques mois à peine que les Melrehns ont pris d'assauts la quasi-totalité des planètes de notre faction, et ont asservi l'administration que nous représentons tous, Thelios que nous sommes. Cet acte de sauvagerie ne saurait être impuni, et ne le sera pas. Des rapports plus ou moins floues concordent sur le fait qu'une nation Thelios, courageuse, a essayée de prendre une position Melrehn, et de ce casus belli aurait découlé leurs interventions.
Nous ne tolèrerons cependant pas ces agissements, et nous moquons de savoir si les actions étaient légitimes ou non. Nous invitons le chef lieu des nations Melrehns à ouvrir rapidement une voie pour la négociation, car croyez bien que si nous ne préconisons pas l'affrontement, vous savez désormais que l'Entente de Westphalie ne ménage ni ses troupes, ni les traumatismes économiques que provoqueront ses actions.






