De l'Azur à l'Abîme

Présentation de personnages, d'alliances, dialogues et intrigues se passent ici.
Sam Jan 21, 2012 11:30 pm

  • L'infinité glacée de l'Univers.
    Là ou l'Homme peut méditer sur la vie, la mort, la douleur et le plaisir.
    Là ou nul être vivant ne peut s'aventurer hors d'un vaisseau.
    Là ou des conflits sanglants émaillent l'Histoire de taches.
    Là ou la tristesse d'un homme seul se déversait

    Il l'avait si longtemps arpenté, cet Univers. Il avait même été parmi les plus puissants.
    Puis un jour, tout avait basculé.
    Du statut d'homme craint et respecté, il s'était retrouvé fugitif, traqué par ses propres citoyens.
    Plus d'une fois, il avait senti la froideur de la mort l'enlacer.
    Et plus d'une fois, il avait survécu, immortel parmi les mortels.

    Assis au poste de pilotage d'un vaisseau qui avait connu jadis des jours meilleurs, avec en guise de compagnons de voyage les corps inertes de ses amis, il laissait toute amertume ressortir. Cela faisait désormais des mois qu'il fuyait.
    Il fallait y mettre un terme.
    Dans le minuscule cockpit, il regarda le halo bleu qui l'entourait, avant de rester le regard rivé vers l’extérieur, subjugué par la beauté du spectacle qui s'offrait à lui: l'immense trou noir supermassif qui ornait le centre de la galaxie. Une sphère obscure, que nul œil, nul capteur ne pouvait sonder. Seuls quelques fous avaient osé s’aventurer dans de tels monstres, la plupart n'étaient jamais revenus.
    Quand aux rares à avoir survécu à l'aspiration, ils étaient devenus tous fous. Leurs appareils avaient souvent été retrouvés à la dérive, remplis de cadavres, avec parfois un rescapé, incapable de communiquer avec un humain.
    Les pauvres ères étaient condamnés à vivre mentalement coupés de la civilisation. Mais ils pouvaient s'estimer heureux de ne pas avoir été déchiquetés par l'effroyable effet de marée qui, tel une mâchoire divine, broyait l'imprudent qui osait s'approcher d'un trou noir de taille plus restreinte.

    Alors qu'il se perdait dans la contemplation du phénomène stellaire, une main se posa sur son épaule. Rare chaleur dans un univers froid et hostile. Il posa à son tour sa main sur celle de la personne derrière lui, et se retourna avec un sourire triste. C'était bientôt la fin du voyage pour eux.
    Il enclencha le pilote automatique d'un geste las, et se leva. Dans l'étroitesse de l'habitacle, il paraissait grand, malgré son visage émacié par les privations.
    Mais son œil droit brillait toujours aussi intensément, rubis sanglant dans un visage arborant la pâleur de la mort.

    Face à lui, celle qui fut si longtemps sa maitresse et sa collègue, qui l'avait soutenu quand il abandonnait tout espoir. Ses longs cheveux bouclés tombaient en cascade sur ses épaules, et malgré un air aussi famélique que celui de son amant, elle semblait avoir encore une certaine joie de vivre, une certaine chaleur humaine. Elle souriait, d'un sourire triste et mélancolique.
    Tous deux étaient vêtus d'un treillis usé qui, jadis, était noir, et mais tournait désormais au brun et gris.
    Tous deux étaient jeunes, beaux, fringants, jadis. Puis ils étaient devenus des fugitifs, traqués comme des bêtes à travers l'univers entier.
    Elle se laissa tomber en avant, contre son torse, et commença à pleurer à chaudes larmes. Caressant lentement ses cheveux, sans dire un mot, il songea à tout ce qu'il s'était passé. A tout ce qui leur était arrivé. A pourquoi ils étaient là...

    Et il vit défiler devant ses yeux les évènements qui le menèrent à sa perte...
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    Malheureux sont ceux dont les rêves ont été brisés. Les éclats de l'âme laissent des plaies qui ne se referment jamais.
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Dim Jan 22, 2012 1:57 pm

  • Ce jour là, tout s'était passé comme d'habitude.
    Dès l'aube, les rapports s'étaient amoncelés sur son bureau, et il avait du les traiter les uns après les autres, en pestant contre l'incompétence de certains dirigeants alliés.
    Mais parmi les dizaines de missives inutiles, deux avaient attiré son attention. La première était un holomessage en provenance du Cercle Melrehn, lui indiquant le retrait de son poste pour insubordination.
    Dans un geste de fureur, il jeta le tube de datastockage, et passa à la seconde missive. Son visage se décomposa alors que l'hologramme s'affichait. L'en tête arborait un crâne coiffé d'un béret et surmontant deux poignard.
    L’emblème du CES. Son propre corps d'armée.

    Moins de dix minutes plus tard, tous les officiers généraux étaient réunis dans le bureau. Anxieux, tous attendaient ce que leur supérieur allait leur dire.
    Il releva la tête, son œil bionique brillant d'une aura mauvaise. Chaque muscle de son visage organique semblait tressaillir, tandis que la moitié mécanique de sa face restait d'une inexpressivité métallique.
    Sa voix était plus une plainte qu'un discours. Il avait résumé la situation en quelques mots.


    "Ils ont repris contact."

    La panique put se lire sur les visage des présents. Stéphane Vogel, Bernard Wilkinson, Rebecca Howlitz.
    Et l'Amiral Andrew Torvucci.
    Leur sort était désormais scellé. La mort ou le déshonneur. Voire les deux.

    Ils durent choisir en moins d'une heure.
    Il préférèrent la fuite.

    Alors qu'ils montaient tous les quatre dans une navette préparée de longue date dans cette éventualité, ils entendirent les mots fatidiques résonner dans les hauts parleurs du vaisseau amiral.
    Il était arrivé. Il voulait se venger. Il avait avec lui une civilisation entière.
    Des milliards d'hommes contre quelques fugitifs. Cruel retournement du destin.
    Tel un ouragan de haine, le discours se déversait dans les couloirs du Crusader, tandis que les derniers fidèles défendaient coute que coute l'évacuation de leur chef.
    Au prix de leur vie, submergées par les troupes d'assaut, les Divisions Noires s'éteignirent dans un bruit de fusillade.

    Quand il referma le sas de la navette, il entendait encore les paroles de celui qui fut un jour son ami, et qu'il avait du trahir.
    Newton Rackman, Commandant Général à l'époque, qui s'était opposé à la prise de pouvoir de l'Amiral...
    Et avait été abandonné dans l'espace, aux commandes d'une navette, avec juste assez de vivres et d'air pour rejoindre la planète la plus proche. L'on paye l’insubordination à ce prix...


    "Andrew, si jamais je te retrouve, je t'arracherai moi même ton œil et je le ferai avaler ! Tu m'entends, espèce de lâche ? Viens te mesurer à moi, d'homme à homme. Viens te battre devant Séléné entière ! Ton procès se fera par le fil d'une lame ! Montre nous que tu as des couilles ! Espèce de monstre cyborg !"

    Alors qu'il s'apprêtait à verrouiller l'écoutille, il s'arrêta. Puis commença a rouvrir le sas.
    Il ne pouvait pas partir comme ça. Non.
    Il ne partirai qu'après avoir réglé son sort à ce gringalet.
    Un monstre... Il allait lui montrer...
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Lun Jan 23, 2012 3:21 pm

  • Sa voix avait résonné sur toute la passerelle, criant le nom du nouveau maitre à bord.
    Jonchée de cadavres des membres des Divisions Noires, son plancher métallique ruisselant de sang, elle n'était plus qu'un champ de bataille.
    Le Crusader entier n'était plus qu'un champ de bataille. Pris par surprise, les fidèles de l'Amiral étaient en infériorité numérique. Et la plupart ne s'attendaient pas à voir arriver des Sélénite hostiles.
    Il se tenait debout, dans son uniforme, les mains jointes, face à la vitre donnant une vue sur la Base Sigma, dos à la porte. Il avait pris quelques galons, depuis la fois ou il s'était retrouvé, hurlant comme un possédé, dans une navette laissée à l'abandon dans l'espace.
    Dans son dos, à l'autre bout de la pièce, l'Amiral. La respiration sifflante, l'air mauvais.

    La première confrontation entre les deux géants, depuis l'Aube d'Acier. Cette journée fatidique ou tout contact avait été perdu avec Séléné, et ou l'Amiral avait pris les pleins pouvoirs en faisant exécuter tout officier s'opposant à lui.
    Seul Rackman avait été épargné, au nom de l'amitié qui le liait à Torvucci.
    Il avait ainsi été laissé dans l'espace, avec une chance de survie, mais surtout un exil obligatoire.


    Rackman se retourna. Son visage chevalin semblait métamorphosé. Une longue cicatrice lui barrait le visage, tandis que son œil gauche n'était plus qu'un ovale blanc. Il souri à son ancien collègue et ami, avant de passer sa main gantée sur sa cicatrice, et de prendre la parole, d'une voix forte.

    "Andrew. Quelle joie de te revoir. Tu n'as pas changé, en ces quelques années. Quand à moi, tu peux voir que je me porte comme un charme, malgré ce que tu m'as fait. Vois cette cicatrice. Je la tiens de toi, Andrew. Je la tiens de cet exil forcé. Quand tu m'as toi même jeté dans cette navette à peine capable de décoller. Et j'ai pourtant réussi à rejoindre une planète... Ou je me suis crashé.
    - Je suis désolé pour toi, Newton. Maintenant, efface ce stupide sourire de ton visage, et viens régler ça à l'ancienne. Tu me voulais, je suis venu.
    - Ne sois pas si impatient, ex-Amiral. Vois tu, je n'ai pas fini de raconter ce que tu as raté. lors du crash, le vaisseau s'est littéralement disloqué... Et je me suis retrouvé, comment dire... Gravement mutilé ?"

    Alors qu'il finissait sa phrase, il avait enlevé ses gants. Ses deux mains apparaissaient alors à la lumière: reflets du métal luisant, force brute des prothèses dernière génération.

    "Je suis presque mort là bas. Mais vois tu, j'ai été recueilli par une civilisation amicale, qui voyaient en moi un parfait cobaye pour leurs dernières expérimentations en matière de biotechnologies. Tu vois, nous sommes tous les deux des monstres, Andrew. Toi et moi sommes les rebuts de cette société.
    -Mensonges !"

    Mais sa voix ne semblait plus aussi assurée.

    "Oh, serais tu énervé, Andrew ? Calme toi, voyons, ce n'est pas comme si... j'allais te faire souffrir !"
    En prononçant ces derniers mots, il ouvrit sa vareuse, et sa chemise, découvrant un torse balafré et couvert de pièces métalliques.
    "Vois tu, je ne dois ma survie qu'à la technologie, comme toi. Mais moi, je suis mieux équipé que toi. Alors prends ton arme, et bats toi. Aujourd'hui, l'un de nous deux doit mourir. Et ce ne sera pas moi".

    Il pris deux sabres de duel à lame carbone, et en jeta un à Torvucci, qui l'attrapa au vol et eut un sourire mauvais.

    "Je vois que tu n'as pas changé depuis l'Académie, Newton. Tu n'as pas supporté que j'ose remettre en question ton titre de meilleur bretteur, je me trompe ?"

    En guise de réponse, une charge le força à se jeter sur la gauche.
    Il atterrit prestement, tel un félin. Il n'avait rien perdu de ses acquis, mais n'avait rien gagné. A l'inverse de son adversaire, qui voyait sa vitesse et sa force augmentée par ses prothèses.
    Mais sa confiance avait aussi augmenté, à un point trop élevé pour être raisonnable.

    Rackman tenta une deuxième charge, qui ne fit que rayer la paroi d'un coup vertical. Puis un tenta une frappe d'estoc, qui empala piteusement un écran.
    Torvucci para ensuite un coup, et commença son assaut.

    Depuis leurs années d'études à l'Académie Sélénite, les deux bretteurs n'avaient pas changé leurs tactiques. Rackman étant porté sur une force physique plus importante, il assénait des coups particulièrement difficiles à parer. Torvucci, plus preste, misait sur l’agilité et les contre attaques rapides, alors que son adversaire récupérait son équilibre.
    Le premier coup frappa le sabre de son adversaire. Le second fut évité par un saut. Le troisième frôla le torse.
    Et Rackman repassa à l'attaque.

    Le combat dura plusieurs minutes, alternant les offensives de l'un, puis de l'autre.
    Ce n'est que après un quart d'heure, que les deux hommes, seuls sur la passerelle, désignèrent un vainqueur.

    Comme dix années plus tôt, Torvucci et Rackman se défiaient pour savoir qui serait le meilleur bretteur. Pour les faveurs d'une femme ou une tournée d'alcool, ils avaient réglé leurs différents amicaux par le sabre. Mais cette fois, le combat était tout sauf amical.
    Rackman fit la première erreur: il tenta un enchainement de coups puissants. Trop sûr de lui, il n'avait pas remarqué que son adversaire était dans une posture plus propre à l'évitement qu'à la défense.
    Il ne s'en rendit compte que lorsque que sa lame cogna violemment contre le plancher, et qu'une lame se planta dans son torse.

    Près d'un demi mètre d'acier carbone coupèrent polymères, muscles et vaisseaux sanguins, laissant dans son sillage une trainée rougeoyante.
    Rackman bascula en arrière, et tomba dos à la vitre. Dos à l'espace
    Face à son bourreau.


    Le souffle court, un filet de sang au coin de la bouche, il regarda son victorieux ennemi, avant de fermer les yeux, et de murmurer.
    "Bravo... Bravo Andrew... Tu m'as enfin battu.
    - Je n'ai aucun mérite. Tu n'as pas changé. Ta confiance en toi t'a perdu, Newton. Veux tu que...
    - Oui. Fais le. Tu en as envie. Je n'ai rien d'autre à te dire, si ce n'est que... Tu n'as aucune chance de me survivre.
    - Adieu, mon ami. Puisse le temps nous pardonner."

    Et la lame trancha net le cou de Rackman.
    Jetant son arme au sol, Torvucci fit quelques pas en arrière, puis se dirigea vers la console centrale. Centre névralgique du vaisseau, la passerelle n'était plus qu'un océan de sang. Seul, au milieu des cadavres, un homme, le regard brouillé par les larmes, arrachait de son cou un collier au bout du quel se trouvait une clef.
    Il l'inséra dans une serrure placée sur la console, au dessus de laquelle était marquée "Arrêt Contrôle Cœur".

    La commande d'arrêt de contrôle du réacteur à antimatière. Sans champ de force pour maintenir l'antimatière hors de la matière, il allait réagir avec les parois, et provoquer une déflagration suffisamment violente pour anéantir le Crusader.
    Et rayer toute forme de vie de la surface de la planète voisine.

    La clef tourna dans la serrure, et les alarmes se déclenchèrent. Il marcha lentement vers la sortie, sachant qu'il lui restait assez de temps pour arriver à la navette. Il ne daigna pas jeter un coup d’œil au cadavre décapité de son ancien ami.


    "Le passé est mort. Le présent est douleur. Le futur est néant."
    C'est en ces mots qu'il expliqua la situation à ses amis, alors que leur frêle esquif se désolidarisait de ce qui était l'un des plus beaux bâtiments de la Flotte Sélénite, et se transformait lentement en une bombe géante.

    Ils étaient déjà loin quand l'explosion eut lieu. Un immense éclat bleuté dans l'horizon, et le silence de l'espace. Une larme pour tous ceux morts par la folie de quelques hommes.
    Et devant eux, l'infinité de l'espace.
    Leur errance ne faisait que commencer. Mais elle ne devait finir que peu de temps après...
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Mar Jan 24, 2012 1:32 am

  • Quand il ouvrit les yeux, il était toujours dans cette cabine étriquée, avec Rebecca.
    Mais ils avaient été rejoints par Vogel et Wilkinson.
    Le fier second de l'Amiral paraissait plus mort que vivant, et l'officier le plus expérimenté du CES était désormais presque capable de se cacher derrière sa moustache.
    Plusieurs mois d'errance, à court de vivres, avec à peine assez d'air pour deux personnes à la fois. Les autres étant obligés de se maintenir en état de stase dans des caissons spéciaux.
    Mais pour la fin du long voyage, tous avaient choisi de s'éveiller.

    Mourir les yeux ouvert, voir la mort s'emparer de son âme, admirer une dernière fois la beauté de cet univers, à la fois hostile et fascinant.
    Là ou les Hommes nouent et dénouent les trames de leur futur, là ou le Destin, machine implacable, broie l'individu entre ses mâchoires, pour la bonne marche du futur.
    Torvucci se laissa lentement tomber dans le fauteuil de pilote. Durant ces quelques minutes de souvenirs, leur vaisseau s'était rapproché de leur destination finale.

    Il approchait désormais de l'horizon de l'immense sphère obscure, qui engloutissait à jamais tout imprudent osant s'approcher.
    Et ils se dirigeaient droit dedans.
    L'Amiral activa le pilote automatique, et se leva de nouveau.
    Le regard embué par les larmes, il serra dans ses bras ses amis, puis se retourna vers la proue du vaisseau.
    Sa main et celle de Rebecca se joignirent, tandis que Vogel et Wilkinson se figeaient dans un garde à vous héroïque.
    Il se tourna vers son amante, se pencha sur elle, l'embrassa longuement.

    Et tout devint noir autour d'eux.



    Quand il ouvrit les yeux, une lumière d'un blanc pur l'éblouit. A ses côtés, ses amis semblaient dormir, confortablement enveloppés dans des draps ayant l'apparence de la soie. Tous étaient nus, et arboraient dans leur dos des ailes duveteuses. Mais quand Andrew passa ses mains dans son propre dos, ses doigts ne sentirent que deux ailes membraneuses.
    Rassemblant toute sa volonté, il réussit à les faire passer devant son visage, et sa vue confirma ce qu'il avait senti.
    Il était doté d'une paire d'ailes membraneuses rouges.
    Alors qu'il commençait à se demander ce qu'il se passait, une silhouette se matérialisa devant lui.
    D'abord totalement floue, puis se clarifiant lentement, la silhouette devint un homme.

    Jeune, de taille moyenne, vêtu d'un impeccable complet beige, il toisait Andrew de son regard vague, arborant un sourire narquois derrière son mauvais rasage.
    Il fit signe à son vis à vis de s'approcher, et Andrew s'exécuta. Arrivé à un mètre de l'inconnu, il s'arrêta. Celui ci sourit de toute ses dents, avant de parler, d'une voix de ténor particulièrement agaçante.


    "Tu sais qui je suis, bien entendu."
    Il le savait. Au plus profond de lui, il le savait. Il se tenait face à la représentation dans son plan du Créateur. L'origine et la fin de tout un univers. Et si il se trouvait face à lui, cela ne pouvait vouloir dire qu'une seule chose: la mort ne voulait pas de lui.
    "Oh que non, la mort ne veut pas de toi. Parce que moi, j'ai besoin de toi.
    - Mais... Père... Qu'ai je fait pour mériter un tel sort ?
    - Toi ? Rien. Comme tes amis. Vous êtes totalement innocents... Vous ne faites que payer pour mes erreurs. J'en suis désolé pour vous, mes enfants. Mais rassure toi. Bientôt, tout sera comme avant. Voire mieux qu'avant. Tu reviendra de parmi les morts, et ce jour là, je ferai en sorte que ta vie ne soit plus qu'une route pavée d'or..."

    Il commença a se sentir chavirer alors que son vis à vis finissait sa phrase. Soudain, il se ressaisit, comme attrapé par une main divine.

    "Hum, désolé, mon fils. Je dois rester concentré pour maintenir cette conversation. Sans quoi, vous disparaitriez temporairement. Mais mon temps est compté. Je vais devoir t'abandonner une nouvelle fois... Mais ne t'inquiète pas: je veillerai sur toi et tes amis pendant encore longtemps. Et je ne laisserai pas vos âmes s'effacer. Vous êtes bien trop précieux pour moi...
    - Mais... père... Explique moi ce qu'il se passe !
    - Je le peux, puisque tu le demande. Vois tu, je suis effectivement celui qui a crée entièrement l'univers dans lequel tu évolue. Tel que tu me vois, je ne suis pas réel, tu t'en doutes bien. Je ne suis qu'un visage, un masque, pour toi. Dans ton univers, je peux être ce que je veux. Et je peux faire ce que je veux.
    - Aurais tu pu éviter toutes les souffrances que j'ai du endurer ?
    - Oui... Je suis vraiment désolé, mon fils. Mais c'était pourtant nécessaire. C'est ce qui t'a forgé... Tu es né dans le sang et les larmes, et tu as tracé un sillon de mort et de destruction. Et c'est ce que tu fais de mieux. Ce n'est pas pour rien que tu arbores ces ailes... Maintenant, endors toi. Je vais devoir t'abandonner quelques temps. Le temps n'aura plus d'effets sur toi, et tu te réveillera en un homme neuf. Bien entendu, je te protègerai jusqu'à mon dernier souffle.
    - Père... Serais tu mortel ? Et quel est ton nom, Père..."

    Le jeune homme qui lui faisait face ria gaiment, avant de le regarder droit dans les yeux, malgré sa stature courbée.

    "Je suis mortel, effectivement. Et le jour ou je disparaitrai, alors ce sera ta fin. Définitive. Mais peut être pas, qui sait ? Quand à mon nom... Tu peux le savoir. Je suis..."
    Andrew commença à sentir le sommeil monter en lui. Il lutta contre, et réussit à entendre les derniers mots.
    "Je suis... Andrew Torvucci..."

    Et il sombra dans un sommeil sans rêves.
    A jamais...
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