Chroniques partielles de la Nation Nìbelungen
D'après les Grandes Archives de la Nation Nìbelungen,
Avec la participation du Ministère de l'Information.
Ces documents sont extrait de recueils datant d'avant l'indépendance Nìbelungen et sa séparation de l'Institut
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"[...] P.Tek'ru, qui était alors responsable du projet, note dans son Étude des races modernes que la découverte du système souleva une importante polémique. Autour de l'astre principal gravitaient pas loin de cinq biosphères, et deux d'entre-elles portaient traces d'une civilisation native d'un ancêtre commun. Or, il paraissait évident au vu des rapports visuels qu'aucune des deux branches n'avait atteint l'ère spatiale : il avait donc fallut qu'une culture extérieur suffisamment développée implante les souches originelles sur les planètes. L'inspection d'une des lunes confirma cette hypothèse avec la découverte d'une station désaffectée.
Il faut comprendre que l'Institution n'était alors pas encore aussi étendue qu'aujourd'hui pour prétendre à l'indépendance, et de part son complexe jeu d'alliance et de rapport, elle obéissait à un certain nombre de convention : l'une d'elle concernait l'appartenance des races ouvrières. Dans le cas présent, le propriétaire de la station lunaire l'était également pour l'espèce du système et en prendre possession s'apparentait à un acte de piraterie. L'Institut, et montrant par la même les prémices d'une idéologie expansionniste qui atteindra son apogée quinze à vingt ans plus tard, trancha finalement en sa faveur : la station ayant été désertée et les analyses montrant que l'espèce avait été scindée entre huit à neuf siècles précédemment, ils déclarèrent la propriété nulle et se saisirent des lieux.[...]"
Histoire de l'Institut, chapitre 34, "Introduction sur la Crise du Métal", par L.Karak, 13.684(0).
"Un nouvel échec économique jette un froid sur le financement de l'Institut ! La guerre civile est déclarée sur les trois pôles miniers Kaza'Ru, Kun'Ru et Nëb'lir, après seulement dix douzaines d'exploitation minière ! L'intervention des troupes de pacification du Second régiment contient à grand peine une nouvelle émeute au spatioport de Kaza'Ru, où le trafic d'armes croissant alimente dangereusement les tensions ethniques ! Le Gouverneur de la colonie en appelle à l'intervention expresse de l'Institut qu'il qualifie "d'unique responsable de ce merdier galactique" et qui n'aurait, selon lui, "jamais dû mettre sur pied un projet aussi branlant". Face à des allégations repris par une importante partie de la communauté métallurgique, l'Institut assure de trouver une solution dans les plus brefs délais à l'insurrection et promet un remboursement intégral des dommages matériel et financiers. D'après l'économiste Rak'Zarth, ce nouvel échec pourraient avoir un sérieux contre-coup sur la valeur de l'ONG si celle-ci n'apporte pas de réponse viable dans la prochaine douzaine à ses actionnaires."
"l'Institut destituée", de J.Lik'ru, l'Intercepte, le 13.540(+).
"[...]La révolte ouvrière fut un coup rude pour l'Institution, et en trois demi-douzaine, la valeur de ses actions avaient chuté de plus de 43%. La cause en revenait au projet "Seconde Chance", qui fut un échec à tout niveau. L'idée d'acheter des repris de justices aux nations voisines pour de faible sommes - trop heureux de s'en débarrasser - puis leur offrir la possibilité d'une libération anticipée en acceptant un contrat de travail pour les quinze prochaines années dans les mines de l'agglomérat externe semblait, d'apparence, prometteur. L'Institut devait ainsi redorer son image publique tout en faisant fructifier une grande partie de son capital : la main d'œuvre était abondante, peu chère et la demande importante pour une industrie de la métallurgie en plein essor. Le Gouvernement, leurré comme la plupart des spécialistes sur la tournure que prendrait l'affaire, s'empressa d'offrir à l'Institution un contrat de Financement en Recherche pour les cinq années à suivre en échange de la fourniture en hommes.
Cependant, une fois arrivés aux mines, les mineurs prirent rapidement conscience de la situation : les conditions de travail spécifié dans le contrat relevait de l'esclavage, la paye était quasi-inexistante et l'hygiène de vie déplorable. A plus long terme, la position des pôles miniers localisée si éloignée de la Métropole en interdisait tout accès autre que par les longs coursiers (Lesquels reçurent dans le même temps plusieurs séries de subventions inopinées pour l'annulation de quelques trajets). Lorsque les mineurs comprirent, et ce relativement vite, que ce n'était certainement pas la condition d'homme qu'ils gagneraient à coup de pioches, les émeutes se multiplièrent et sapèrent l'économie très rapidement. La forte présence armée, la propagande de l'Institut et même les début du programme de servage furent un échec pour endiguer le mouvement de révolte. Finalement, le projet apporta deux fois plus de déficit que de profit espéré. [...]
Pour y remédier, obligée de brader et geler certains de ses plus prometteurs projets, la firme se tourna vers la récente découverte des deux races cousines. Le projet, encore au stade de l'observation satellite, reçut un financement inattendue. En quelques heures, plusieurs nefs appontèrent les deux biosphères et une demi-douzaine suffit pour établir un contact pacifique. L'échange linguistique, plus difficile, mit les transcripteurs à rude épreuve : les deux espèces utilisaient un dialecte primitif aux accents gutturaux que les codes traditionnelles n'arrivaient pas à correctement interpréter.
L'intérêt que leur portait l'Institution était purement économique : race de petite taille et robuste, les deux souches avaient développées une civilisation partiellement souterraine. Les scanners montraient des excavations descendant à plus d'une six milles mètres, et une connaissance approfondie de la roche. Quels qu'ils furent, les parents biologique s'attendaient à préparer une espèce minière. Et c'est justement ça qu'entendait faire l'Institution.
Lorsque les transcripteurs permirent une ébauche de dialogue, à la surprise générale, l'équipe de recherche apprit qu'aucune des deux planètes n'avaient conscience de l'existence de l'autre. Se gardant bien de toute révélation, l'Institut profita de cette situation de manière drastique car il n'y aura pas de "seconde chance" déclarait l'ONG. Beaucoup considèrent encore la méthode dont fut exploité cette information comme discutable.
En effet, après neuf siècles, les mœurs des deux patries ne correspondaient pas sur plusieurs grandes lignes et présentaient un risque d'incompatibilité en cas de réunion. Une étude affirma même que la possibilité d'un génocide inter-espèce sur une fourchette d'un siècle devait être comprise dans les prévisions à venir. Pour l'Institution, c'était un risque de trop, et elle décida de ne choisir que la plus performante des deux espèces : l'autre, afin d'empêcher toute concurrence industrielle, fut soufflée par l'explosion de trois ogives nucléaires.
[...]
Emporté loin de leurs mondes natales dans des cargos immenses pour les mines de la bordure extérieur, le peuple élu s'annonça être les Nìbelungens."
Étude et Relativisme sur l'Institution, "Nìbelungen : la sauvegarde d'une économie en perdition", auteur et date inconnu.