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La renaissance du Colibri

MessagePosté: Mer Oct 13, 2010 6:11 pm
de Colibri
« Kharen Bellamy. Ce nom désormais légendaire résonnait encore dans les vastes salles de l’Indépendance. Un nom désormais gravé dans l’Histoire, comme celui du noble Empereur du Colibri, comme celui du Grand Maître de la Corporation.

De sa plume, il écrivit avec ses Frères les premières lignes d’un rêve fou. De sa sueur naquit l’Indépendance. De ses mots furent convaincus les premiers corporatistes. De sa main il mena à la gloire la Corporation.

Brave, vertueux, intelligent, les superlatifs ne manquèrent jamais pour désigner l’un des plus bel esprits que n’eut jamais connu Aelron. Et à la disparition tragique des Empereurs Fel et MrFrenchy, il fut l’unique dépositaire de l’héritage corporatiste, et subsista comme dernier souverain de l’alliance indépendante, et troisième puissance universelle.

Jusqu’au jour où la malédiction l’atteignit à son tour, et qu’au cours de l’une de ses innombrables promenades rêveuses dans les coursives de sa station, il disparut, sans laisser de trace, apportant doute et désarroi quant à l’avenir d’une Corporation désormais orpheline. Durant longtemps ses alliés le cherchèrent, le pleurèrent, avant de se résoudre à honorer sa mémoire, et de faire de leur union un modèle de puissance, de stabilité, de Corporation des Systèmes Indépendants à son apogée, à la mémoire de ses 3 fondateurs disparus. »

-Berich Inian, In Memoriam: Kharen Bellamy-

*****




Je suis un songe, je vis un rêve. Je vole.

Je suis un esprit, une incarnation. Je suis un ange, je fends les cieux à la vitesse de la pensée.

Je suis immatériel, éternel. Omniscient, conscient, mon éveil est ma gloire, ma récompense, pour cette vie que je laissais derrière moi.

Je vole, je plane. Doucement, vers cette étrange lueur.

Fascinante, envoûtante. Elle m’imprègne, je me sens l’insecte attiré par la bougie.

Mon bras se tend, mes doigts se relèvent. Je désire la toucher…

Je tombe…

Sous moi, le sol. Une terre, que je ne reconnais pas. Une terre, qui se rapproche. Vallées, montagnes et paysages se dessinent. Dans ma chute, je fends les nuages. Je me sens faible… Matériel… Une forêt s’entend à mes pieds, et une petite clairière semble foncer vers moi. Dans un ultime réflexe protecteur, mes bras se replient sur mon visage.

Je me réveille en hurlant.

Je parvint à me calmer, après quelques secondes. Mon cœur bat encore la chamade. Il bat ?! Où suis-je ? Je l’ignore. J’observe autours de moi, à travers cet étrange caisson où je me suis réveillé, et ne vois que des arbres ; au loin je parvins à distinguer entre les branches un vaste vaisseau posé, d’un rose éclatant. Qui suis-je ? Je ne sais plus. De vieux souvenirs remontent, mais tout est encore si confus. Obnubilé par ces réminiscence, je ne remarqua pas de suite l’étrange bonhomme, petit et difforme, m’observant en silence de ses petits yeux porçins et avide. Jusqu’à qu’il se mettent à hurler en sautillant :
« Maaaaaîtrrre ! Maaaaaîtrrre ! Il est vivant !! »


- ? -
*****




“Putain Bob! T’es en train de lâcher l’congélo ! Fait gaffe! ” Beugla à son subordonné le Chef Rousseau.

Le susnommé Bob se répandit en excuses, et resserra sa prise sous le regard désolé de son collègue, qui l’aidait à porter sur un chariot répulseur le lourd coffre congélateur à travers la cuisine principale du pont M-312.

Le pont M-312 faisait partie de la partie supérieure du bloc M de l’aile Nord Est de la station, abandonné et dépressurisé il y a de ça plusieurs siècles, afin de réduire la facture énergétique de la station lors de la Crise Corporatiste, peu après la disparition du dernier Grand Maître. Mais les choses avaient fini par évoluer, et devant l’extension continue de l’alliance, l’Assemblée Corporatiste avait fini par voter l’agrandissement de l’espace utile de l’Indépendance, certes par l’ajout de nouveaux niveaux, mais aussi par la réhabilitation des ponts abandonnés.

C’est ainsi qu’après cela, et de longues années de procédures administratives, les sas furent refermés, et des niveaux entiers de la station repressurisés. Une fois l’atmosphère rétablie, des milliers d’ouvriers et de « volontaires » se mirent au travail pour rénover les lieux.
Le Chef Rousseau, cuisinier émérite, et son équipe avait été désigné pour s’installer en ces lieux, et refaire entièrement la cuisine du pont M-312. Opération prise très au sérieux par le vieil homme, qui supervisait lui-même le travail de ses assistants. Y compris le déménagement, à destination du premier sas venu, d’un coffre-congélateur antédiluvien par deux jeunes apprentis. Apprentis qui n’avaient
pas remarqué que l’une des dalles du carrelage ne tenait plus.

« Attention bougres d’abrutis !! » Hurla Rousseau tandis que le pied de Bob s’enfonçait dans un trou béant, et que celui-ci lâchait le chariot.

Malgré tout les efforts du second apprenti, le chariot, destabilisé, se renversa, et le congélateur tomba lourdement sur le carton du nouveau droïde cuisinier, écrasant dans un bruit de tôles froissé l’innocente machine, s’ouvrant sous le choc, et déversant son contenu dans la pièce.

Les joues du chef-cuisinier prirent, à la vue du tas de glaces qui encombrait désormais son chantier une teinte rouge cramoisi, avant de virer vers le violacé, tandis que les veines sur sa tempe droite palpitait de plus en plus fort.

Déballant à une vitesse inouïe un flot d’insultes et de noms d’animaux, le chef-cuisinier releva par le col son incapable d’apprenti, et lui ordonna de réparer au plus vite sa bêtise. C’est ainsi que, sous le regard hilare de sa douzaine de collègue, Bob parvint à relever le congélateur, et s’affaira à remettre au plus vite les glaces centenaires dans le congélateur. C’est au hasard de deux boîtes de cornet vanille-fraise qu’une main congelé, tenant fermement un esquimau, émergea du tas informe.

La frayeur générale passée, et les cordes vocales à peut-près remise, le Chef Rousseau se remit à gesticuler. Plusieurs assistants se joignirent à Bob pour virer les boîtes, et assister la victime. Rapidement, le reste du bras émergea du tas, suivi du reste du corps d’un homme élégant, et congelé.

« Merde… Il est mort ? » Demanda l’un d’entre eux.

« Ouais… Par congélation. Pauvre gars »

« Z’avez vu comment il est fringué ? C’est pas un clochard, comme l’autre fois ? »

« Dites… Il me rappelle quelqu’un… » Fit le Chef Rousseau, après avoir observé le visage de l’homme.

Il se baissa, et essuya la pellicule de glace déposé sur la tunique de l’homme, révélant un bien étrange écusson : un Colibri sur une rose rouge. Rousseau se tourna vers sa douzaine de cuistots, et continua dans un grand sourire :

« Mesdemoiselles, messieurs, je vous présente Kharen Bellamy… »

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Re: La renaissance du Colibri

MessagePosté: Mer Oct 13, 2010 6:12 pm
de Colibri
Les couloirs étaient vides, silencieux. Non pas que Malus Darkblade soit un grand amateur de foule, mais ne rien entendre d’autre que le bruit de ses pas sur le carrelage impeccable, qui résonnait sur les parois était quelque chose d’inhabituel sur l’Indépendance, et d’inquiétant. La morgue de l’Hôpital Central était-elle toujours aussi oppressante ? Moins d’une heure avant, il était encore à son bureau, ouvrant une convocation immédiate dans un lieu incongru émanant de Deviss, sans en préciser l’objet.

« Ici seigneur ! » Entendit-il au hasard d’un couloir. Se retournant, le souverain de Naggarond reconnut l’armure flanqué de marques rouge des Red Devils, la garde corporatiste.

Le soldat lui fit signe de le suivre, et le mena dans l’une des unités de conservation, gardé par deux autres gardes, le fusil blaster au poing. Ceux-ci s’écartèrent au passage du seigneur de Naggarond, en saluant le corporatiste.

Le Commandant Deviss était en grande conversation avec l’Imperator Jenkins et Alucard autours d’une table sortant de l’un des casiers ouvert. Table sur laquelle se trouvait un corps, stocké dans un sac étanche !

« … Je pense que vous avez bien fait de ne pas ébruiter l’affaire commandant. Les retombés politiques seraient… Fâcheuse si le public apprenait comment est décédé le père de la corporation » Entendit-il de Alucard.

« Mais entre l’équipe qui a retrouvé le corps, les gardes, et le personnel hospitalier habilité, le risque de fuite est énorme. » Fit le némésien avec inquiétude. « Il ne doit pas rester ici. »

« Avec tout le respect que je vous doit, sire, j’en fait quoi ? Je le remet au frais dans le congélateur du poste de garde, ou je le balance par le premier sas ? » Répondit Deviss.

« Hehem. »

Les trois hommes se retournèrent, et remarquèrent l’arrivée de Malus. Deviss s’approcha, et lui serra la main :

« Ha ! Seigneur Darkblade, vous voilà enfin ! »

« Oui. Pourrais-je maintenant connaître vos motivations à me convoquer en pleine nuit dans une morgue commandant ? »

« Voyez par vous-même. »

Le militaire retourna à la table, et ouvrit le sac, dévoilant le visage du cadavre. Malus n’en croyait pas ses yeux : Kharen Bellamy, semblant plongé de toute sa grâce et sa splendeur dans un profond sommeil dont jamais il ne pourrait s’éveiller. Mort quoi... Estomaqué, il se tourna vers ses confrères :

« Sa dépouille a été retrouvé il y a quelques heures par des cuisiniers dans les niveaux désaffectés. Dans un congélateur. » Enonca Jenkins.

« Comment est-il mort ? Assassiné ? » Demanda Darkblade.

« Il est mort par congélation, le pauvre. » Répondit le dernier des Amiraux Légendaires.

« On pense qu’il venait simplement se prendre un esquimau, et qu’il est tombé dans le congélateur sans arriver à s’en sortir. Et comme ce genre d’engin fonctionne très bien… » Compléta le némésien, l’air désolé.

« Attendez ! Vous essayez de me faire croire que Kharen est tombé dans un congélateur, ce qui est déjà gros, mais en plus en me persuadant qu’il n’a pas réussi à en ressortir ? C’est un meurtre ! »

« Seigneur Darkblade, les légistes ont fait des tests sanguins, il était à plus de 2 gramme ! Il était complètement beurré ! » Coupa Deviss.

Malus était abattu. Tous se demandaient depuis des années comment celui qui était devenu une légende vivante, le guide de la CL, avait pu disparaître, sans laisser de trace. L’imaginaire public avait donné naissance à plusieurs légendes, racontant une chute héroïque, une disparition mystérieuse, mais Alucard avait vu juste : révéler que Bellamy était mort rond comme une bille en s’enfermant lui-même dans un congélateur risquerait d’avoir des conséquences fâcheuse sur l’image de la Corporation des Systèmes Indépendants, en plus d’écorner « légèrement » le mythe du Colibri.

« Qui d’autre est au courant ? Nous, et quelques personnels de la station, et ?» Fit-il.
« Personne. J’avais envoyé une convocation à Debigboss, avant que mes hommes me signalent qu’ils venaient de le coller en cellule de dégrisement. Tant pis pour lui. » Répondit le commandant des Reds.

Et le débat reprit, tous se demandant ce qu’il convenait de faire du corps. Deviss était partisan de s’en débarrasser, pour ne pas écorner le mythe. Alucard lui, était d’avis de révéler l’affaire, et d’organiser des funérailles d’état, quitte à romancer un peu l’histoire de sa mort. Darkblade était partagé, et préconisait de conserver discrètement la dépouille, dans l’espoir d’un compromis futur.

Seul, Jenkins observait Kharen d’un air… Curieux. Il ramassa le bilan d’autopsie, et le parcourut d’un regard. La congélation forcée avait agi comme une cryogénie : l’eau des cellules avait gelé, préservant le corps de la putréfaction. Mais la glace, plus volumineuse que l’eau, avait détérioré une partie des cellules. Mais si…

« Commandant, vous qui avez discuté avec les légistes, que savez-vous de l’étendu des dommages dû à la congélation ? »

« Et bien… Elle ne s’est pas faite de façon uniforme sur tout l’organisme, comme une vrai cryogénisation. Les parties en surface ont gelé avant les organes internes, variation de congélation qui en elle-même a causé la grande majorité des dommages. »

« Et en ce qui concerne les organes vitaux ? Et le réseau nerveux ? » Fit Jenkins, devant l’air ébeté de ses confrères.

« Euh… Les dégâts sont… Variable, sire. »

« Parfait. Confiez-moi le corps ! » Répondit une voix tonitruante et chevrottante venant du plafond.

« Pardon ? » Firent en cœur Deviss, Alucard et Darkblade, tandis qu’Ectorion, accroché au plafond, se laissait tomber bruyamment sur le sol, les 4 fers en l’air.

*****




Bien que Deviss, en parfait exécutant, se soumette sans discuter à l’étrange proposition du Shaman, Jenkins avait dû déployer ses meilleurs talents d’orateur, pour parvenir à convaincre, à contre-cœur, ses deux confrères.

A vrai dire, le némésien lui-même ignorait la teneur des projets du vieux venomien. Mais il était loin d’ignorer l’incommensurable savoir de l’étrange bonhomme, issu de millénaires d’errances aux quatre coins de l’univers. Après tout n’était-il pas à l’origine du désormais légendaire Venom, aux propriétés psychotropes, énergétiques et médicales encore méconnues ? Un mathématicien hors norme, à l’origine des théories les plus saugrenus sur le multivers ? Un génie et un esprit fou, à la logique transcendantale strictement incompréhensible de l’humain normal ? Ou tout simplement, trouverait-il le moyen de débarrasser, à titre plus ou moins temporaire, l’Indépendance d’un bien étrange fardeau.

Quoi qu’il en soit, Ectorion ne tarda pas à disparaître dans les sombres coursives du spatioport, muni seulement de son « colis », de sa peau de loup et d’un esquimau au citron. Le vaste quai numéro 4 vibra avec puissance lorsque les réacteur du Rosa Luna vrombirent, et ôtèrent le rose croiseur du quai en arrachant les amarres.

Nul ne sut jamais ce qu’il advint du vaisseau amiral de la défunte nation venomienne. Nul ne sut où alla se terrer l’Ectorion. Nul ne sut pourquoi Alucard et Malus Darkblade regardaient Jenkins d’un air méfiant lorsque les conversations dérivaient sur la mémoire du bon vieux Bellamy. Nul ne sut ce que devint le corps du regretté Colibri. Et surtout, nul ne sut ce que ce dernier fichait quelques années plus tard, bien vivant, à se promener dans les Halls d’Accueil du Quartier Général de la Corporation des Systèmes Indépendants

Merci à Jenkins pour ce fabuleux RP de retour ^^