Une mission rondement menée

Une déclaration de guerre ? Une bataille épique à raconter ? Venez ici !
Mer Aoû 13, 2014 10:54 pm

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    HRP : Suite à la demande de certaines personnes, voilà le RP disponible en format PDF (donc sans couleur) avec une mise en page justifiée
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    La navette tremblait alors qu’elle s’enfonçait dans l’atmosphère sulfurée de la lune. Loin au-dessus d’elle, un cuirassé Obscurci et ses croiseurs d’escorte livraient combat contre une force Léanth visiblement en très mauvaise posture. À son bord, quatre silhouettes en armures aux teintes sombres s’agrippaient comme elles pouvaient pour éviter d’être renversées par les secousses de l’appareil. L'une d'entre elle tenait encore son casque sous le bras et s'apprêtait à l'enfiler lorsqu'un haut-parleur se mit à vibrer dans le compartiment principal avant de laisser la voix du pilote annoncer par-dessus la cacophonie ambiante :
    « Atterrissage d’ici cinq minutes. Comme prévu, le site est à sept-cent-cinquante mètres de la base Léanth. »


    Les grésillements de l’enceinte s’estompèrent quelques instants avant que la voix ne reprenne :
    « La température de surface est aux alentours de moins soixante-dix degrés Celsius. J’espère que vos combinaisons vont pouvoir supporter ça.
    — Théoriquement, oui, répondit la silhouette dépourvue de casque, en hurlant pour que sa voix parvienne jusqu’au micro du compartiment. Normalement, on ne devrait pas avoir de problème, les combinaisons peuvent nous protéger de ce genre de température pendant plus d'une heure.
    — Parfait, reprit le pilote, préparez-vous à sortir, on approche du site. »


    Les vibrations s’intensifièrent tandis que l’appareil approchait de la surface. Il flotta quelques instants à une dizaine de mètres au-dessus du sol avant de se poser lentement, projetant de lourds nuages de poussière. Son flanc bâbord s’ouvrit alors, laissant descendre les quatre soldats. Ces derniers, enveloppés par leurs armures, découvrirent un terrain sombre et terne, totalement dénué de vie. Le vent battait le site de l’atterrissage, emportant avec lui d’épais nuages de soufre qui masquaient la vue au-delà d’une vingtaine de mètres. La lumière était très faible ; tout ce qu'on pouvait apercevoir du soleil local se résumait à un petit point rougeâtre tout juste visible à travers les nuages.
    « Soixante-sept degrés en-dessous de zéro. La voix résonna de concert dans les casques de ses coéquipiers, relayée par un émetteur très courte portée. J’espère juste qu’on ne va pas rester coincés dehors comme des cons.
    — Vous inquiétez pas, chef, lui répondit avec assurance une voix féminine, vous savez bien qu’aucun système de sécurité ne peut me résister.
    — Ça vaudrait mieux pour nous. Sinon, tout ce qu’ils retrouveront de nous, ce sera quatre glaçons dans leurs armures. »


    Le chef d’escouade jeta rapidement un œil autour de lui, déçu que son champ de vision soit aussi rapidement limité par ces gros nuages jaunes. Il activa la vision infrarouge intégrée à sa visière pour découvrir que si les alentours ne semblaient pas receler d’activité thermique importante, son escouade, elle, contrastait énormément avec l’environnement, et ce malgré l’isolation avancée dont bénéficiaient les armures. Ses subordonnées se livraient au même exercice : examiner les alentours pour déceler d’éventuelles menaces. Constatant l’absence apparente de danger, le chef d’escouade ordonna :
    « Escouade, avec moi. On avance.
    — Bien compris, lui répondirent ses hommes simultanément, on avance. »


    La progression était lente : le brouillard jaunâtre réduisait fortement le champ de vision et les vents violents forçaient les soldats à adopter une posture basse, afin d’éviter d’être renversé. Le terrain lui-même, en revanche, ne comportait pas de difficulté en soi. Bien que le relief ne soit pas totalement absent, ce dernier était d’une douceur déconcertante pour un monde aussi hostile, conséquence d’une érosion féroce. Tout au long de sa progression, l’escouade marquait de petits arrêts, scrutant les alentours immédiats aussi loin que le leur permettait la fumée flavescente. À la quatrième de ces interruptions, alors qu’il examinait les alentours, le chef d’escouade s’exclama, sur le point de perdre patience :
    « Bordel ! Qu’est-ce que c’est que ce brouillard à la con ? On voit à peine à cinquante mètres ! On va tomber sur leur poste opérationnel comme des fleurs, et on va se faire cueillir par la première patrouille venue !
    - Franchement chef, répondit le soldat dont l’insigne portait le numéro 3 accompagné du symbole de médecin, vous croyez qu’ils font des patrouilles par moins soixante ?
    - Non, ça m’étonnerait, admit-il, mais ça reste une possibilité. »

    Il marqua une pause durant laquelle il consulta les diverses informations que lui fournissait son armure et reprit :
    « Ohliel, quelle distance jusqu’au poste ?
    - Je regarde ça, chef, répondit l’intéressée, toujours avec sa voix pleine d’assurance. Une centaine de mètres environ.
    - C'est ce que j'ai aussi, reprit son supérieur, j'avais un doute. Il ajouta, avec un soupir : ce serait dommage que les instruments nous lâchent maintenant. »


    L'escouade effectua quelques vérifications supplémentaires et se remit en route, alors qu'au cœur du brouillard, une silhouette se formait. En effet, on pouvait à présent deviner la présence d'un grand bâtiment aux formes vaguement arrondies. Il paraissait assez petit pour un avant-poste militaire mais comparé à d'autres bâtiment tels des logements particuliers, sa taille était relativement importante. Au fur et à mesure que les soldats se rapprochaient, ils découvraient de nouveaux détails : une sorte de petite bulle adjacente au reste du bâtiment, probablement les geôles, d'après le chef d'escouade, l'absence — non surprenante — de fenêtres ou hublots quelconques, et ce qui ressemblait à un ensemble d'antennes de communication sur le toit du complexe. Une fois encore, le commando marqua l'arrêt, et examina le complexe autant que possible.
    « Ça a l'air d'être la porte, nota le chef alors qu'il remarquait quelque chose qui ressemblait à un point d'accès. Ça colle avec les infos qu'on nous a données, en tout cas. Distance : trente-quatre mètres ; aucun ennemi en vue. Escouade, on y va ! »


    Le groupe franchit rapidement la courte distance qui les séparait du sas du complexe et adopta une position défensive, censée fournir une couverture à celui — ou celle, dans le cas présent — qui examinait la porte.
    « Qu'est-ce que ça donne, Ohliel ?
    - Système de sécurité à code d'accès. Tout en parlant, elle continuait à analyser le dispositif qui bloquait l'ouverture. Rien de bien compliqué. Dans le pire des cas, ça prendra juste un peu de temps, chef.
    - Un peu de temps ?
    - Une dizaine de minutes, à tout casser.
    - Parfait, répondit le chef d'escouade avec une certaine satisfaction. Au travail, alors ! Escouade, couvrez-la et faites gaffe que personne ne nous tombe dessus. »


    L'attente commença, tandis que l'experte en sécurité de l'escouade se concentrait sur l'ouverture du sas. De leur côté, les autres soldats — y compris le chef d'escouade — se tenaient aux aguets, prêts à répondre à toute menace qui s'approcherait. Le vent, qui n'avait pas faibli une seule seconde depuis leur atterrissage, continuait de battre le sol en produisant un bruit désagréablement lugubre. Une bourrasque un peu plus forte que la moyenne faillit faire basculer un des soldats. L'homme en question, prénommé Khilak, se trouvait être l'artificier de l'escouade et malgré tout le soin apporté à la stabilité des explosifs, il valait mieux que ceux-ci ne soient pas secoués trop violemment.
    « Fierfek ! Le juron lui avait échappé alors qu'il se redressait. Je hais les Léanths, je hais les nuages de soufre, je hais le vent, et surtout, je hais cette saloperie de planète !
    - Surtout que c'est pas une planète, c'est une lune. L'experte en sécurité semblait très amusée par la situation.
    - Oh, ça va ! Planète, lune... Quelle différence ça fait au final ?
    - La différence, c'est la grande ombre noire dans le ciel. Elle fit un geste du bras et montra le ciel derrière elle, dans une direction qui pointait approximativement vers l'ombre en question, tout en continuant sa tâche de l'autre main. Je sais pas si t'es au courant, mais ça s'appelle une géante gazeuse. Nous, on est sur un truc qui tourne autour : une lune. Donc, si, ça fait une dif...
    - Vous voulez bien arrêter de pourrir le canal d'escouade avec vos conneries ? Le chef avait mis un terme à la discussion, et ce de manière assez brutale. Il ajouta, à l'intention de la spécialiste : D'ailleurs, Ohliel, t'as voulu me faire une surprise et t'as ouvert la porte sans me le dire ?
    - Non, chef, répondit l'intéressée, dubitative.
    - Eh bien tant que ce n'est pas fait, j'aimerais que ta bouche reste comme la porte : fermée ! »


    La femme soupira après la réplique péremptoire de son supérieur et se concentra à nouveau sur son travail. Environ cinq minutes plus tard elle annonçait l'ouverture du sas. Elle avait pris soin de désactiver tout système d'alerte relié à l'accès au sas depuis l'extérieur. L'escouade s'y engouffra, referma la porte qu'elle venait d'emprunter puis activa le mécanisme de pressurisation du sas avant de se préparer à lancer un assaut. La porte qui donnait sur l'intérieur était bien trop étanche pour espérer utiliser une caméra filin, aussi fallait-il s'attendre à une présence ennemie sans avoir toutefois la moindre certitude. Les soldats vérifièrent que leurs armes étaient bien calibrées sur le mode silencieux. Les fusils en question, contrairement à ceux utilisés par beaucoup d'autres armées, utilisaient encore des projectiles métalliques. Toutefois, ceux-ci n'étaient pas propulsés par de primitives explosions de poudre mais par de forts courants électriques. Ceci leur conférait l'avantage d'être moins bruyant et nettement moins visible que les antiques armes à feu. De plus, en diminuant suffisamment la vitesse du projectile à la bouche, on obtenait une arme théoriquement totalement muette.


    Le chef d'escouade se cala dans l'angle droit de la pièce, collé contre la porte. En face de lui se tenait son artificier tout autant paré à un assaut. Juste derrière ce dernier se tenait le médecin de l'escouade, arme en main. Enfin, au milieu de la minuscule salle, l'experte en sécurité se tenait prête à actionner l'ouverture de la porte.

    « Maintenant ! »
    L'ordre du chef, relayé dans les casques de ses hommes, fut exécuté à la vitesse de l'éclair. La porte s'ouvrit avec une certaine lenteur mais à peine avait-elle atteint le tiers de sa course que le chef d'escouade et son artificier avaient roulé en-dessous. Ils trouvèrent face à eux deux gardes en faction qui, trop surpris, n'eurent que le temps de vaguement pointer leurs armes dans la direction des intrus avant de succomber à des tirs extrêmement bien placés. La porte finissait tout juste de s'ouvrir lorsque les deux cadavres touchèrent le sol. Un rapide examen des lieux apprit à l'escouade qu'il n'y avait personne d'autre qu'eux dans le secteur.

    « Planquez-moi ces deux corps à l'extérieur. » Tout en donnant cet ordre, le leader du groupe poursuivit son rapide examen de la zone. Ses hommes avaient déjà attrapé les cadavres et les amenaient vers le sas. Il ne leur fallut pas longtemps pour que les corps sans vie se retrouvent hors du complexe, sous un vent sulfuré et glacial. Une fois la tâche accomplie, l'escouade se retrouva seule à l'entrée d'un complexe qui paraissait dénué de vie. Les grands couloirs vides qui s’étendaient de part et d’autre de l’entrée suffisaient à prouver que les activités extérieures n’étaient pas très fréquentes.


    « Voilà. Les corps sont planqués. Le spécialiste en explosifs se frottait les mains, projetant de la poussière jaune un peu partout. Et si quelqu'un arrive à retrouver deux cadavres en plein milieu de cette purée de pois, je veux bien me tirer une balle dans la couille droite.
    - Chef, maintenant que les corps sont cachés, qu'est-ce qu'on fait ? »
    La question du médecin résumait assez bien l’ensemble des pensées de l’escouade. Pénétrer dans le bâtiment était déjà une bonne chose en soi, surtout sans que l’alarme ne soit déclenchée ; il leur fallait maintenant trouver ce pour quoi ils étaient là.
    « On va se diriger vers le truc qu’on a vu tout à l’heure. Je suis prêt à parier que ce sont les cellules et qu’on y trouvera les prisonniers. »


    Le groupe se mit alors à progresser prudemment dans les couloirs, étudiant patiemment son environnement afin d'y déceler d'éventuels systèmes de sécurité. Le complexe semblait étrangement vide : en une vingtaine de minutes, ils n'avaient aperçu qu'une seule patrouille seulement constituée de six gardes. Les murs, sols et plafonds, d'un blanc impeccable, étaient éclairés par une lumière blafarde qui projetait des ombres fantomatiques sur le sol. Le tout créait une ambiance oppressante qui parvenait à mettre mal à l'aise même des soldats d'élite. Alors qu'ils passaient un nouveau croisement, qui semblait lui aussi désespérément vide lui aussi, Khilak ne put réprimer une question :
    « Chef... D'après vous, qu'est-ce qui peut pousser les Léanths à venir construire un complexe sur une planète auss... L'experte en sécurité toussota, et l'homme reprit avec lassitude : Enfin, une lune aussi pourrie ? Tout ça pour y détenir quelques émissaires, Et le tout visiblement gardé par une poignée de guignols.
    - T'emballe pas, lui répondit son supérieur, oublie pas que leur flotte est en train de se faire maraver là-haut. Je pense qu'ils doivent être vaguement préoccupés et que c'est pour ça qu'on n'en croise pas beaucoup. Tant qu'ils ne se doutent pas qu'on est là, on a un sacré avantage. Ils sont occupés ailleurs, et c'est bien mieux pour nos miches.
    - Ouais, approuva la spécialiste, à leur place j'aurais les miquettes. Leur flotte a déjà perdu, et ils le savent. Et ils doivent supposer qu'on ne va pas tarder à venir récupérer les diplomates. En plus... Elle s'interrompit en plein milieu de sa phrase pour lâcher un juron de circonstance avant de reprendre : Une patrouille, au croisement, sur la droite. Six... Sept... Huit hostiles.
    - Confirmé, répliqua son supérieur. On avance, discrètement, pendant qu'ils nous tournent le dos. »


    En effet, la patrouille en question s'éloignait de l'escouade. Cette dernière put surprendre quelques phrases qui semblaient corroborer la thèse du chef : ils parlaient de la bataille qui tournait très nettement en leur défaveur et de leur inquiétude quant à l'arrivée prochaine de l'infanterie dans leur complexe. Ils disparurent au détour d'un couloir tandis que le groupe de soldats obscurcis poursuivait son chemin. Au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient de l'emplacement supposé des prisons, on trouvait de plus en plus de caisses disposées de part et d'autre du couloir - qui s'élargissait d'ailleurs - dans un arrangement assez aléatoire. Le travail de rangement paraissait avoir été fait rapidement et sans grand soin, probablement dans une certaine précipitation. Une caisse de ce qui ressemblait à de la nourriture déshydratée était même ouverte et son contenu jonchait le sol.
    « J'aime pas ça. Le chef d'escouade semblait assez soucieux. C'est pas normal. Ça fait carrément aire de chargement.
    - On va pas tarder à le savoir, chef, ça devrait être par là.
    - Je sais que ça devrait être par-là, Ohliel. C'est bien ça qui m'inquiète. C'est pas franchement comme ça que j'imaginais des geôles Léanths.
    - Regardez à gauche : "Hangar", nota l'artificier. Chef, j'ai l'impression que vous avez perdu votre pari.
    - Merde, répondit ce dernier avec dépit. Va falloir trouver autre chose. »


    L'escouade se posa quelques instants, tentant de se mettre à couvert derrière les marchandises qui occupaient le couloir. Tandis que ses hommes surveillaient le périmètre, le leader réfléchissait à la situation, tentant de choisir la meilleure option parmi toutes celles qui se présentaient à eux. Finalement, il déclara, après un peu plus d'une minute de réflexion :
    « Bon... La meilleure option, c'est encore d'essayer de trouver la salle de sécurité. Déjà, on n'aura plus à trop se préoccuper des caméras si on les désactive, et ensuite, on trouvera sûrement un ou deux gardes qu'on pourra interroger.
    - Si je peux me permettre, chef, le coupa le spécialiste en explosifs, la dernière fois que vous nous avez dit qu'on trouverait "sûrement" ce qu'on voulait, ça s'est mal passé.
    - Ouais, ça me dit quelque chose, reprit l'experte en sécurité, mais c'était quand, déjà... Ah oui. À l'instant.
    - C'est pas facile tous les jours avec vous. Le chef paraissait maintenant tout ce qu'on pouvait faire de plus blasé. Au lieu de raconter n'importe quoi, on y va. Ohliel, puisque t'as l'air de bonne humeur, tu passes devant. »


    Le groupe se remit en mouvement encore une fois, avec un nouvel objectif : trouver la salle de sécurité ennemie. La supposition la plus évidente consistait à partir du principe qu’une telle pièce devait se trouver assez proche du centre de la structure, aussi convenait-il de changer radicalement de direction. L’extérieur étant à leur droite, ils prirent à gauche au dernier croisement qu'ils avaient emprunté, celui auquel ils avaient aperçu la dernière patrouille, se dirigeant donc dans la même direction que ladite patrouille. Ils finirent d'ailleurs par rattraper cette dernière — ou, une autre patrouille du même nombre d'effectif — et entreprirent de la suivre, avec une extrême prudence.


    Il fallut presque une demi-heure, et courir le risque de se faire repérer lorsque la patrouille croisa un groupe de techniciens, pour que la chance leur sourisse. La patrouille disparut du champ de vision de l'escouade alors qu'elle entrait dans une pièce. Tout en s'approchant de l'entrée — dont les portes s'étaient refermées — avec précaution, la spécialiste en sécurité prépara la caméra filin. L'activation de cette dernière permit aux quatre soldats obscurcis d'avoir un aperçu de la salle. La patrouille qu'ils avaient suivi jusqu'alors s'étaient placée aux côtés des soldats et personnels déjà présents. Ils semblaient suivre avec attention divers écrans qui, selon le chef d'escouade, diffusaient des images de la bataille qui se déroulait en orbite.

    « On va tous y passer ! » s'écria l'un des hommes présents, dont l'absence d'armure semblait indiquer un rôle plus civil. « Ils en ont encore descendu un autre !
    - Commencez pas à vous exciter, répondit une des membres de la patrouille qui venait de les rejoindre, ils ne feront rien tant qu'on tient les émissaires en otage. Et s'ils tentent quoi que ce soit, on n'a qu'à en buter un ou deux, ça les calmera. »


    Le son de la caméra s'atténua tandis que le chef d'escouade prenait la parole :
    « Ohliel, tu peux ouvrir la porte ?
    - Il suffit d'appuyer sur un bouton. Ça devrait être dans mes cordes.
    - Parfait, répondit son supérieur. Quinze hostiles. Ohliel, Khilak, vous prenez la droite. Pour ce qui est des soldats : visez pour tuer. Évitez de tuer les autres si possibles. »
    Les commandos se mirent en position, deux de chaque côté de la porte, leurs armes prêtes et toujours réglées sur le mode silencieux. La spécialiste pressa le bouton d'ouverture. Le temps sembla soudain s'allonger, comme si l'action se déroulait au ralenti. Trois des gardes ennemis se retournèrent, souhaitant découvrir l'identité des nouveaux venus. Ils eurent à peine le temps de comprendre ce qui leur arrivait. Une rafale de trois balles cueillit le premier en plein torse, le tuant sur le coup. Le second n'eut pas beaucoup plus de chance : une balle traversa son crâne de part en part, projetant un fluide visqueux sur la console et le technicien situés derrière lui. Quant au troisième, mû par ses réflexes, il s'élança sur le côté, tentant de se mettre à couvert derrière un terminal. Sa tentative fut avortée par une nouvelle salve de balles qui lui déchira mortellement l'abdomen sans toutefois le tuer, le laissant agoniser tandis qu'il se vidait de son sang, son arme tombée à terre.


    Sur les douze personnes restantes, on comptait huit soldats et quatre personnels civils. Ces derniers s'étaient jetés au sol dès qu'ils comprirent ce qui arrivait. Quant aux militaires, ils avaient tenté de rejoindre une position plus facilement défendable. Deux d'entre eux avaient été abattus durant leur trajet jusqu'à une console proche derrière laquelle ils comptaient s'abriter. Le reste des forces armées Léanths était parvenu à se mettre tant bien que mal à couvert et avait entrepris de riposter avec véhémence. Leur armement plasma avait commencé à cracher une multitude de petits projectiles bleus et mortellement chauds, qui explosaient en petites gouttelettes brûlantes au moindre impact.


    Les soldats obscurcis, qui s'étaient engouffrés dans la pièce, furent forcés d'avorter leur tentative de prendre plus de terrain, et d'imiter leurs ennemis en se cachant derrière les différents terminaux de la pièce. La spécialiste en sécurité profita du très court répit que son couvert lui offrait pour activer un brouilleur, empêchant les défenseurs d'alerter des renforts. Le reste de son escouade s'efforçait de ne pas perdre l'échange de feu, ce qui consistait principalement à arroser les positions ennemies dans le but de les empêcher de manœuvrer et de riposter. La tâche ne s'annonçait d'ailleurs pas des plus simples : contrairement à l'armement plasma utilisé par les forces Léanths, l'armement balistique nécessitait de grandes quantités de munitions pour fonctionner, il était donc mal avisé d'user du tir de suppression à tout va, au risque de se retrouver à court de projectiles.


    Le chef d'escouade jeta rapidement un œil par-dessus son abri, évitant de justesse un projectile de plasma qui s'écrasa mollement contre la carcasse métallique du terminal, creusant un trou de la taille du poing dans ce dernier.

    « Ohliel, avec moi, on les arrose ! Khilak, contournement à droite, Keltek, contournement gauche ! À mon ordre... 3... 2... 1... Maintenant ! »
    Il se leva d'un coup, imité par Ohliel et tous deux ouvrirent le feu sur la position occupée par l'ennemi. La plupart d'entre eux s'étaient remis à couvert en voyant les deux soldats Obscurcis tirer, mais pas tous. Le dernier soldat ennemi à découvert ouvrit le feu à son tour, visant la spécialiste. Cette dernière reçut un tir de plasma en pleine épaule, ce qui arracha une bonne partie du revêtement renforcé de son armure en plus de brûler profondément la chair située en dessous. Elle ne put retenir un cri de douleur que seuls ses coéquipiers purent entendre, retransmis par l'émetteur courte portée. Le fantassin Léanth n'eut cependant pas l'occasion de tirer à nouveau : une balle venait de lui transpercer la mâchoire supérieure, le tuant sur le coup.


    Pendant que le chef d'escouade continuait à tirer ses hommes profitaient d'un répit tout relatif pour avancer de couvert en couvert, jusqu'à se retrouver sur les flancs de l'ennemi. D'ici, ils avaient une ligne de mire plus dégagée sur l'ennemi et purent commencer à ouvrir le feu sur les soldats Léanths. Ces derniers, dans une tentative désespérée, avaient ouvert le feu à tout va, ce qui les exposa plus que de raison. Cette erreur leur fut fatale : leur abri ne les protégeait plus efficacement, ce qui en fit une cible facile pour le chef de l'escouade Obscurcie qui put aligner trois tirs à la tête en moins de cinq secondes. Les casques Léanths, malgré leur apparence solide, n'étaient pas capable de résister à une balle tirée à moins de dix mètre. Les deux derniers ennemis restants furent éliminés par le médecin et l'artificier de l'escouade qui purent envoyer plusieurs salves dans leurs torses, transperçant leurs amures et la chair qui se trouvait derrière.



    « Zone sécurisée. » La voix du chef résonna une fois encore à travers les casques de l'escouade.
    « Khilak, Keltek, attachez les prisonniers. Ohliel, comment va ton épaule ?
    - Ça va aller, chef. Rien d'insurmontable.
    - Tant mieux. Tu t'occupes de la console, voir si tu trouves quelque chose d'intéressant. »
    La spécialiste s'avança jusqu'au terminal et balaya la substance rouge gélatineuse qui en maculait le clavier d'un revers de main. Elle regarda quelques instants l'écran qui, comme l'avait supposé son supérieur, retransmettait des images de la bataille en orbite puis lâcha :
    « Ah ouais. Ils se font vraiment péter la gueule, en fait.
    - Comment ça se passe, pour nous ? Lui demanda l'expert en explosifs, qui jetait lui aussi un œil à l'écran, curieux.
    - Je dirais que ça va bientôt être fini. Il ne leur reste que deux vaisseaux amiraux, dont un en sale état. Une poignée de croiseurs et de chasseurs. Et notre flotte avance pour le coup de grâce.
    - C'est plutôt bon ça, répondit son supérieur avec un sourire qui n'était pas visible à travers la visière. Mais si on veut que les choses continuent à bien se passer, va falloir trouver où sont les émissaires.
    - J'y travaille, chef. Mais ça risque de prendre un peu de temps étant donné qu'on a désintégré la moitié des terminaux de la salle. » lui indiqua la spécialiste tandis que l'écran tremblotant se mettait maintenant à afficher des plans.


    Tandis que l'interface dévoilait les détails des différentes pièces du complexe, le reste de l'escouade examinait les lieux, en vue d'éviter de se faire prendre par surprise de la même façon que les soldats Léanths maintenant neutralisés. Comme l'avait précisé la spécialiste, les terminaux n'avaient que peu apprécié les échanges de tirs. Certains d'entre eux étaient marqués de plaies profondes qui permettaient d'entrevoir leurs entrailles de composants électroniques fondus. La console centrale semblait avoir miraculeusement échappé aux tirs de plasma, et les quelques balles qui l'avaient traversée n'avaient visiblement pas touché de composant essentiel. Le reste de la pièce ne valait pas bien mieux : d'un côté, le mur — celui opposé au point d'entrée de l'escouade Obscurcie — était parsemé d'impacts de balles. Celui d'en face, quant à lui, comportait de nombreux cratères de métal fondu, Fort heureusement, son épaisseur avait empêché aux tirs de le traverser complètement, ce qui aurait été très problématique. Enfin, au cœur de la salle, gisaient les corps des soldats Léanths, baignant dans une mare de sang. Sur une injonction du chef d'escouade, ceux-ci furent entassés dans un coin de la pièce, derrière un terminal.


    Une fois les corps vaguement dissimulés, les hommes adoptèrent une position défensive au sein de la pièce. Le médecin se mit à couvert derrière un ensemble de terminaux, de façon à pouvoir couvrir l'entrée par laquelle ils étaient arrivés, et le spécialiste en explosifs fit de même en face de l'autre accès. Le chef, lui, rejoignit l'experte en sécurité et observa quelques instants l'écran avant de demander :

    « Alors, où est-ce que ça en est ?
    - J'ai trouvé un premier complexe de détention. Enfin, complexe c'est un grand mot pour trois pauvres cellules. Je vérifie juste s'il y en a d'autres.
    - Parfait, jubila son supérieur, et tu peux voir la liste des prisonniers, ou quelque chose du genre ?
    - J'y travaille. Mais, chef, il me semble que vous aviez parlé de capturer des prisonniers pour des informations. Maintenant qu'on en a, contre toute attente, ça pourrait être intéressant de leur poser la question.
    - C'était prévu, ne t'en fais pas. »
    Dernière édition par Maraudeur le Ven Oct 17, 2014 9:31 pm, édité 4 fois.
    Quand les Melrehns explosent des portes Cetyns, ils n'ont peut-être pas de médaille, mais au moins, ils ont un RP !
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Mer Aoû 13, 2014 10:56 pm

  • [HRP] Ceci constitue la seconde partie du RP. Si vous ne l'avez pas lue, je vous conseille de remonter et de lire la première partie. [/HRP]


    Il se tourna alors vers les prisonniers attachés qui eurent un mouvement de recul tout naturel pour des hommes dont les collègues venaient d'être massacrés. L'un d'entre eux laissa même éclater quelques sanglots qui firent se dessiner un rictus satisfait sur le visage de leur interrogateur. Ce dernier activa le haut-parleur intégré à son casque, permettant à sa voix d'en franchir l'isolation sonore et déclara, d'une voix la plus neutre possible :
    « Vous ne devriez pas vous inquiéter. Tant que vous répondez à nos questions, vous ne risquez rien. J'en profite pour ajouter que nous finirons par obtenir les informations que nous voulons, d'une manière ou d'une autre. Il désigna d'un geste la console derrière lui sur laquelle travaillait la spécialiste. Les informations dont vous disposez n'ont donc rien d'indispensable à nos yeux, ne croyez pas que nous hésiterons à vous éliminer si vous refusez de coopérer. Il marqua une courte pause, observant les réactions des prisonniers avant de reprendre : Première question : Vous avez des prisonniers Melrehns dans ce complexe. Combien ? »


    Il y eut quelques instants de flottement, durant lesquels les techniciens Léanths se cherchèrent du regard les uns les autres, tentant de décider s'ils devaient ou non refuser de répondre. Ils se décidèrent très vite dès que leur interrogateur braqua son arme sur l'un d'entre eux. Celui-ci, terrorisé, répondit à toute vitesse :
    « Trois ! Trois prisonniers !
    - Eh bien. Vous en avez mis du temps. À l'avenir, je vous suggère de répondre plus vite, sans quoi je pourrais perdre patience. Seconde question : Où sont-ils ? »
    Cette fois-ci, la réponse ne tarda pas. Le prisonnier qui avait déjà répondu à la première question s'empressa de répondre à la seconde :
    « Dans les geôles. Celles que vous avez vues sur les plans.
    - Vous faites des progrès. Troisième question : À quoi ressemblent les prisonniers ?
    - Je, je… je ne les ai pas vus, balbutia le prisonnier qui avait coopéré jusqu'ici. Je sais qu'il y a une femme, et deux hommes. Mais je ne sais pas à quoi ils ressemblent.
    - Il va falloir faire mieux que ça, reprit le chef d'escouade toujours calmement, en pointant son arme sur un autre prisonnier. J'espère que l'un d'entre vous les a aperçus au moins une fois ; ça augmenterait considérablement votre espérance de vie. »


    Il y eut un nouvel instant de silence durant lequel le chef d'escouade hésitait à tirer. Même si cela pouvait s'avérer relativement efficace pour convaincre les trois personnes restantes de parler, cela pouvait également le priver de la seule personne ayant croisé les émissaires. Il restait toujours l'option de tirer à côté, mais sans la détonation du coup de feu, l'effet serait bien moindre. Et il était tout simplement hors de question de tirer sans le mode silencieux ou de simplement blesser l'un des prisonniers : les cris du blessé ou la détonation risquaient d'attirer tous les soldats du complexe. Il se contenta finalement d'épauler son fusil, pointant son canon vers la tête de celui qui avait sangloté avant le début de l'interrogatoire. Des larmes coulèrent sur ses joues avant qu'il ne réponde, entre deux sanglots :
    « Pitié ! Je vous en supplie ! Je vous dirai tout ce que vous voulez ! Il renifla et tenta de se calmer avant de reprendre, tremblotant : La fille est blonde. Je... je sais pas comment elle s'appelle. Il y a un chauve à la peau… blanche... très blanche, avec des yeux rouges, je connais pas son nom non plus. Et le dernier… Il étouffa un nouveau sanglot. Et le dernier, il est brun. La peau claire, mais moins que l'autre. C'est tout ce que je sais, je vous en supplie ! »


    Le chef d'escouade abaissa son arme et désactiva le haut-parleur de son casque, s'adressant maintenant exclusivement à son escouade :
    « Je pense que ça suffit. Ça colle avec les infos qu'on nous a données, et je ne pense pas qu'ils aient assez de cran pour mentir. Ohliel, quelle distance jusqu'aux cellules ?
    - C'est pas très loin, répondit-elle, quelque chose comme deux cents mètres.
    - Pas très loin ? Demanda le spécialiste en explosifs, l'air surpris. Il fait quelle taille le complexe ?
    - D'après l'ordinateur, c'est un genre de demi-sphère d'un kilomètre de diamètre. Une bonne partie est utilisée par les systèmes de survie, mais ça ne change rien au fait que c'est grand. Enfin, pour un complexe militaire, ça reste assez petit, mais quand même...
    - Ça ira, Ohliel, l'interrompit son supérieur. Khilak et toi, vous allez rester ici. Vous tenez la salle, vous empêchez d'éventuels gêneurs de raconter à leurs copains que la salle de sécurité a été dévastée, que des gens sont morts, ce genre de chose. Et vous en profiterez pour nous donner les directions à suivre, compris ?
    - Chef, vous êtes en train de dire que je vais devoir rester tout seul avec cette timbrée ?
    - Tu sais ce qu'elle te dit, la timbrée ?
    - Bouclez-la, c'est pas le moment ! » Le chef d'escouade connaissait la capacité quasi-infinie qu'avaient ces deux là quand il s'agissait de se moquer l'un de l'autre. Cela restait amical et n'entachait généralement pas leur efficacité, sauf lorsque le moment était mal choisi. Voyant qu'ils ne continuaient pas leur petit jeu, il ajouta à l'intention du médecin :
    « Keltek, avec moi. On retrouve les émissaires. Une fois que ce sera fait, on appelle l'équipe d'extraction et on s'arrange pour que tout se passe bien jusqu'à ce qu'ils arrivent.
    - Question, chef. La spécialiste l'avait interrompu d'un geste de la main. Voyant son supérieur acquiescer d'un signe de tête, elle reprit : À quel moment est-ce qu'on vous rejoindra pour l'extraction ?
    - Bonne question. Pour être honnête, ça risque de se faire à l'impro. Il faudra trouver le bon moment.
    - Vous savez, chef, répondit l'expert en explosifs, si vous voulez nous abandonner ici, vous pouvez le dire carrément. »


    Sans même relever l'allusion, le chef d'escouade fit un signe au médecin. Celui-ci le suivit hors de la pièce dans la direction des geôles, laissant les deux membres de l'escouade restants seuls dans la salle de sécurité dévastée. Ces derniers se remirent en position, la spécialiste sur la console qu'elle avait occupée jusqu'ici et son coéquipier adossé contre un mur, embrassant les deux points d'accès du regard, son fusil entre les mains. Il profitait de cet instant de répit pour observer le travail de la spécialiste ; comment les mouvements de ses mains sur le clavier pouvaient arriver à faire afficher toujours plus d'informations sur l'écran vacillant restait un mystère pour lui. Il céda finalement face à sa curiosité et bascula son communicateur sur un canal à part, à destination de la spécialiste seule :
    « Et là, qu'est-ce que tu fais ?
    - Tu t'intéresses à ce que je fais ? Répondit-elle sur le même canal. C'est nouveau ? Si tu veux tout savoir, j'essaye d'avoir accès aux caméras de sécurité. Sauf que la console n'est pas censée récupérer les vidéos des caméras, du coup, je suis obligée de bricoler un peu les sécurités.
    - Et qu'est-ce que ça donne ?
    - Pour l'instant, pas grand-chose. Faut dire que des relais on sauté pendant l'assaut, ça arrange pas les choses. Normalement, les images doivent arriver sur cette console. Elle indiqua d'un geste la console derrière laquelle elle s'était abritée durant les combats. Et comme tu peux le constater, elle a été vaguement réduite à un tas de débris. Normalement, les informations transitent toujours, et il faut que j'arrive à…»


    Elle s'interrompit lorsque la voix de son chef d'escouade se fit entendre dans son casque.
    « Ohliel, on arrive à un croisement.
    - Je regarde ça. Elle vérifia les plans durant quelques secondes avant de reprendre : Croisement en T ? Avec une voie à votre gauche et l'autre en face de vous ?
    - C'est ça.
    - C'est le couloir à gauche. Et au bout du couloir, à droite. Et ensuite, c'est au bout du couloir.
    - Bien compris. Gauche, droite, et au fond du couloir. »
    Une fois les indications données, elle s'attela de nouveau à sa tâche. Elle fut également tentée de reprendre la conversation avec son coéquipier, mais se ravisa et préféra attendre qu'il pose de nouveau une question. Elle n'eut finalement pas à attendre : sa dernière tentative venait de porter ses fruits : une image de la salle de sécurité venait d'apparaître sur l'écran.
    « Dis moi, Ohliel, c'est super utile, ça, se moqua l'expert en explosifs. Obtenir les images d'une pièce dans laquelle on est déjà, non, sincèrement, c'est l'utilité au comble du paroxysme, ajouta-t-il alors qu'il faisait un signe de la main à la caméra tout en surveillant son image sur l'écran.
    - C'est ça, fous toi de ma gueule, répondit la spécialiste avec un petit sourire. N'empêche que c'est pas grâce à toi qu'on a réussi. Et regarde : je peux même visionner d'autres pièces ! »


    Elle perdit très vite son sourire lorsque les images de ce qui ressemblait à une salle de briefing apparurent à l'écran. À l'intérieur de celle-ci, on comptait facilement soixante soldats Léanths, équipés, visiblement en train de préparer des itinéraires de patrouilles renforcées. Derrière eux, un écran diffusait des images de la bataille qui se déroulait en orbite. Les derniers vaisseaux Léanths se faisaient réduire en pièces, ce qui avait amené le personnel au sol à supposer l'imminence d'un assaut. Découvrant le problème en même temps que sa coéquipière, le spécialiste en explosifs laissa échapper un juron et rebascula son émetteur sur le canal d'escouade :
    « Chef, ça risque de pas vous plaire.
    - Qu'est-ce qu'il se passe ? Un problème ?
    - Plutôt, oui, répondit la spécialiste. Je viens d'obtenir l'accès aux images des caméras de surveillance. Et… Vous savez, quand vous vous demandiez pourquoi il n'y avait pas grand monde ?
    - Oui, et ? Vous savez où ils sont ?
    - Affirmatif, chef, reprit l'expert en explosifs. Dans un genre de salle de briefing. Y en a un sacré paquet. Et tous équipés. Apparemment, ils vont se mettre en route d'ici peu de temps.
    - En route ? Vers les cellules ? demanda le chef, soudain inquiet.
    - Pas sûr, répondit la spécialiste qui continuait d'observer les images sur l'écran. Ils risquent de se mettre en route un peu partout. D'après les plans qu'on voit sur les écrans, ils ont l'air d'avoir prévu des itinéraires de patrouille à travers tout le complexe.
    - Chef, commença le médecin, ça pourrait être une bonne idée d'appeler l'équipe d'extraction tout de suite. Le temps que le transport se fasse repérer, on aura sécurisé les émissaires.
    - Bonne idée, approuva son supérieur. Ohliel, Khilak, vous vous occupez de ça. Prévenez-nous si vous avez du nouveau. De notre côté, on arrive aux cellules dans cinq minutes. Terminé. »


    La spécialiste se remit alors au travail, accédant à toujours plus de caméras dans le but de surveiller les mouvements ennemis. Les images montraient une salle, puis une autre jusqu'à ce qu'apparaissent des images du hangar. Son coéquipier surveillait l'écran avec attention tout en branchant son communicateur longue portée et une idée lui vint à la vue de la grande salle dédiée aux arrivées des vaisseaux. Il s'empressa de réactiver la communication sur le canal d'escouade :
    « Chef, pour l'extraction, plutôt que de se poser à l'extérieur comme prévu, on pourrait profiter du hangar ennemi ?
    - Effectivement. Ça pourrait nous faire repérer, mais comme ça risque d'arriver très rapidement de toute façon, je dirais qu'on n'est plus à ça près. Qu'est-ce que tu en penses, Ohliel ?
    - C'est surprenant qu'il puisse avoir de bonnes idées, chef, répondit l'intéressée avec un brin d'humour. Normalement, je devrais pouvoir accéder aux commandes du hangar. Et ça nous évitera d'avoir à équiper les émissaires de combinaisons de protection.
    - Parfait. Prévenez-les, ordonna son supérieur. Qu'ils se posent dans le hangar et qu'ils commencent l'assaut le plus vite possible. »


    La communication s'interrompit de nouveau, et l'expert en explosifs acheva l'assemblage du communicateur longue portée. Celui-ci devait permettre de communiquer avec la navette restée au sol qui retransmettrait le signal à la flotte en orbite. Pendant ce temps, le chef d'escouade et le médecin arrivait devant la porte du bloc de cellules. Le chef fit un signe à son équipier, qui alla se placer contre le mur, juste à côté de la porte. Son supérieur l'imita et vint se placer derrière lui.
    « Ohliel, tu peux avoir une image des cellules ? Demanda-t-il avant de lancer l'assaut.
    - Affirmatif, je vous trouve ça, chef. Il y eut quelques secondes de silence avant que sa voix ne se fasse entendre de nouveau : Deux gardes, chef. Ils ont l'air d'être occupés à emmerder les prisonniers. Ils tournent le dos à la porte et… Et depuis la porte, vous devriez avoir une ligne dégagée, sans risque de toucher les émissaires.
    - Chef, j'ai prévenu l'équipe d'extraction, ajouta l'expert en explosifs. Ils arrivent d'ici un quart d'heure.
    - Bon travail, répondit son supérieur. Continuez à tenir la salle de sécurité, et tout se passera bien. On lance l'assaut sur le bloc de cellules. Terminé. »


    Une fois la communication coupée, il mit une tape sur l'épaule du médecin, indiquant de ce fait l'imminence de l'assaut. Le médecin pressa le bouton d'ouverture de la porte et entra dans la pièce, arme en main. Sa cible avait à peine fini de se retourner lorsqu'un tir lui traversa le crâne. Quant au second garde, il n'eut que peu de temps pour réaliser ce qui se passait. Il vit le médecin braquer son arme dans sa direction tandis que le chef d'escouade entrait à son tour dans la salle. Plutôt que de brandir son arme, dont la sécurité était toujours enclenchée, il empoigna le couteau à sa ceinture et se rua sur les soldats Obscurcis. Le médecin, surpris par cette réaction imprévue, esquiva de justesse le coup qui lui était porté. Il riposta d'un coup de crosse qui fit craquer l'épaule de son adversaire de façon malsaine. Ce dernier, malgré le coup qu'il venait d'encaisser, se précipitait à nouveau sur lui. Il fut arrêté dans son élan par la baïonnette du chef d'escouade qui lui transperça le côté droit.


    Les gardes maîtrisés, les soldats Obscurcis purent se concentrer sur la raison de leur présence ici : les émissaires. Chacun occupait une cellule, cellules qui ne comportaient qu'un lit et le nécessaire pour assouvir les besoins les plus primitifs. Les deux hommes prisonniers s'étaient levés et approchés des grillages de sécurité une fois les ennemis neutralisés. La femme, elle, semblait assez mal en point et parvint tout juste à s'asseoir, s'adossant contre le mur derrière elle. Le chef d'escouade lui jeta un regard, et remarqua très rapidement que malgré la ressemblance avec la photo qui lui avait été fournie avant la mission, son visage avait beaucoup changé. Ses traits étaient creusés par la fatigue, et son corps tout entier exprimait la fatigue. Des ecchymoses parsemaient son visage, chose qu'on ne retrouvait pas chez les deux autres prisonniers. On ne pouvait que conjecturer sur la raison de ce traitement particulier : peut-être était-il dû à son rang supérieur, peut-être était-il dû à d'autres raison bien moins avouables. Mais malgré les blessures et la fatigue apparente, elle restait d'une beauté saisissante, et l'impression de fragilité qui émanait d'elle contribuait encore plus à l'embellir.


    Le chef d'escouade, qui faillit se perdre dans ses réflexions tandis qu'il contemplait la jeune femme, ordonna à son coéquipier d'aller s'occuper d'elle. Ce dernier acquiesça d'un signe de tête, récupéra la carte de sécurité que portait le garde qu'il avait abattu, et ouvrit la porte. De son côté, son supérieur entreprenait d'ouvrir les cellules des deux autres émissaires. Une fois les portes ouvertes, il déclara devant deux hommes peinant à croire qu'ils étaient libres :

    « Ne vous en faites pas. On va vous sortir de là.
    - Comment va-t-elle ? Demanda l'homme chauve en désignant sa collègue laissée aux soins du médecin.
    - Pas très bien, répondit ce dernier. Je ne sais pas exactement ce qu'ils lui ont fait, mais une chose est sûre : ça ne lui a pas fait beaucoup de bien.
    - Les salauds ! » C'était au tour du second prisonnier de parler. Il était d'assez petite taille, et ses cheveux bruns étaient assez atypique pour un Melrehn. Ils contrastaient d'ailleurs de façon assez marquée avec sa peau qui, bien que moins claire que ce qu'on pouvait trouver chez le Peuple Mort, était d'une pâleur prononcée.
    « Vous les auriez vus, quand ils l'emmenaient, reprit-il, ils avaient ces petits sourires sadiques. Elle se débattait, elle criait, mais ils arrivaient quand même à l'emmener. Et après… Il semblait hésiter quant à raconter ce qu'ils avaient vus et entendus, mais il reprit finalement : et après, on l'entendait hurler. Elle devait être dans une salle à côté. Je crois qu'ils la torturaient.
    - C'est fini, les rassura le chef d'escouade. On va vous tirer de là, ne vous en faites pas. »


    Il s'apprêtait à retrouver la jeune femme, pour tenter de comprendre ce qu'elle avait subi durant son incarcération quant la voix de la spécialiste en sécurité se fit entendre à travers son casque :
    « Chef, on a encore un problème.
    - Qu'est-ce qui se passe ?
    - Disons que l'ennemi a jugé bon de prendre des nouvelles de l'escouade qu'on a descendu tout à l'heure. Ils les ont appelé sur leur communicateur. Khilak va essayer de leur monter un flan, mais je crois que c'est pas gagné.
    - Fierfek ! Tenez-moi au courant si ça dégénère.
    - Chef, lui répondit la spécialiste, si ça dégénère, je pense qu'on n'aura même pas besoin de vous prévenir.
    - Combien de temps avant que l'équipe d'extraction arrive ?
    - Un peu plus de cinq minutes, chef.
    - Faites de votre mieux pour les retarder. Et gardez le contrôle de la salle jusqu'à ce que nos vaisseaux soient arrivés.
    - On s'en occupe, chef. Terminé. »


    Une fois la communication coupée, la spécialiste se tourna vers son coéquipier, aux prises avec le communicateur de celui qui semblait avoir été le chef de l'escouade Léanth. Il avait retiré son casque pour éviter que sa voix ne soit trop déformée et tentait de donner des réponses convaincantes aux questions qui lui étaient posées :
    « Négatif. Tout va bien ici. »
    La spécialiste ne parvenait à entendre que les réponses de son équipier, aussi devait-elle se contenter de suppositions quant aux questions qu'on lui posait.
    « Je confirme, rien à signaler… Ah ? Le retard ? Excusez-nous, on a passé un peu de temps dans la salle de sécurité... Vous comprenez, pour regarder la bataille... Entendu. On arrive au plus vite. »
    Il reposa le communicateur du soldat décédé, réfléchit quelques instants et posa son regard sur la spécialiste. Il déclara, l'air gêné :
    « Ouais, j'ai pas vraiment assuré sur ce coup.
    - Qu'est-ce que tu leur as dit ? Demanda la spécialiste, à la fois curieuse et inquiète.
    - Je leur ai dit qu'on les rejoignait en salle de briefing. Inutile de te dire qu'ils vont vite se poser des questions.
    - Fierfek ! J'espère juste qu'on aura le temps de se barrer d'ici avant qu'ils décident de se pointer. Sinon, à deux… Enfin, à une et demi, on va pas tenir longtemps.
    - C'est ça, c'est ça. En attendant, je vais aller préparer une surprise à ces connards. Si jamais ils décident de nous rendre visite plus tôt que prévu. »


    Il équipa de nouveau son casque, le petit son d'échappement de l'air lui indiquant que son armure était de nouveau totalement étanche. Il attrapa son paquetage, fouilla quelques instants à l'intérieur avant d'en sortir plusieurs cubes de ce qui pouvait ressembler à de la pâte à modeler. Il commença à malaxer ce qui s'avérait être de l'explosif jusqu'à avoir deux grosses boules. Il attrapa ensuite un sachet de billes métalliques de son sac et les intégra dans la préparation. Il sembla cogiter quelques instants et se résigna finalement à demander l'avis de sa coéquipière :
    « T'as une idée de la façon dont je pourrais camoufler ces trucs ?
    - C'est toi l'expert en explosifs. Pas moi, répondit-elle. Elle réfléchit quelques instants et ajouta : Mais est-ce que ça irait si tu les fourrais dans les blocs de commande d'ouverture des portes ?
    - Ça pourrait aller, oui. Il lui tendit une des boules d'explosif. Tiens. J'ai mis le détonateur. Il n'y a plus qu'à le planquer. Si jamais ça rentre pas, tasse un peu. C'est stabilisé, ça ne risque rien. Enfin, presque.
    - Et voilà. Qui c'est qui se retrouve à faire ton travail ? C'est moi. C'est pas demain que l'inverse arrivera. »


    Tout en prononçant sa dernière réplique, elle s'était dirigée vers une des portes de la pièce, celle par laquelle ils étaient rentrés. Elle posa les explosifs au sol, saisit le tournevis dans son paquetage et attaqua le démontage du bloc de commande. Le mur semblait épais, et le bloc de commande occupait un volume relativement important, permettant à toute une flopée de câbles de tenir derrière. La spécialiste arracha ces derniers, ils ne servaient qu'à commander l'ouverture et la fermeture de la porte depuis le panneau de commande extérieur. Une fois les câbles retirés, elle s'appliqua à bourrer les explosifs dans le renfoncement. Une fois satisfaite, elle revissa le panneau. Elle vérifia quelques secondes que rien ne dépassait ou ne trahissait la présence d'explosifs. Satisfaite, elle retourna dans la pièce, fermant la porte derrière elle à l'aide du panneau intérieur.


    À l'intérieur, son coéquipier l'attendait déjà. Il était de nouveau penché par-dessus le cadavre du chef d'escouade Léanth et tenait son communicateur entre les mains. Il se retourna et posa son regard sur la spécialiste :

    « Ils ont appelé pendant qu'on installait les explosifs… J'aurais du prendre le communicateur avec moi. Si ça nous tombe pas dessus d'ici cinq minutes, on aura de la chance.
    - T'as essayé de répondre ? Ils t'ont dit quelque chose ?
    - Ouais… Ils m'ont dit d'aller me faire foutre et qu'ils allaient venir nous péter la gueule.
    - De toute façon, ils se doutaient déjà de quelque chose. On prévient le chef, et on se prépare à les re… »
    Elle interrompit sa phrase brutalement lorsqu'une voix novelle résonna dans son casque :
    « Ici transport d'assaut. On a repéré le hangar. On arrive d'ici environ une minute. Omicron 4, vous pouvez nous ouvrir ?
    - Ici Omicron 4-2, répondit la spécialiste. Je lance la procédure d'ouverture du hangar. Dites à vos hommes de faire attention, ça risque de grouiller de Léanths.
    - Bien compris, Omicron 4-2. Si tout se passe bien, on se retrouve tout à l'heure. »


    La spécialiste ne put retenir un rire jaune et déclara, à l'attention de son coéquipier :
    « Ah ! Si tout se passe bien… C'est mal parti.
    - Arrête avec ton défaitisme. Déjà, quand la porte va leur sauter à la gueule ça va les calmer ces cons.
    - Ouais, mais on va en avoir combien ? Une dizaine, à tout casser ? Ils sont soixante ! Comment tu veux qu'on tienne contre soixante soldats ?
    - On tiendra bien jusqu'à l'arrivée du peloton. Maintenant boucle-la, je préviens le chef. »
    Il bascula son communicateur sur le canal d'escouade, le mettant ainsi en relation avec le chef d'escouade et le médecin. Il les informa rapidement de la situation peu appréciable dans laquelle ils se retrouvaient :
    « Chef ! Ils se mettent en route. Ils savent qu'on a pris le contrôle de la salle de sécurité, et ils se dirigent droit sur nous. Et je suppose qu'ils vont envoyer des gens vérifier les cellules aussi.
    - Fierfek ! Tenez bon jusqu'à l'arrivée des renforts, on va vous sortir de là !
    - Bien compris, chef, lui répondit l'artificier sans grande conviction. On va essayer de les retenir. »


    La communication coupée, les deux commandos se mirent en position dans la pièce. Ils choisirent des consoles qui n'avaient pas trop souffert de l'affrontement précédent, et de préférence assez épaisses pour encaisser plusieurs tirs. Entre eux, sur la console centrale, apparaissaient les images des caméras des deux couloirs d'accès. Une voix, celle du lieutenant Mardek, traversa leurs casques, annonçant que le transport avait touché le sol et que le peloton d'attaque commençait son assaut. Une trentaine de secondes plus tard, des silhouettes apparaissaient sur les images des caméras. La spécialiste inspira longuement et posa son regard sur l'artificier, et lui annonça :
    « C'est pour bientôt. J'espère que tu seras moins mauvais que d'habitude, sinon on est mal.
    - Tu vas voir ! Attends qu'ils soient plus nombreux autour des portes… Ça va faire mal, ajouta-t-il avec un sourire cruel.
    - Y a intérêt, oui. Sinon on va avoir du mal à tenir jusqu'à l'arrivée des renforts. »


    Sur ces mots, elle repassa son arme en mode normal. Au point où ils en étaient, le silence n'était plus nécessaire et seule comptait la puissance de feu. L'écran continuait à afficher les images des soldats Léanths, toujours plus nombreux, qui se mettaient en position devant les portes. Voyant qu'elles ne s'ouvraient pas ils tentèrent d'ouvrir le boîtier de commande, commettant l'erreur fatale de s'agglutiner autour. Les déflagrations qui suivirent furent assourdissantes. Pendant quelques instants, l'image disparut des écrans, éclipsée par une lumière aveuglante. Des cris retentirent peu après, ceux que dont l'armure avait été perforée par les billes sans toutefois que ces dernières n'arrivent à les tuer. Seuls les soldats en première ligne étaient morts, les autres avaient été soufflés par l'explosion et se remettaient lentement de l'onde de choc sans sembler réellement blessés. Ceux-ci se remettaient en place et commençaient à tirer sur la porte dans le but de la faire fondre.


    Les premiers trous apparaissaient dans les portes déjà mal en point suite à l'explosion. Une grenade lancée par l'artificier vola au travers de l'un d'eux et explosa de l'autre côté, tuant de nouveaux soldats tout en agrandissant du même coup les trous déjà présents dans la porte. Il empoigna son arme et commença à tirer dans les orifices, tentant de blesser les ennemis qui se tenaient derrière la porte. De l'autre côté, la porte avait fini par céder sous le plasma et la spécialiste faisait tout ce qu'elle pouvait pour interdire l'accès aux forces Léanths. Les tirs fusaient des deux côtés et les Léanths semblaient hésiter à avancer, ce qui arrangeait bien la spécialiste. Les échanges de tirs continuaient jusqu'au moment où l'arme de la commando Obscurcie fut vide. Elle rechargea à la vitesse de l'éclair, mais pas assez vite pour empêcher deux soldats ennemis de pénétrer dans la pièce. Réussissant à en abattre un, elle concentra ses tirs sur le second, tout en veillant à ce que personne d'autre ne rentre dans la pièce.


    Quelques secondes plus tard, elle vit une grenade voler dans la pièce. Ses réflexes prirent le dessus et elle se jeta sur le côté, s'abritant derrière un autre terminal. L'explosion de plasma acheva la console centrale et désintégra celle derrière laquelle elle était abritée jusqu'alors. Les prisonniers, encore attachés devant la console centrale, furent tué instantanément par l'explosion. Les fantassins ennemis avaient profité de l'explosion pour pénétrer dans la pièce. Deux d'entre eux étaient sur le point d'entrer à leur tour quand ils furent fauchés par des tirs venant de l'extérieur. Comprenant que leurs renforts venaient d'arriver, les deux commandos Obscurcis se concentrèrent sur les ennemis déjà à l'intérieur de la pièce. Ces derniers étaient en supériorité numérique, mais visiblement moins bien entraînés. Et l'armement plasma, bien que mortellement efficace, avait une cadence de tir bien moindre que celle des armements plus conventionnels. C'est ce point là dont se servit la spécialiste. Elle attendit une salve de tirs ennemie puis sortit de son couvert, et put aligner deux tirs bien placés : un à la tête et un autre en plein torse. Elle se replaça très rapidement à couvert après avoir constaté que de son côté, son coéquipier ne s'en sortait pas trop mal. Sa position lui offrait une couverture sur tous les côtés et il avait réussi à empêcher l'ennemi de trop rentrer dans la pièce.


    Il finit par éliminer le dernier soldat qui était entré de son côté avant de se tourner vers l'autre point d'accès. Il ne parvenait pas à avoir une ligne de vue dégagée sur l'ennemi, aussi il dut changer de position, priant pour que de nouveaux ennemis ne parviennent pas à entrer dans la pièce. Pris entre deux feux, les soldats Léanths restants n'avaient que peu d'option. Leur nombre s'amenuisait au fil du temps, à chaque fois qu'ils commettaient une erreur. Finalement, il n'en resta plus qu'un qui jeta son arme au sol, dans l'espoir d'être épargné. Hélas pour lui, la pitié était un luxe que les commandos ne pouvaient se permettre : il fut éliminé rapidement. Les commandos se mirent alors en position à côté de la porte, prêts à sortir. Les tirs fusaient toujours, et un semblant de no man's land s'était constitué dans le couloir. L'artificier Obscurci activa son communicateur et demanda :

    « Ici Omicron 4-4 à équipe d'extraction. Est-ce qu'il serait possible de nous couvrir le temps qu'on sorte ?
    - Affirmatif, Omicron 4-4, lui répondit une voix qu'il identifia comme étant celle du lieutenant Mardek. On va envoyer un tir de suppression. Collez bien le mur et attendez mon signal. »


    Il s'écoula quelques secondes avant que l'odre ne retentisse dans les casques :
    « Maintenant ! Sortez ! »
    Les tirs s'étaient mis à crépiter dans le couloir. Deux soldats Obscurcis armés de mitrailleuses lourdes s'étaient mis à tirer et arrosaient le couloir, empêchant toute personne sensée de passer la tête pour voir ce qu'il se passait. Les commandos Obscurcis, eux, rasaient les murs, se faisant les plus petits possible. Après ce qui leur parut être une éternité, ils arrivèrent jusqu'aux forces venues les aider.
    « Merci, Lieutenant ! » La spécialiste semblait vraiment soulagée d'être sortie de ce guêpier et comptait bien remercier l'homme qui en était responsable.
    « On verra plus tard pour les remerciements, lui répondit ce dernier. Pour l'instant, contentez-vous de bouger vos culs ! On retourne au hangar ! »
    Le groupe se mit en mouvement par à-coup, tout en continuant de couvrir ses arrières. Les tirs continuaient à traverser le couloir. La tête d'un soldat Obscurci encaissa un tir de plasma. Le casque n'était pas arrivé à absorber la totalité du tir et le visage du malheureux s'était embrasé à cause de la chaleur, laissant une torche humaine hurler de douleur dans le couloir.


    Au terme d'un trajet long et difficile, occasionnant de nombreuses pertes dans les deux camps, les deux commandos avaient fini par rejoindre le hangar. Leur chef les y attendait avec les émissaires libérés et ils se dépêchèrent de le rejoindre, couvert par leurs alliés. Une fois tout le monde à bord, les portes du vaisseau se refermèrent, et ce dernier franchit le champ d'énergie qui isolait le hangar de l'environnement hostile de la planète. Les soldats se décontractèrent, soulagés d'avoir survécu à la mission, ou pleurant leurs camarades tombés au combat. Le chef de l'escouade des forces spéciales retira son casque, dévoilant une peau inhabituellement foncée et un visage couvert de sueur. Des cheveux assez courts lui collaient à la peau. Il se tourna vers la femme qu'ils avaient sauvée et lui dit :

    « Chef d'escouade Tarka Kilther. Escouade Omicron 4 des Forces Spéciales Obscurcies. Ne vous inquiétez pas, vous êtes tirée d'affaire. »
    Quand les Melrehns explosent des portes Cetyns, ils n'ont peut-être pas de médaille, mais au moins, ils ont un RP !
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