Sombre époque en Aelron

Une déclaration de guerre ? Une bataille épique à raconter ? Venez ici !
Mar Juin 28, 2016 12:16 pm

  • «  L'entrée dans le XVIIe Millénaire marquera, pour Aelron, le début d'une ère nouvelle. A l'heure où ce cadran semble avoir concentré vers lui l'écrasante majorité des richesses d'Aelden, l'émergence de deux grandes puissances concurrentes dans un espace si restreint ne peut laisser imaginer que deux options pour ses habitants : l'avènement d'une période de prospérité immense issue du commerce et de l'échange, ou l'imminence d'une furie sanguinaire motivée par le repli identitaire et l'égoïsme des factions.»

    Professeur J. Lavay_Vühvnir, XXIe conférence internationale sur la géopolitique d'Aelden


    Une langue de feu s'éleva dans le ciel d'encre de Ténébris. Le fracas assourdissant de l'explosion fit vibrer tous les délicats vitraux du quartier des ambassades de la capitale Melrehnne à plusieurs kilomètres à la ronde. Sous les regards inquiets de la foule pressée aux fenêtres, la permanence de l'Autorité Centrale d'Aelden [ACA] finissait de partir en fumée. On dénombra 54 morts et 76 blessés.


    Nouvelles manifestations émaillées de violences sur les mondes morts. « Les Cetyns menacent moins notre identité culturelle que l'ACA » , « Les lumineuses idéologies des autres Factions n'ont pas à s'appliquer aux Melrehns » et « Mort à l'Empire ! » en sont les principaux slogans. 96 400 interpellations sur le seul monde du Cercle de la Lune Brisée, 21 611 blessés légers.


    Énième affaire d'arrestation d'un espion Amaranth infiltré dans les hautes sphères des autorités Melrehns. La faction Morte s'embrase, l'ambassadeur melrehn sur Amaranth est rappelé, toutes les liaisons commerciales vers l'Empire sont suspendues.


    Un colonel de la Flotte de l'Ombre fait abattre sans sommation une frégate Amaranth s'étant trop approchée des frontières melrehnnes. L'officier est mis à pied le temps de l'enquête. Manifestations monstres à travers les terres sombres, 129 milliards de personnes dans les rues.


    Scandale autour d'un présumé détournement de fonds issus de la lutte contre les Cetyns. Plusieurs nations melrehnnes et amaranths sont impliquées, dont certaines s'exilent auprès de la République Corporatiste Adréane. Face aux pressions internes menaçant l'intégrité de la faction Melrehnne, les grands maîtres convoquent les sombres Oranors de l'Echine de Fer sur Ténébris.



    Dans le crépuscule du XVIe millénaire, les ombres s'agitaient en Aelron. Le ballet de ces filles des ténèbres et de la lumière évoquait désormais le sombre requiem qui se jouait entre leurs insaisissables parents. Dans les profondeurs insondables des territoires Melrehns, de bien terribles projets étaient forgés. L'éclat nouveau des Amaranths indisposait à l'excès leurs taciturnes voisins.

    ***



    Le 11 Jileahn de l'an 16.980 TSU une transmission ouverte fut envoyée sur la Citadelle Amaranth :

    « A Horace IV et aux nations affiliées à l'Ordre de la Citadelle Amaranth,

    Le conflit nous opposant aux Cetyns ne peut servir à masquer tous vos crimes. Pensiez vous que votre prétendue « lutte contre l'ennemi commun » suffirait à dissimuler votre nature profonde et vos ambitions véritables ?
    Votre impérialisme n'a d'égale que votre vanité. De tels vices menacent l'existence même de notre civilisation, et nous ne pouvons rester plus longtemps spectateurs d'une telle mascarade.

    Par la présente, les Melrehns de l'Echine vous reconnaissent donc coupables de détournement de fonds tirés du conflit contre les Cetyns et d'expansionnisme agressif dirigé contre tous les peuples d'Aelron.
    En conséquence de quoi l'Echine de Fer déclare la guerre à votre Ordre de la Citadelle Amaranth. Puisse Aelron être purgé de votre écœurante existence. Que les ténèbres vous emportent !

    Leurs Noirceurs dirigeantes de l'Echine ».



    Quelques minutes seulement après réception, des signaux d'alerte fleurirent de toute part aux frontières de l'OCA. Les points de surveillance remontaient massivement l'arrivée dans l'espace conventionnel Amaranth d'armadas aussi noires que la nuit. Sur les terminaux de la Citadelle, les images affichées ne renvoyaient plus que de sinistres nouvelles. Les premières frappes avaient commencé.
    Le temps a raison de toute chose
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Mar Juin 28, 2016 3:30 pm

  • Lorsque les alarmes se mirent à sonner, Dame Shalen – en alerte depuis de récentes attaques melrehnnes au cœur même des terres de l'Ordre – se leva d'un bond. Sur les écrans de la salle de contrôle, les points rouges représentants les flottes ennemies fleurissaient. Un officier lui fit signe qu'une communication l'attendait. D'un geste, Dame Shalen l'activa pour se retrouver face au visage de son Amiral, Obéron.

    — Ma Dame, je me trouve actuellement à la Citadelle. Nous venons de recevoir un message de haute priorité, à notre intention mais diffusé publiquement par les dirigeants melrehns de l’échine de Fer.

    « A Horace IV et aux nations affiliées à l'Ordre de la Citadelle Amaranth,

    Le conflit nous opposant aux Cetyns ne peut servir à masquer tous vos crimes. Pensiez-vous que votre prétendue « lutte contre l'ennemi commun » suffirait à dissimuler votre nature profonde et vos ambitions véritables ?
    Votre impérialisme n'a d'égale que votre vanité. De tels vices menacent l'existence même de notre civilisation, et nous ne pouvons rester plus longtemps spectateurs d'une telle mascarade.

    Par la présente, les Melrehns de l'Échine vous reconnaissent donc coupables de détournement de fonds tirés du conflit contre les Cetyns et d'expansionnisme agressif dirigé contre tous les peuples d'Aelron.
    En conséquence de quoi l'Échine de Fer déclare la guerre à votre Ordre de la Citadelle Amaranth. Puisse Aelron être purgé de votre écœurante existence. Que les ténèbres vous emportent !

    Leurs Noirceurs dirigeantes de l'Échine ».


    La voix du message mourut, plongeant les deux centres opérationnels, celui de la Citadelle, et celui d'Eohem, dans le silence. Dame Shalen digéra les informations, puis se redresse.

    — Envoyons une réponse, et qu'elle soit diffusée partout où cela est humainement possible.

    Le matériel fut prêt en quelques minutes.

    — Peuple impérial, peuple mort, peuple d'Aelden. Je me présente, Dame Shalen, dirigeante de l’Empire d’Eohem, et Sœur de l'Ordre de la Citadelle Amaranth. Certains ne sont pas sans le savoir, l'Échine de Fer vient tout juste de déclarer la guerre à l'Ordre, sous la justification de nous faire payer des fonds soi-disant détournés dans la guerre contre Cetyn.

    Une pause, pour bien laisser le temps à ceux qui n'avaient pas eu vent de la situation de la saisir.

    — Ces allégations sont fausses. Jamais un impérial n'a détourné de fonds de l'ACA. Je précise en outre que si détournement il y a, il ne peut venir que du peuple mort qui se chargeait de centraliser les dons. L'Empire trouve effarant que l’Échine de Fer nous accuse de détourner des fonds qu'ils géraient.
    Mais ce n'est pas tout. Nous allons vous montrer que les melrehns, malgré leurs dires sont des traîtres au regard d'Aelden.
    En effet, là où les forces impériales sont majoritairement composés de vaisseaux luttant contre l'Unitarian, celles du peuple mort sont spécialisés dans la destruction de croiseurs et de cuirassés, châssis absents des armadas Cetyns. Mais ce n'est pas tout, alors que nous luttions pour empêcher les Cetyns d'amasser les photopiles nécessaires à la réalisation de son sombre dessein, l'Échine de Fer s’évertuait à contrer nos actions. Leur félonie est telle qu'ils en sont arrivés à défendre les concentrateurs de l'Unitarian contre les forces impériales. Pis encore, ils ont satomisé de plusieurs étoiles secondaires autour de la forteresse Cetyn, aidant celui-ci à amasser plus rapidement l'énergie nécessaire à la création du Celestus, et donc, à l'activation du S-pylar. Ainsi, notre prétendu traîtrise – clamée haut et fort par les félons– n'est qu'un feu de paille censé détourner l'attention de leurs propres actions. Nous ne connaissons que peu les coutumes et lois du peuple mort. Cependant, dans l'Empire, la trahison est payée chèrement. Espérons que les instances dirigeantes du peuple mort ne fermeront pas les yeux sur la gangrène qui ronge actuellement les melrehns.

    Nos visées impérialistes, si souvent décriées par les mêmes melrehns qui nous accusent aujourd'hui n'ont jamais été prouvées. Bien entendu, l'Empire s’étend, nous revendiquons régulièrement de nouveaux territoires pour assurer l'avenir de nos mondes. Mais là encore, l'Échine de Fer essaye de détourner l'attention. Le peuple mort, sous leur impulsion conquière, souvent par la force de très nombreux territoires, bien plus que ce que l'Empire n'a jamais osé espéré revendiquer. Leurs armadas écrasent les peuplades plus faibles de Varden, ravageant mondes et forces assemblées contre l'Unitarian, dérobant des fonds qui devaient servir à financer la lutte dont ils se prétendent les défenseurs. Je le répète, qui sont vraiment les traîtres dans cette affaire ?

    Nous avons toujours combattu Cetyn avec ferveur. Notre industrie, complètement tournée vers l'effort de guerre contre l'Unitarian produit une grande partie des vaisseaux luttant contre l'Unitarian. Dans son attaque surprise sur nos centres industriels, l'Échine de Fer a détruit plus de vaisseaux et d'infrastructures anti-Cetyn que l'Unitarian depuis son arrivée. Nos pertes humaines s'élèvent à plusieurs centaines de millions, officiers, matelots, radoubeurs et techniciens. Mais aussi les civils nécessaires à l'implantation de telles stations spatiales. Les pertes matérielles et militaires sont telles que nous ne pourrons plus combattre les Cetyns avant plusieurs années. De plus, cette déclaration de guerre, synonyme d'extermination de masse de la bouche des dirigeants de l’Échine de Fer nous oblige à nous défendre, laissant Cetyn prospérer en Aelron, libre de mettre à exécution ses menaces.

    Tout ceci n'est donc qu'une mascarade pour évincer la seule puissance pouvant contester leur hégémonie. Nous regrettons de tels actes, nous espérons que l’Échine de Fer se rendra compte de la menace qu'elle fait peser sur tous les peuples libres d'Aelden. Le cas échéant, nous espérons que le peuple mort ouvrira les yeux et combattra pour la justice – et pour sa survie contre l'Unitarian qui l'exterminera en cas de victoire.

    L'Empire Amaranth, et l'Ordre de la Citadelle en particulier implore votre pardon. Nous avions juré de combattre Cetyn, nous avons failli. Puisse la lumière de l'Empereur nous absoudre de nos fautes.


    Dame Shalen reprit son souffle, laissant un léger suspens.

    — Peuple d'Aelron. Nous avons toujours combattu avec vous, et pour vous, au contraire de l’Échine, qui n’a jamais combattu que pour ses idéaux. Ne vous laissez pas berner par leurs mensonges. Si l’Ordre a parfois été dur et a fait quelques faux pas, ce n’est rien face à l’ignominie de l’Échine.

    Cette fois, Dame Shalen s’adressa directement aux responsables de l’Échine.

    — L’Ordre vous somme de stopper vos attaques. Persévérez et vous montrerez votre véritable visage à l'univers. Vous pouvez nous détruire, nous exterminer. L'Unitarian, dans son implacable avancée vous rappellera que nous ne sommes plus là pour le combattre. Continuez et vous mourrez, tout aussi surement que vous nous écraserez, les Cetyn vous anéantiront. L'histoire est écrite par les vainqueurs, si persistez, nous n'en ferons pas partie. Mais votre histoire s’éteindra avec la nôtre.

    Dame Shalen se leva, sortit du champ de l'holo-caméra et l'image de son fauteuil vide fut rapidement remplacée par les armoiries de l'Ordre.
    PS : Mon tag Testeur est là juste pour me permettre d'avoir une vue d'ensemble via l'accès au forum bêta, je ne suis pas une vraie Testeuse.

    Darkam : C'est comme lacher une brique du haut d'un toit et être surpris quand elle tombe sur la tronche d'un gars
    Darkam : "mince, mais c'est pas moi, c'est la gravité"
    Darkam : Si tu laches la brique, tu es responsable des conséquences de la chute
    Darkam : et ca marche puisque Neox a le QI d'une brique
    Shalen : Oh putain, je suis morte là xD
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Mer Juin 29, 2016 3:46 am

  • L'annonce de la guerre entre l'Ordre de la Citadelle Amaranth et l’Échine de Fer avait pour le moins secoué aelron, bien que nombreux soient ceux qui croyaient cela inévitable. Evidemment, l'Ordre avait été pris de court, du coup la pagaille était légèrement de mise sur pas mal de mondes, et l'agitation embrasait quasiment tout le territoire amaranth.
    Pendant ce temps là sur Harlonduneï, les fleurs s'ouvraient d'Arân-Thryn jusqu'à Rova-Numenessë, le temps était agréable, les harlondais vaquaient à leurs occupations, comme se promener dans la nature, flâner, construire de belles demeures, suivre avec enthousiasme le mariage d'Amras Aldalieth avec Séléa Hardin... Enfin bon, vous m'avez compris, personne n'avait rien à faire de ce qui se passait en région 45, des Earwing jusqu'aux Rheynes pourtant désireux de fière bataille en passant par l'impératrice Féataure.
    Seulement, une déclaration de guerre était une déclaration de guerre, et comme la Province du Harlond était membre de l'Ordre, certaines personnes se sentaient vaguement concernées par l'affaire en cours. C'est ainsi qu'un conseil réclamé avec force par les Aldalieths d'Esteline finit par réunir la totalité des maisons régnantes, plus l'impératrice et l'amiral Olotha, le tout dans un concert de mauvaise humeur.


    Comme vous le savez tous, commença Merenwhen Aldalieth, l’Échine de Fer vient de déclarer la guerre à l'Ordre de la Citadelle. On pourrait penser que c'est une blague vu que la Province du Harlond n'a jamais eu de mauvais rapport avec un quelconque état du peuple mort, les autres Etats membres n'étant guère plus agressif envers eux il me semble. Mais vu le sérieux qu'arbore généralement ce peuple, je ne crois pas que cela soit le cas.
    Alors maintenant je vous pose à tous une question critique: Que fait t'on?


    Elle l'avait dit en accentuant la phrase, signe de l'importance de ce qu'elle venait de prononcer.

    Jamais les harlondais n'ont connus de véritable conflits depuis plus d'un siècle. La menace cetyn s'éloigne depuis le sac d'Harlonduneï et avant cela, les forces harlondaises n'avaient même jamais vue une autre armé que la leur! Nous ne sommes pas préparé à un conflit, et pour ceux qui auraient besoin d'un rappel, la moité de notre armé terrestre a été anéantie en 30 minutes lors de la seule bataille qu'elle a connue. L'autre moitié s'étant disloquée. Franchement, personne ici a sérieusement pensé que cela pourrait se reproduire! Il faut s'activer, et vite!


    Hum, désolé de vous contredire, lady Aldalieth, fit Gwindor Aérion. Mais il me semble que tous les échauffourées aient eu lieu dans une région dont l'accès nous avait été refusé par l'Ordre, et qui donc se voyait dépourvue de toute installation Harlondaise. De plus, rien ne laisse dire que nous allons nous retrouver au cœur du conflit. En réalité, je ne crois pas que cela nous concerne franchement. Que l'on augmente les défenses de nos mondes pour protéger notre peuple, et puis c'est tout.

    Oui, sauf que l'Echine dit déclarer la guerre à l'Ordre, dont on est membre. Du coup on me paraît vaguement concerné. Répondit Tauriel Féataure en haussant les épaules. Vous en pensez quoi, vous autres?

    Les autres ne furent pas très loquaces. La réponse la plus fournie étant celle de Lord Darluïne: On construit des défenses pour se protéger, et après on attend ce que nous dit l'Ordre.

    C'est à ce moment, rempli de motivation et d'enthousiasme dans les préparatifs, qu'Eledewhen Darluïne fit finement remarquer à l'assemblé la position de la province par apport aux melrehns, qui était catastrophiquement proche.
    Evidemment, l'affaire devenait plus sérieuse, si l'on considérait que les melrehns seraient plus ou moins obligés d'attaquer Harlonduneï pour progresser en région 4. Certains furent alors plus motivés à prendre la menace au sérieux, et des propositions fusèrent pendant une demi heure environ. Au bout de ce temps, Tauriel Féataure intervint.

    Bon, écoutez. Fit elle, car elle commençait à en avoir assez. On va faire en sorte de se munir de force adaptées à contrer les leur sur notre territoire, et on va renforcer nos défenses du mieux que l'on pourra. Je n'ai pas envie de voir une seule défaite coûtant la vie à un Harlondais, d'accord? Et surtout, on va faire ça discrètement. Je n'ai pas envie d'effrayer l’Échine ou qui que ce soit d'autre. Parce que là vous êtes sûr qu'ils tourneraient leurs yeux et surtout leur canons vers nous. Vous pouvez disposer maintenant. Je vais préparer une communication à leur adresse avec Alatariel Earwing que j'enverrai dans la soirée. Lord and Ladies, au travail.

    Suite à cela, Harlonduneï se mit en communication avec l'Ordre, et entrepris de protéger la position stratégique de leur capitale.
    Tauriel Féataure profita de la présence d'Alatariel Earwing à Arân-Thryn pour la convoquer et lui expliquer la situation. Ensemble, elles se mirent en tache d'écrire un message le plus poli possible à l’Échine lui demandant si cela était bien sérieux, et si leurs raisons n'étaient pas suffisamment faibles pour qu'ils fassent marche arrière. Elles finirent alors que le soleil se couchait sur la ville ocre, pas plus agitée qu'au matin.

    Le message fut alors envoyé à l’Échine.


    "Messieurs et mesdames, permettez moi d'abord de me présenter. Je suis Tauriel Féataure, impératrice de la Province du Harlond, état membre de l'Ordre de la Citadelle.
    Permettez moi de vous dire que je suis quand même assez étonnée par cette déclaration de guerre brutale, alors qu'il me semblait que les seuls vaisseaux qui s'étaient approchés de vos territoire étaient ceux de l'Impérator Sylesvar, qui repoussait une offensive sur les siens. Permettez moi aussi de douter de vos allégations concernant notre impérialisme, n'ayant personnellement jamais voulus m'étendre par la force où que ce soit. Et n'ayant pas constatée de telle volonté chez mes partenaires, je me demande bien où vous voyez cela. Pour finir sur les accusations de détournement de fond de l'ACA, nous vous signalerons juste que la dernière collecte de fond en aelron dont j'ai eu vent date d'il y a plus d'un siècle, comment alors aurions nous pu en détourner une quelconque portion il y a peu? Il me semble que vous déclarez cette guerre pour rien, que vous en ayez conscience ou non étant une autre affaire où je ne me permettrai pas de me prononcer. Sachez juste que si vous êtes bien déterminés à nous combattre, vous aurez nécessairement des pertes au moins en territoire Amaranth. Vous perdrez des vies, même si elles seront moins nombreuses que les nôtres. Avez vous vraiment envies de voir certains de vos concitoyen mourir pour du vent? J'en fais appel à votre réputation de sagesse.
    Cordialement, Tauriel Féataure."
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    Tauriel Féataure
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Mer Juin 29, 2016 4:45 pm

  • Dans le silence de l'espace, dans la salle d'opération du Vaisseau Amiral de l'armada Zoobesque, Zede III contemplait la colonie Alaquondë autour de laquelle s'était furtivement rassemblée une partie de sa flotte. Les radars ennemis n'ayant rien décelé, la vie continuait son cours paisible sur ce monde où tout semblait en paix. D'une certaine manière, l'Empereur enviait ce peuple.

    "Richesse, paix et prospérité. Voilà un mode de vie qui, s'il était appliqué par tout le monde, améliorerait considérablement la qualité de vie des peuples d'Aelden"

    "Mais il ne l'est pas répondit l' Amirale Erilian dans son dos."

    "Non, il ne l'est pas, soupira Zede III, ce qui en fait un comportement irresponsable et dangereux. Les précédents millénaires n'ont pourtant jamais cessé de nous le prouver: qui veut la paix doit être prêt à partir en guerre."

    "Je ne comprends pas votre Altesse. Pourquoi leur donner un simple avertissement quand nous pourrions les anéantir et redistribuer leurs richesses à notre peuple ?"

    "Je sais bien que vous ne comprenez pas, chère amie, répondit l'Empereur avec douceur. Vous avez un esprit bien trop pratique et militaire. Pour ma part j'aime à croire que si les Harlondais ajoutent enfin l'équation militaire à leur politique, ils pourraient devenir une de ces nations qui tirent Aelden vers le haut."

    "J'ai du mal à y croire, votre Altesse. Ils sont bien trop lâches pour avoir un poids à l'échelle galactique. Pour preuve, la réaction de Tauriel Féataure devant le massacre de ses alliés a été de demander la fin de la guerre. Ils n'ont même pas considéré riposter et nos espions chez eux nous ont rapporté que la seule décision de renforcer leurs défenses fut prise avec une lenteur affligeante."

    "Nous verrons bien, l'avenir nous le dira. Lancez l'assaut."

    Tandis que la flotte Zoobesque se mettait en mouvement vers la colonie Amaranth, l'Amirale avança à la hauteur de son Empereur.

    "Aelor n'est pas avec nous ?"

    "Non, je n'ai pas fait appel à lui. Vous savez bien pourquoi. La mise à sac de colonies non défendues, alors qu'il n'y a aucune richesse à y piller, non, il n'aurait pas aimé y assister."

    "Un sentimental.."

    "C'est en partie pour cela qu'il me seconde".

    S'appuyant sur la table devant lui, Zede III s'obligea à regarder de ses propres yeux, à travers la baie vitrée du pont de l'Obscure Scylla, le déferlement de violence qu'il avait lancé sur un monde pourtant si pacifique.

    Il répéta l'opération sur deux autres colonies situées sans le même système secondaire, puis fit envoyer le message suivant vers Harlonduneï.

    "Bonjour à vous Tauriel Féataure. Nous avons été fortement désappointés par votre réaction suite à l'éclatement du conflit opposant nos civilisations. Vous avez rejoint l'ordre et profitez de ses richesses, mais au moment de le défendre voilà que vous vous défilez. Votre attitude est méprisable et irresponsable. Je suis venu apporter la guerre chez vous afin de vous ouvrir les yeux. Des millions des vôtres sont morts. Cependant, j'aime à penser que cela peut vous aider à sauver les milliards restants.
    Que vous le vouliez ou non, vous évoluez dans un monde violent et le déni y est la pire des défenses. Vous voilà maintenant avertie.
    Rassemblez vos armées et activez vos chantiers, sous peine de voir votre nation s'éteindre dans le feu et dans le sang.


    Zede III, Empereur de l'Empire Zoobesque
    "
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Mer Juin 29, 2016 5:54 pm

  • « Compagnie ! Feu ! »

    Des détonations éclatèrent. Des arcs électriques émergèrent des grenades lancées en l'air, pour venir frapper les manifestants les plus proches. Dans la confusion la plus totale, la foule se dissipa en criant face à l'avancée de la Garde de Fer. La mythique avenue du « Sombre Souvenir » sur Ténébris était maintenant dégagée. Ne restait plus que ce défilé d'un genre nouveau, celui d'hommes et de femmes casqués et armés, marchant d'un seul et même pas pour descendre du palais des Oranors et se répandre à travers la cité planétaire.

    ***


    La nouvelle milice instaurée par la Chancellerie Melrehnne faisait des miracles. Partout à travers les terres sombres, les foules qui s'étaient amassées pour dénoncer la politique extérieure actuelle du Peuple Mort s'étaient vues balayées.
    Sous l'impulsion du tout juste réélu Chancelier Arahël, le parlement Melrehns avait été réunifié. Toute trace d'opposition y avait soudainement disparu, un fait inédit chez le Peuple Mort. Tous les Oranors semblaient désormais converger dans leur lutte contre l'Empire Amaranth. Des foules compactent ovationnaient ce tournant politique célébrant l'identité melrehnne. Des individus de tout âge et de toute caste se regroupaient sous les sombres bannières du nouveau « Parti de la sauvegarde Melrehnne », dont le sinistre slogan s'affichait partout « Nerbera tor orhan Shaknahn », « tous saluent l'avènement des ténèbres ».


    Des rancœurs parfois millénaires se répandaient sur les mondes morts, rouvrant des blessures que tous pensaient cicatrisées depuis longtemps. Les ressortissants amaranths étaient pris pour cibles et leurs bien détruits. Sur le cercle des Déchus, colonie fondée après la destruction de Mohr, l'ambassadeur amaranth fut même livré à la vindicte populaire après que les services de sécurité traditionnels se soient fait déborder par la foule venue réclamer vengeance. Son corps ne fut jamais retrouvé.


    ***


    La région Taelahr, base arrière de l'Ordre de la Citadelle Amaranth en Aelron, s'était transformée en un véritable champ de bataille. Le seigneur de guerre Zede III avait mené une charge surprise visant à faucher les armadas argentées avant qu'elles ne soient déployées. Les équipages avaient été pris par surprise alors qu'ils stationnaient dans leurs bases, parfois après de longues campagnes menées contre les Cetyns.


    ***


    Le signal d'attaque fut donné. La flotte glissa en hyperespace quelques heures seulement, pour émerger à proximité d'un riche atelier industriel aérospatial. Des milliers de frégates et leurs chasses embarquées, toutes spécialisées dans la lutte contre les Cetyns, furent attaquées sans crier garde. Une redoutable « Obscure Scylla » dominait le champ de bataille en devenir par sa masse. La flotte hostile arriva à portée sans laisser aux amaranths le temps de se déployer. L'échange de tirs fut bref, les unités impériales furent annihilées alors qu'elles tentaient de se décrocher de leurs docks pour se défendre comme elles le pouvaient face à un ennemi qu'elles n'avaient pas pour mission d'affronter.

    L'Empire avait réunit dans l'urgence un contingent d'une vingtaine de croiseurs lourds aux armements complémentaires pour esquisser un front de résistance. Lorsque cinq de leurs équivalents melrehns s'avancèrent frontalement vers eux, les amiraux argentés réagirent promptement. Mais toute l'opération n'était qu'un piège orienté par l'implacable pragmatisme melrehn. A bord de l'un des vaisseaux sombres, un officier hurla :

    « Pour la gloire éternelle du peuple Mort ! Longue vie à sa majesté Zede III ! Longue vie à l'Echine ! »

    Les vaisseaux morts filèrent s'écraser à pleine vitesse contre les flancs de leurs homologues amaranths sans se soucier de leur protection. La déflagration qui s’ensuivit fut formidablement renforcée par les stocks gigantesques de charges explosives entreposées dans leurs hangars. L'onde choc ne laissa pas un seul témoin vivant après elle.

    ***


    Sur Ténébris, le grand Kâ fut informé de la communication émise par Dame Shalen de l'Ordre de la Citadelle Amaranth. Une holo-transmission fut envoyée en retour :

    « Mes salutations à la noble Dame Shalen et au reste d'Aelden,

    Quelle réaction typique d'une race amaranth nous offrez nous là ? L'Empire d'Argent voudrait nous convaincre de son honneur et de sa droiture. Le point le plus merveilleux étant sans conteste que vos civilisations sont très certainement, véritablement, convaincues de répandre le bien à travers la galaxie. Mais devrions nous donc nous incliner devant la logique retorse d'un peuple qui ne cesse de chercher à manipuler ses voisins à travers l'histoire? Vos espions s'infiltrent partout dans les institutions des autres factions, gardez donc votre bien-pensance pour les oppressés de Mohr ou vos « cousins » Léanths que vous cherchez à maintenir sous emprise.

    Au nom de la lutte contre l'envahisseur Cetyn, vous avez habilement su jouer de vos réseaux pour répandre la culture et les codes amaranths chez vos rivaux, sous couvert « d'enrichissement culturel ». Nous vous avons observé vous élever et prospérer au nom du « lourd sacrifice qu'implique la lutte contre l'ennemi commun ». Quelle farce ! L'Empire ne recherche en définitive que sa propre ascension et a trouvé dans cette guerre et dans l'ACA des outils idéaux pour ce faire !

    Les Melrehns sont un peuple minoritaire à l'échelle d'Aelden. Notre natalité reste faible et notre culture est incomprise des autres factions. Mon peuple a le sentiment qu'il lui est laissé le choix entre la disparition de notre faction par dilution lente dans l'ACA, ou par le génocide perpétré par les Cetyns. Nous possédons la Cité du Vide et avons donc quelques atouts contre les Cetyns. Mais nous devons mettre un frein à l’expansionnisme amaranth de façon immédiate. Le peuple mort réclame que l'on protège sa pureté culturelle, vos codes lumineux l'indisposent.

    Lorsque la Citadelle aura brûlé et que l'Empire sera en ruines, Aelden connaîtra enfin l'harmonie dans une nouvelle ère de ténèbres. En ces temps troublés, les Melrehns guideront les nations d'Aelden à travers un nouvel âge d'or fondé sur le refus de la facilité et de la médiocrité. De la plus stricte des disciplines naîtra une nation inflexible capable d'éradiquer définitivement toute trace des cetyns dans cette galaxie. Nerbera tor orhan Shaknahn.
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Jeu Juin 30, 2016 7:48 pm

  • La déclaration de guerre entreprise par l'impitoyable Echine De Fer Melrehne, contre le majestueux Ordre de la Citadelle, avait fait l'effet d'une bombe au sein des mondes du Cercle.

    En effet, les nombreux diplomates présent dans les ambassades de la faction sœur du Cercle, avaient été rappelé aussitôt les premières détonations, anéantissant très probablement plusieurs années de travail diplomatique.

    Pire encore, le crash boursier des entreprises des dis empires, plongèrent une partie du Cercle dans une crise tant sur le plan économique, qu’alimentaire. Catastrophe qui aurai pu être absorbée, si les civils Amaranth n'étaient pas venus ce réfugier loin des conflits sur des mondes Léanth.

    L’accueil de ces réfugiés déchira la classe politique Léanth. Là où certain voyait d'un œil bénéfique ce flux de réfugiés : Défendre le peuple Amaranth le temps de la guerre, ne pouvait que rapprocher les deux factions vers une meilleure union.
    D'autres voyaient un risque potentiel d'introduire en toute simplicité de multiples espions en territoire Léanth.

    De multiples manifestations éclatèrent sur les mondes Léanth. Alors que sur la Nouvelle Arleris on voyait fleurir des défilés pacifistes pour l'accueil des réfugiés. L'inverse se produisait sur l'Ordre Onrimae, pourtant réputé pour ces prestigieuses écoles supérieures, grossissant la facture des dégâts de cette guerre.

    Un mouvement de grande ampleur souhaitant la victoire de l'empire, tenta de capturer le puissant Avenor et de l'envoyer sur le front dans le camp Amaranth. Tentative qui échoua devant l'important dispositif de sécurité.




    C'est dans ce contexte-là, que le directeur, Raell Onanth, convia les autres seigneurs représentant de l'ordre des Gardiens des Portes d'Elendis, sur le monde Conseil Léanth ACA.
    Messieurs, commença Raell, je suis content de vous revoir.
    Nous avons de nombreux sujets sur le feu, je vous invite donc à nous contenter sur les primordiaux. À savoir, la famine qui menace le Cercle, ces réfugiés Amaranth, mais surtout cette annonce du grand Kâ, concernant l’artefact Lanthanien … L'homme mis comme un temps à prononcer son nom, comme pour rajouter du poids à ce qu'il allait dire… Cette Cité du Vide, qui serait en leur possession.

    Un murmure s'éleva de l'assemblée et chacun commença à parler dans son coin, probablement pour essayer de se renseigner un temps soit peu.
    Certains seigneurs peu tournés sur le plan galactique venaient d'apprendre l'existence de cette Cité mythique.

    Raell mit fin à ces chuchotements d'un geste.

    Oui, je suis d'accord avec ce que vous pensez, un vestige Lanthanien, détenu par les belliqueux melrehns de l'échine? C'est un scandale! Une telle relique entre leurs mains est un danger pour Aelden et leur actuel ennemi l'Ordre de la Citadelle.

    Assis juste en face du directeur, Raell Onanth. Le seigneur Grand amiral de la flotte d'argent Anardil Fëanáro s'exclama en frappant du poing sur la table.
    Voilà une révélation fâcheuse pour l'Ordre si les informations concernant la Cité du Vide se vérifiaient nous nous retrouverions avec plus d'un problème sur les bras déjà ces "réfugiers", pourrions être sure d'eux ? Ne serait ce pas-là un moyen détourné de faire entrer encore plus d'espions sur nos terres.
    Puis après un moment de silence Anardil poursuivit.
    De l'autre la présence de cette cité, qui pourrait tout aussi bien être une arme de destruction massive comme aucune autre, entre les mains d'un peuple réputé pour leur absence de sens moral ... sans compter que si l'Echine, ou bien même les Amaranth contre qui ils sont en guerre, venaient à l'endommager, nos scientifiques n'auraient aucune chance d'en approfondir l'étude afin d’obtenir plus d'informations que l'utilisation de celle-ci dans le seul but militaire qui semble animer ce peuple …



    La réunion dura plusieurs jours, durant lesquelles, il fut décidé que les richesses de l'Ordre allaient être utilisées dans un fond humanitaire afin d'éradiquer la famine sur les mondes Léanth et subvenir aux besoins des rescapés amaranths en leur autorisant l'accès au monde de l'Ordre.

    Concernant la précieuse cité, un message fût envoyé à l'Echine.


    Seigneur et amiraux Melrehns. Je suis Raell du Directorat de Cormadia.

    Cet holo-message vous est envoyé à tous afin de vous demander la restitution de la Cité du Vide.
    Je sais que ce je vous demande au nom des Gardiens des Portes d'Elendis est dur à envisager pour vous. Mais je vous demande de comprendre cet état de faits.
    Vous, représentant de la toutes puissances, temps sur le plan économique et militaire, cette cité en votre possession représente un danger pour Aelden tout entier ! Nul ne sait encore les bienfaits ou les méfaits de cette mythique Cité.
    Nous du Cercle Léanth, sommes ceux qui comprenons le mieux les Lanthaniens, nous sommes donc ceux qui pouvons plus facilement en découvrir tous ces secrets. Étant en plus engagé dans un conflit, les risques de destruction de la cité par l'empire sont d'autant plus forts que son lot de mystère peut les effrayer.

    C'est pourquoi, dans un souci de préservation, il faut ! Que vous nous en cédiez le contrôle.
    Nos plus grands scientifiques, venant de tout le Cercle se réunissent actuellement et attendent que vous nous communiquiez les coordonnées.
    Image

    Que l'ombre s'étire.
    Que l'inconnue se retire!

    Ainsi je tiens Varden, non dans ma main.
    Mais le détiens en mon sein!


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Ven Juil 01, 2016 10:07 pm

  • Depuis que la guerre avait été déclarée, on avait commencé à fortifier certaines positions tout en doutant de l’efficacité de la manœuvre, mais globalement, la vie suivait son cours. Les harlondais continuaient à faire ce qu’ils faisaient d’habitude sans se soucier vraiment de l’actualité internationale. Après tout, quasiment la totalité des positions de la province étaient dépourvues d’importance stratégique et de richesses intéressantes.
    C’est ainsi qu’un couple de jeunes amoureux buvait tranquillement une liqueur sucrée en profitant d’un après-midi calme sur Gallente. Le soleil était encore haut, l’air calme, une douce brise se contentant de caresser leurs visages. La jeune femme regarda un temps le ciel dégagé où l’on pouvait voir la proche colonie de Nurhuina, et un peu plus loin Alaquondë, bien plus petite. C’était à n’en pas douter un magnifique panorama, qu’ils ne quittaient des yeux que pour se lancer de fugaces sourires, comme aiment à le faire les personnes romantiques.
    Jusqu'ici, rien n'avait pu laisser présager le drame qui se préparait. Les autorités harlondaises repérèrent malheureusement un chouia trop tard la flotte hostile qui se dirigeait vers Gallente. Des renforts furent appelés en urgence, mais à cause de problèmes de coordination et d’expérience, ils ne semblaient pas devoir arriver à temps.
    Sur la colonie, la population fut mise au courant qu’il fallait fuir, principalement dans les forêts et dans les montagnes.
    Le jeune couple fut d’abord surpris de voir que la douce rumeur de la ville qui les berçait s’était un premier temps tue pour laisser ensuite place à un vent de panique. On les mit rapidement au courant de la situation, et ils sortirent en catastrophe de la terrasse où ils flânaient pour essayer de trouver un abri. Seulement ils étaient jeunes, et ne savaient pas où aller. Ils errèrent donc dans la ville au milieu de plusieurs milliers de personnes qui tentaient de s’abriter de manière plus ou moins ordonnée.
    Pendant ce temps-là, la flotte melrehne ne perdait pas de temps, talonnée juste derrière par des transports harlondais sensés dépêcher du matériel de défense sur la colonie menacée. Elle arriva rapidement en orbite de la planète. Cette dernière ne possédait rien, aucune défense, aussi le débarquement s’effectua sans plus tarder.
    Vu de la surface, les déchirures causées par l’entrée des barges de débarquement étaient terrifiantes. Devant le bruit infernal, le jeune couple redoubla d’allure dans sa course pour trouver un abri quelconque, car ils ne pourraient maintenant plus sortir de la ville. Certaines personnes prenaient en vain les quelques armes présentes sur ce monde, qu’elles n’avaient jamais maniées.
    Les barges touchèrent le sol, l’armée melrehne se déversa et balaya la maigre résistance que des civils tentaient de lui opposer. Deux minutes plus tard, la course du jeune couple fut brutalement arrêtée. La jeune femme reçut une balle dans la tête, le jeune homme fut coupé en deux par une salve de mitrailleuse.

    Heureusement pour les gallentais survivants, la flotte melrehne ne resta pas, laissant tout de même une force d’occupation qui ne serait contrée que plus tard.
    Quatre mondes démilitarisés venaient d’être mis à sac, et des millions de civils venaient de périr dans ce qui serait la plus grande attaque terroriste de l’histoire de la province.

    Après ce bain de sang suivi avec impuissance depuis Harlonduneï, on organisa la riposte. Le système fut assez rapidement reconquis, notamment parce que l’armée melrehne n’était guère disposée à mourir pour des terres qui n’en valaient pas la peine. Olotha envoya ainsi des contingents d’infanterie qui reprirent les quatre mondes, alors que de grands changements en matière de politique devaient voir le jour.
    Dans la salle de réunion militaire du palais d’Arân-Thyrn, Tauriel Féataure était hébétée. À ses côtés, Melwig Earwing fulminait, tandis qu’Olotha s’était éloigné pour l’occasion.

    Écoute Tauriel, tu dois proclamer l’État d’urgence ! Si jamais il n’y avait pas eu cette désorganisation ici, peut être que Gallente aurait pu être épargnée ! Hurla-t-elle.
    Tauriel ne répondit pas, enfin pas tout de suite. Elle restait là à penser, le regard vide et l’esprit manifestement ailleurs. Voyant cela, Melwig s’approcha d’elle et la secoua.

    As-tu entendu ce que je viens de dire ? Demanda-t-elle, énervée.
    Oui, répondit l’autre de manière lointaine. Proclame l’état d’urgence.
    Bien. Avez-vous entendu Amiral Olotha ? Désormais les décisions seront prises par nous trois exclusivement, et ce jusqu’à la fin de la guerre.
    Appelle ta fille et dis-lui de faire un communiqué officiel, elle saura s’y prendre, dit Tauriel, qui commençait seulement à se remmetre du choc. Je ne pense pas qu’aucune maison ni même la population ne sera contre et ne protestera face à ces mesures. Amiral, que peut-on faire ?
    Avec votre autorisation, je vais déjà commencer par faire détruire les portes aux mains de l’ennemi en région 4. Cela ne devrait pas utiliser trop de matériel et apporterait un gain non négligeable du point de vue de la sécurité.
    Faites donc. Répondit Tauriel. Maintenant si vous le voulez bien, je vais me retirer pour un temps. Prévenez-moi s’il y a du mouvement.
    Que doit-on faire pour la communication de l’Empereur Zede III ? Questionna Melwig qui la voyait partir.
    Il y en a une ?
    Oui.
    Elle comporte des éléments intéressants ?
    Je n’en sais rien, je vais demander à Lady Darluïne. Mais bon, si Eledwhen ne m’a rien dit, c’est qu’à priori il n’y a rien à dire.
    Alors Tauriel se retira, Alatariel fit sa communication et chacun pensa ses blessures. La province du Harlond plongea rapidement dans un état de choc, et les destructions subies par les quatre colonies touchées ne furent réparées qu’avec lenteur. Une partie de la population de cette zone commença à fuir seulement 2h après la reprise du système. Ce dernier avait perdu de sa tranquillité, mais les choses ne devaient pas en rester là.


    Huit heures après la fin du premier carnage, du mouvement se fit à nouveau apercevoir. La flotte melrehne revenait. Cette fois ci c’était l’avant-poste harlondais contrôlant la région qu’ils visaient. Alors que Melwig faisait chercher Tauriel, Olotha essayait de trouver en vain une solution. La situation était insoluble. La flotte melrehne allait balayer les effectifs harlondais sans aucun espoir de faire subir la moindre perte à l’ennemi.
    Devant le désarroi total de son Amiral, Tauriel ordonna d’esquiver l’attaque en faisant évacuer la position. Erreur qui coûta
    cher. La position tomba aux mains des melrehns sans aucun combat, et les lents modules Harlondais étaient toujours menacés, car à portée d’une interception ennemie.
    À l’intérieur de la flotte, la commandante Linaewen tentait désespérément de se sortir de ce bourbier. Les pilotes redoublaient les manœuvres d’esquive alors que cette dernière ne savait plus où donner de la tête.

    Amiral, vous voyez ce qui se passe ?!
    Oui, on vient d’activer notre œil céleste, mais j’avoue ne pas bien comprendre ce qui arrive. Une flotte d’intercepteurs vient de débarquer de nulle part.
    Quoi ?! S’exclamèrent en même temps les trois femmes.
    Oui, elle s’avance vers l’AVP, et je ne comprends pas pourquoi !
    Ah ce moment-là, Tauriel fit ce qu’elle n’avait jamais fait depuis le début de la guerre, elle prit les choses en mains, et décida de réagir. Exactement ce que Melwig espérait d’elle.
    Continuez à tenter de les esquiver, nous allons essayer de vous envoyer du renfort. Dit-elle, en essayant de rassurer la commandante en proie à la panique. Chose peu aisée au vu de son propre état.
    Mais comment ? L’avant-poste n’est relié à rien, il n’a pas de porte, pas de rampe ! Répondit Linaewen, désespérée.
    Et bien on va en monter une ! La rampe se trouvera sur Alaquondë, et l’amiral Olotha va envoyer des renforts. Je sais que l’on ne peut espérer vaincre la flotte en entier, mais on peut toujours tenter de l’avoir par petits bouts !
    Très bien impératrice. Répondit-elle, tout en respirant un grand coup. Puis elle se tourna vers ses hommes. Vous avez entendu, on continue à les esquiver, du renfort arrive !
    Dans la salle du conseil, la situation se détendit quelque peu.
    Melwig, trouve-moi quelqu’un qui va monter la rampe sur Alaquondë, cette personne sera sous ton autorité. Amiral, commencez à faire bouger les effectifs que vous semblez utiles dans cette situation.
    Ce ne sera pas très compliqué malheureusement. Répondit-il avec une moue de dépit. Nous n’avons qu’un seul Alnirion actuellement.
    Et bien envoyez-le, cela sera toujours mieux que rien ! Je reste en contact avec la commandante de la flotte pour savoir ce qui se passe.
    Entendu, acquiescèrent les deux autres.
    Sur les spatioports en orbite de la planète, la logistique s’activa pour dépêcher les modules de construction et les photopiles nécessaires à la mise en place de la rampe, alors que le croiseur de bataille suivait non loin. Ils arrivèrent rapidement dans le système dévasté, et de voir la présence de cette unité lourde, même seule, réchauffa le cœur de plus d’un. Rapidement, les modules se mirent en place et la rampe fut montée, pour le moins à la va vite. Mais une heure après, elle fonctionnait. Pendant ce temps-là, la flotte en partance de l’AVP avait réussi à esquiver les melrehns tant bien que mal, mais les équipages étaient à bout de nerfs.
    Linaewen fut très heureuse de revoir le visage de l’impératrice. Celle-ci fut directe.

    Commandante, la rampe est montée, maintenant les renforts arrivent. Vous allez rester où vous êtes et distraire le gros des forces melrehnes, et lorsque l’amiral Olotha vous le dira, vous allez essayer de vous baser sur l’avant-poste pour le reprendre. Vous me comprenez ?
    Parfaitement. Répondit-elle avant de transmettre les instructions à ses équipages.
    Sur Alaquondë, l’Alnirion s’engagea dans la rampe les canons bien chargés, et s’apprêta à lancer l’attaque. À l’intérieur, l’équipage était relativement anxieux.
    Seulement il y eut un problème : les melrehns envoyèrent des troupes sur l'avant-poste, qui repartirent peu de temps après. Face à cela, le croiseur stoppa les machines et attendit de nouvelles instructions. D’après les observations que lui renvoyait l’œil céleste, il valait mieux repousser l’assaut de 20 minutes.
    C’est ainsi que l’Alnirion rebroussa chemin et se remit en position de départ. Linaewen ne comprenait pas ce qui se passait, et à vrai dire Olotha non plus.
    Personne n’arrivait à saisir les mouvements de la flotte Melrehne. L’Alnirion s’engagea à nouveau dans la rampe, et cette fois ci, il ne repartirait pas en arrière.
    La flotte de Linaewen tenait toujours le gros de la force ennemie à distance de l’AVP.
    Au bout de 20 minutes, l’Alnirion s’élança et… n’impacta rien du tout.
    L’AVP venait d’être déserté. Face à cette situation, Olotha ordonna à Linaewen de récupérer la position. Celle-ci s’exécuta et s’apprêta à faire marche sur la structure.

    Comment l’AVP fut occupé par les melrehns avant que Linaewen ne parvienne à y arriver ? Cela resta un mystère pour les harlondais. Toujours est-il que l’AVP était maintenant de nouveau occupé par une flotte venue d’on ne sait où. Pire, la principale flotte melrehne venait de verrouiller la flotte de Linaewen qui n'avait désormais plus moyen d'éviter l'affrontement.
    Impératrice, que fait-on ?! Implora Olotha, qui ne savait plus quoi tenter. Melwig n’était guère plus avancée. Quant à Tauriel Féataure, elle semblait de nouveau ailleurs.
    Tauriel ?! Demanda Melwig.
    Celle-ci la regarda longuement, puis elle tourna les yeux sur son amiral.
    Qu’ils retournent sur Harlonduneï. Dit-elle avec une excitation sourde. Que tout le monde retourne sur Harlonduneï ! Toutes les flottes vous m’entendez, toutes ! Et si jamais ils ne peuvent pas fuir, qu’ils prennent les capsules de sauvetages et qu’ils sabordent leur flotte !
    Melwig, commence à planifier l’évacuation des colonies Gallentes, Tol Doriath et Nurhuina. Maintenant ! S’emporta-t-elle devant l’apparente inactivité de l’Earwing.
    Devant cette situation, Melwig s’exécuta. À bord de la flotte, Linaewen ordonna l’évacuation générale, tandis que les générateurs étaient mis en surcharge. Une multitude de petits vaisseaux blancs élégants sortirent de la flotte et foncèrent se réfugier sur Harlonduneï, rejoignant le flux des réfugiés, Gallentais pour la plupart. 20 minutes plus tard, la surcharge des générateurs entraîna l’explosion des vaisseaux. La flotte melrehne n’ayant plus de raison de traîner ici, elle rebroussa chemin pour rentrer chez elle après avoir mis l'avant-poste hors d'usage.
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Jeu Juil 07, 2016 11:32 am

  • Au cœur de l'Avant poste le plus proche d'Harlonduneï, l'ambiance était lourde. Dans le mess central de la structure où tout le monde prenait ses repas, il n'y avait que quelques personnes qui discutaient à voix basses, principalement de la guerre en cour. L'heure était peu avancée pour prendre le repas de midi, mais les harlondais ne mangeaient en général pas tous à la même heure. C'est ainsi que deux hommes, Arthel et Arendir, qui officiaient tous deux dans le même module protecteur, étaient assis à manger des fruits qui leur étaient servis directement par le dessous du centre de la table, par en dessous.
    C'est fou que l'on arrive à avoir un approvisionnement en fruits frais alors que l'on est dans une région que l'on a quasiment perdue nan ? Demanda Arthel à son collègue. On est peut être pas si mauvais que cela au fond.
    Oui, en effet. Ou alors la région n'est pas encore perdue ? J'ai l'impression que l'on prépare une offensive moi, d'après ce que m'a femme m'a dit notamment. Elle vient de rentrer sur Alaquondë. Répondit l'autre.
    Quoi ?! Faillit crier Arthel, ce qui attira l'attention des autres convives de la pièce. C'est impossible ! Nous n'avons pas vraiment de flotte et Tauriel Féataure ne va quand même pas lancer une attaque alors que nous ne nous sommes pas encore remis de la première offensive ennemie ?
    Mouais... Tu oublies que l’affrontement en question ne nous a pas coûté si cher que cela en matériel finalement.
    Et bien moi, je ne crois pas qu'elle va bouger tant qu’on n’a pas réussi à les repousser. C'est pour ça d'ailleurs qu'on nous harcèle avec ce fameux plan de défense, j'en suis venu à en rêver la nuit...
    Il semblerait qu'il y ait du mouvement dans la marche en tout cas. Fit l'autre en haussant les épaules. Des réfugiés Gallentais, mais surtout Alaquondais semblent être revenus sur leur monde, et pourquoi seraient ils rentrés chez eux si on ne projetait pas de remettre en service les chantiers des deux planètes? De plus, d'autres colonies s'activent, et il paraît que Tauriel Féataure a enfin pris contact avec l'Ordre. Toi, tu en penses ce que tu veux, mais moi je dis qu'il y a une offensive dans l'air...



    Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins, il nous faut des prisonniers de guerre. Dit Tauriel Féataure d'un air décidé devant Melwig Earwing et Olotha, juste après s'être assise dans son fauteuil dans la nouvelle salle de réunion du conseil. Bien plus petite, cette dernière était toujours décorée avec des plantes, style harlondais oblige.
    Qu'est-ce que tu nous mijotes toi...? Commença par dire Melwig Earwing, avant de s'arrêter devant l'air sérieux pris par l'impératrice.
    Il nous faut des prisonniers de guerre. Se contenta de répéter l'autre. Cela peut être un moyen pour éviter que, si jamais l’ennemi capture des harlondais, il ne les exécute.
    Tu es au courant que les derniers harlondais capturés se sont fait descendre ?
    Et alors, justement, si on a des prisonniers à eux, ils seront peut être enclin à traiter les nôtres avec plus de considération.
    J'en doute. Ce sont des melrehns, ils n'ont pas peur de sacrifier leur peuple si cela s'avère nécessaire. Dit Olotha avec résignation.
    Bon... Vous avez quelque chose à proposer ? Demanda Tauriel, légèrement irritée.
    Attends un peu. L’arrêta Melwig. Tu as l'air d'avoir un plan pour mener une offensive chez eux ? Cela est toujours bon à prendre.
    Moi pas vraiment, mais la comtesse Sarah d'Espen semble avoir des projets. Je l'ai su grâce à ta fille. Elle ne t'a pas mise au courant ?
    Non, personnellement j'ai été pas mal occupée avec la famille Aldalieth, qui vient de faire rentrer Amras sur Harlonduneï pour le tirer des pattes de Séléa Hardin. M'enfin, là n'est pas le sujet. Qu'est ce qu'elle t’a dit ?
    La comtesse Sarah prévoit de lancer un assaut d'envergure contre l'échine. Or nous avons désormais une flotte relativement puissante, avec une bonne maîtrise technologique sur le domaine militaire. Enfin bref, elle a besoin de toutes les forces de l'alliance, dont les nôtres. J'ai pensé qu'Harlonduneï était assez protégée pour permettre ce genre d'expédition. Mais il faut d'abord me dire si vous y voyez des objections.
    Personnellement, je n'en vois pas, après tout, le comptoir d'Espen a une expérience dans le domaine militaire largement supérieure à la nôtre. De toute façon, je ne compte pas sur la flotte pour défendre la capitale. Dit Olotha devant le regard étonné des deux autres.
    Tauriel tourna alors ses yeux vers l'Earwing.

    Melwig ?
    Moi, répondit celle ci en haussant les épaules. Je ne vais pas me permettre de juger si une attaque est faisable ou pas. Cependant, je dois avouer qu'une victoire ferait du bien à tout le monde. Alors pourquoi pas ? Mais as tu prévus la logistique ?
    J'ai pris des mesures pour nous doter de moyens militaires acceptables, cela tu as pu le voir. Le reste, ce sont les problèmes de Sarah d'Espen.
    J'ai prévus de la contacter dans deux jours et j'aimerais que vous soyez présents. Là pour l'instant, je vais demander à Alatariel de faire passer au comptoir notre accord. Je veux que vous mainteniez une vigilance extrême, amiral.
    Entendu. Enfin vous savez, par les temps qui courent, je ne crois pas que l'on puisse surveiller encore plus que ce que l'on fait déjà. Répondit-il avec un mélange de résignation et de détachement.

    C'est ainsi que le comptoir d'Espen se mit en tache de monter les rampes qui permettraient aux armées Amaranths de passer à l'attaque. Comme cela devrait prendre au moins un mois pour acheminer le matériel aux endroits voulus. Les harlondais purent se mettre à former une armée de terre relativement acceptables selon leur critère, et ce dans le but d'obtenir les fameux prisonniers. D'autres états de l'ordre s'activaient pour se doter de moyen similaire. Enfin bien plus important. Tout le monde n'avait pas une tradition militaire aussi faible que celle des harlondais.
    Malheureusement, les flottes de modules de constructions furent accidentellement repérées par l’Échine de Fer alors qu'elles s'approchaient de leur territoire, ce qui évidement poussa les flottes Amaranth à se mettre à l’abri avant d'être interceptées.
    L'opération devait donc être annulée, mais en apercevant la lueur qui brillait dans les yeux de la comtesse Sarah d'Espen, Tauriel Féataure sut avec certitude que cela n'était que partie remise...



    Un mois plus tard, l'Ordre de la Citadelle bourdonnait d'activité. Les flottes avaient été renforcées, et la surveillance était à son comble. La comtesse d'Espen avait fait savoir à Tauriel Féataure, Shalen Ad'Eohem et aux Provinces de l’Effroi de se tenir prêts. Les préparatifs étaient donc en train d'être mis en place lorsque le service de l'oeil celeste du comptoir mit en alerte l'ordre tout entier. Une flotte massive appartenant à Lady Organia rentrait en région 49... en passant au dessus de la région 4. Donc à portée de l'Ordre.
    La flotte harlondaise venait d'être concentrée, de même que la flotte appartenant à Dame Shalen. Les Provinces de l’Effroi n'avaient malheureusement pas vraiment de vaisseau utile contre des cuirassés, car venant de subir des pertes lourdes par le biais de la destruction d'une flotte de l'Impérator Sylesvar, en expédition dans la région 44.
    Ces forces là furent concentrées sur Harlonduneï et placées sous le commandement du trio, alors que parallèlement, le comptoir d'Espen livrait sa flotte aux Provinces de l’Effroi, pour une raison que les harlondais ne comprirent pas d'ailleurs.

    Lady Rheynes. Vous pouvez y aller. Fit Olotha dans la même salle, équipée des installations nécessaires à la communication. Et surtout, respectez bien les mesures de sécurité en prenant la porte. Vous savez ce qu’il vous reste à faire ensuite.
    Bien sûr. Après tout, je suis une Rheyne. Je m'y connais un peu en matière de stratégie militaire. Répondit l'autre, non sans une certaine fierté.
    Très bien, mais faites attention quand même. Se permit d'ajouter Melwig afin de la remettre à sa place.
    La flotte passa la porte sans aucun souci, pas même mineur. Les choses sérieuses pouvaient commencer. A peine sortit du vortex, elle se disposa en formation de combat et des calculateurs puissants verrouillèrent la flotte Organienne. L'interception fut lancée.
    Par soucis de stratégie, la flotte de l'Etat de Babadook était sensé frapper peu avant la flotte harlondaise.
    Le service de l’œil du comptoir repéra une autre flotte organienne qui se dirigeait vers un endroit inconnu, mais il eu bientôt autre chose à penser. En effet, la première flotte melrehne était en train d'échapper aux flottes amaranth en se repliant vers la région 49. De plus, la capitale harlondaise fut mise sous surveillance par l'Empereur Zede III, mais les sondes furent heureusement dans un premier temps diligemment abattues.
    Face à cette situation, la comtesse Sarah d'Espen demanda aux harlondais de se replier vers une position de la région 4, à proximité de la flotte organienne, alors que l'Etat de Babadook essayait de l'immobiliser par différents moyens, dont une suppression.
    Devant la taille des effectifs melrehns, l'amiral Olotha décida de renforcer sa flotte par les derniers Alnirions présents sur la capitale, qui se retrouva vidée de toute puissance offensive. Dans le même temps, les transporteurs commencèrent à se replier vers Harlonduneï, puisque d'après les différents calculs du Comptoir, les forces Amaranth ne pourraient échapper à la destruction quelle que soit leur taille. Autant faire des économies.
    Une fois que les forces harlondaises furent à nouveau concentrées, Linaewen Rheyne recommença à tenter d'intercepter la flotte organienne. Seulement leur connaissance en stratégie militaire insuffisantes rendait la tache trop ardue, et de nombreux échec eurent lieu dans la tentative d'aborder la flotte.
    La flotte des Provinces de l’Effroi eut plus de chance, et livra une brève bataille, qui causa sa destruction, mais aussi celle d'une quantité non négligeable de croiseurs adverses.
    Du côté d'Harlonduneï, l'agacement commençait à gagner les esprits, jusqu'à ce que, enfin, la commandante de la flotte se manifeste.

    Amiral, cette fois ci, nous sommes verrouillés sur la flotte de manière convenable. Nous ne la raterons pas! Fit Linaewen Rheyne, la voix emplie d’excitation.
    Bien. Dit l'amiral Olotha d'une manière ferme. Vous savez ce qui vous reste à faire. Vos premières cibles seront les quatre cuirassés, que vous devrez abattre dès votre sortie de l'hyperespace. Le protocole d'évacuation est au point ?
    Oui ! Répondit fièrement la Rheyne car sa maison pouvait enfin briller à sa juste valeur, dans un domaine où elle excellait. Les Rheynes de Castemeïre attendaient cela depuis longtemps.
    La flotte harlondaise sortie de l’hyperespace, scintillante sous les feux de l'étoile du système où était piégée la flotte melrhene. Flèche étincelante contre forteresse sombre.
    La flotte melrhene, déjà en formation de combat mais néanmoins déjà affaiblie par la première attaque, inclina ses cuirassées afin de ne présenter à l’armada Harlondaise que leurs immenses plaques de blindage, alors qu'elle surchargeait ses canons, dans l'espoir de s'en tirer vivante.
    Peine perdue. Une volée de boules de plasma et de missiles jaillit 30 secondes après l'arrivée de la flotte Harlondaise, alors que les lasers découpaient des brèches dans les blindages de tous les vaisseaux militaires par milliers.
    Cependant, les armées melrehnes étaient puissantes. Désespéramment puissante. Leurs grosses pièces se mirent à tirer rapidement, abattant les croiseurs harlondais les uns après les autres. En cinq minutes, le champ de bataille était déjà plein de carcasses.

    Enclenchez le protocole d'évacuation ! Hurla Linaewen Rheyne depuis le poste de commandement. Son ordre se répercuta dans tous les vaisseaux, et aussitôt ils commencèrent à être évacués, alors que les armes finissaient d'être programmées.
    Sur le champ de bataille, alors que les capsules harlondaises retournaient sur harlonduneï en esquivant les tirs tant bien que mal, la violence s'intensifia jusqu'à atteindre un paroxysme. La totalité des vaisseaux présents surchargèrent leurs armes pour une dernière salve destructrice, qui annihila la totalité des vaisseaux militaires des deux flottes.

    Whooohoo ! Hurla l'Amiral Olotha dans la salle où les trois étaient réunis, ce qui fit sursauter Tauriel Féataure. Melwig, qui s'était levée durant la phase finale de l’opération, s’assit avec soulagement en respirant un grand coup.
    Bravo Linaewen Rheyne. Tu remontes dans mon estime. Souffla-t-elle tout bas.
    On pouvait considérer qu'ils avaient gagné, même s’ils avaient perdu une flotte d'une puissance offensive non négligeable. A la suite de cette bataille, la comtesse d'Espen n'eut plus besoin des forces de Tauriel, et celle ci fit rentrer tout le monde sur Harlonduneï, où une fête fut organisée pour célébrer la première victoire de la guerre.
    Tauriel Féataure chargea la maison Edarin de faire un récit détaillé de la bataille, alors qu'elle même faisait un discours pour l'occasion.
    Le soleil se coucha sur des mondes moins pessimistes qu'auparavant.



    Et bien tu vois Arthel ? Je l'avais bien dis ! S'exclama Arendir dans la salle commune de leur module protecteur, pour l'instant vide. Je n’imaginais tout de même pas que l'on pourrait vaincre.
    C’est dommage que la flotte de l’empereur Zede 3 soit arrivée à récupérer les richesses piégées avec la flotte melrehne avant celle des Provinces de l’Effroi. Ajouta-t-il sur un ton un peu déçu. Cela aurait parfait le tableau.
    Au début Arthel ne répondit pas, il était bien obligé d'admettre les faits. Il continua à écouter pendant une minute avant de répondre.
    En effet, tu avais raison. Fit-il en haussant les épaules. Reste à voir maintenant ce que cela va signifier pour nous.
    Que veux tu dire, tu crois à une contre attaque massive ?
    Oh que oui, une offensive sur cet Avant-Poste, voir même sur Harlonduneï elle-même est possible.
    Crois-moi, tu n'as pas fini de l'entendre et de le répéter, ce plan !
    Oh, ça... Répondit Arendir, avant d'hausser les épaules.
    Après tous, ils verraient le moment venu.
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Lun Juil 11, 2016 3:27 am

  • La planète RTH44.4-7, plus communément appelé Décret Impérial par les troupes du Comptoir était en état de siège depuis plusieurs années. Orbitant autour d’une géante gazeuse, cet avant-poste fut fondé pour contrer l’avancé de l’envahisseur Unitarian. Sa surface, désolée par des années de combats et par plusieurs bombardements orbitaux de grande envergure n’abritait aucune ville, aucun village. Les seuls occupant de ce monde chaotique étaient les contingents impériaux, formant la Deuxième Force de lutte contre l’Unitarian de l’Ordre. Ses immenses fonderies automatisées, enfouies à des centaines de mètres de profondeur meurtrissaient encore plus la planète, recrachant des millions de tonnes de métaux, fabriquant armes et pièces de rechange pour les vaisseaux en orbite.
    Mais les Cetyns n’étaient plus l’ennemi prioritaire. L’Echine de Fer avait déclenché une guerre sur des prétextes fallacieux. Les vaisseaux de l’Ombre, dirigés par Lady Organia avaient semé mort et désolation dans les immenses stations de radoub de l’Ordre. Saisissant l’une d’entre elles, les melrehns avaient ensuite occupé le système, tenant en respect les vaisseaux qui avaient échappés au carnage tout en étant tenu en respect par les immenses batteries de canons à plasma ceinturant la planète impériale. Un statuquo s’était instauré, ponctué par des raids éclairs des deux camps ciblant les renforts ou l’approvisionnement.
    L’Ordre de la Citadelle avait souffert de l’attaque éclair. La majorité de ses forces, spécialisées dans la lutte contre l’envahisseur avait été décimé sans pouvoir riposter, n’infligeant que peu de pertes au peuple mort. Mais l’implacable industrie de guerre de l’Ordre avait tourné ses efforts pour produire les vaisseaux qui lui manquaient cruellement, les tueurs de cuirassés.

    Johansen regardait la surface depuis l’écran de sa cabine. Allongé sur sa couchette, il suivait les lignes de fracture causées par le dernier bombardement Cetyn. Les canons à plasma avaient fait leur office, broyant l’envahisseur dès sa sortie de l’hyperespace. Mais l’Unitarian avait eu le temps de lancer une salve de missiles. Trois d’entre eux, surement défectueux s’étaient décrochés de la salve principale et étaient passés en mode balistique. La défense active leur avait attribué un statut de menace faible avant de perdre leur trace et de se concentrer sur la salve principale. Ils avaient percuté la planète au niveau de la mer intérieure. L’impact avait été tel que l’eau présente avait été vaporisée et que le sol s’était fissuré sur presque toute trois milles kilomètres. Johansen, alors second maitre artilleur à bord du croiseur de combat Hélessie avait vu l’onde de choc brouiller ses capteurs. Plongé dans la semi-obscurité de son poste de tir, il avait cru mourir. Mais son écran s’était à nouveau éclairé, montrant un affichage tactique du puit de gravité de la géante de gaz vide de toute force ennemie.

    La promotion avait été rapide. En temps normal, il aurait mis quatre années de plus pour passer premier maitre. Et voilà qu’il se retrouvé catapulté maitre principal. Mais la guerre avait ses impératifs. Et il avait montré ses aptitudes à diriger une équipe quand son ancien premier maitre avait été frappé par une écharde métallique cours d’une escarmouche avec les melrehns. L’équipe sous ses ordres avaient abattu trois croiseurs ennemis. Mais les vaisseaux impériaux étaient ressortis meurtris de l’affrontement, crachant de l’air et du métal en fusion. Un tiers du personnel de la force avait péri ce jour-là, personnel qu’il fallait remplacer par des recrues sortant de plus en plus vite de l’école. Son expérience avait surement conduit l’amirauté le préférer à un bleu.

    Sa nouvelle affectation était prestigieuse. Il était affecté sur le Fureur d’Espen, l’un des deux bombardiers lourds de classe Fléau affecté à la Deuxième Force. Son équipe, composée de six sous-officiers artilleurs -principalement des seconds maitres et des enseignes-, de seize servants et deux mécaniciens avait la charge de la huitième batterie de missiles de flanc. La plupart n’avait jamais connu le combat. Mais les premières simulations qu’il avait effectuées lui permettaient de rester optimiste. Ils n’étaient certes pas au point, cependant ils avaient l’envie de réussir et s’étaient améliorés au fil des entrainements. Il avait envié le sous-officier en charge du canon principal. Il avait pu contempler le canon à accélération magnétique, fléau des structures orbitales depuis la navette qui l’avait déposé sur le vaisseau. Mais il mesurait la chance de servir sur un vaisseau au nom si prestigieux, et au blindage si épais.


    Les croiseurs lourds de classe Nemesis avaient quitté l’hyperespace depuis à peine deux jours quand la formation s’étaient mise en route. Propulsés par la rampe de lancement de l’avant-poste, la Deuxième Force s’était élancée vers la position melrehnne. Johansen avait assisté au briefing organisé par l’amiral Solmi, capitaine du Fureur d’Espen. La formation était assez classique. Les classes Nemesis, spécialisés dans la destruction de cuirassés se trouvaient en tête de formation, en rang serrés. A trois cent kilomètres derrière eux, les deux bombardiers lourds de classe Fleau étaient entourés par leur écran de croiseurs et soutenus par plusieurs centaines de milliers de chasseurs. Des vaisseaux-arsenaux étaient laissés en arrière, protégés par quelques escadres de croiseurs de combats, ravitaillant les vaisseaux des autres lignes si le combat devait durer.

    Concentré sur sa console, Johansen débitait ses ordres machinalement. Ses missiles ne pourraient pas tirer avant plusieurs heures. Les outils de diagnostic détectaient les dernières erreurs tandis que les mécaniciens testaient une à une les commandes. Le rail d’approvisionnement de missile-quatre était encore défectueux. Mais le chef mécanicien lui avait assuré que ses gars arriveraient à le réparer à temps pour le combat. Il ne vit pas les premieres salves partir. Il ne vit pas les boules de plasma et les énormes blocs de titanes projetés à des vitesses relativistes par les tueurs de cuirassés, ni même les défenses melrehnnes cracher l’enfer sur la tête de la formation. Il ne vit pas non plus les survivants annihiler les derniers mastodontes de l’Ombre. Il était pleinement absorbé par sa tâche, vérifiant et revérifiant ses armes, s’assurant que les solutions de visées offertes par le sacrifice de la première vague avaient été envoyées à chacun de ses subordonnés.

    La flotte du peuple mort avait été fortement endommagée par les croiseurs lourds. La plupart des vaisseaux présentait des avaries plus ou moins sévères. Plusieurs s’étaient transformés en boules de feu incandescentes quand leurs réacteurs principaux avaient cédé, frappés directement ou ayant subi une surcharge critique. La formation de l’Ordre avait foncé sur les survivants, réorganisés autour des défenses orbitales de la station. Johansen sentit le vaisseau vibrer quand il cracha les trois tonnes de titanes qui servaient de projectile à son canon principal. Enfonçant une commande, il ordonna à son équipe d’ouvrir le feu, tous se concentrant sur la même cible. Ses missiles passèrent en feu rapide, crachant un projectile toutes les soixante-quinze secondes. Plusieurs salves furent interceptées, se réorientèrent ou se perdirent dans l’espace quand leur cible disparut. Le maitre principal leva les yeux vers l’afficheur tactique. Des milliers de trainées représentaient les missiles et autres projectiles tirés par les deux camps, traçant une toile complexe.

    Soudain, une frappe toucha le bombardier lourd. L’éclairage vacilla tandis que la centrale principale se mettait en sécurité. Un laser frappa le vaisseau à moins de cent mètres de Johansen, vaporisant le blindage et décompressant plusieurs ponts. Les câbles de commande de la huitième batterie furent coupés, forçant les servants enfermés dans leurs armes à passer en contrôle local. Le maitre principal regarda les sous-officiers présents. Tous savaient qu’ils ne pourraient rien faire de plus. L’un d’eux reprogramma un des afficheurs tactiques pour afficher une vue du second bombardier lourd, le Pamphlet de Sarah, proche d’une cinquantaine de kilomètres. Entouré de son écran de croiseurs, assurant sa défense anti-missile, il crachait un feu ininterrompu de missiles. Ses deux batteries de laser tiraient en rayon continu, faisant chauffer leurs condensateurs et projetant une lueur spectrale de lumière cohérente.

    L’écran se transforma en éclair éblouissant avant de s’éteindre. Les lumières se coupèrent, rapidement remplacées par les veilleuses de combat. Un trait de plasma avait frappé le Pamphlet de Sarah à la proue. Il avait vaporisé blindage de bataille, ponts et marins comme si cela avait été du papier. Puis il avait frappé la centrale à fusion, transformant le vaisseau en boule de feu. Les quelques quatre milles membres d’équipages ne se rendirent même pas compte qu’ils n’étaient plus de ce monde. Les croiseurs Heres, Soloa et Belephon furent pris dans la tourmente, disparaissant dans la fournaise. L’onde de chaleur endommagea la plupart des croiseurs de l’écran et alla même jusqu’à griller les capteurs bâbord du Fureur d’Espen. Quand les lumières se rallumèrent, trente-sept minutes plus tard, la bataille était terminée. Les forces melrehnnes avaient été décimées. Les vaisseaux commençaient à organiser le sauvetage de tous les naufragés et la fouille des épaves à la recherche de survivants. L’amiral entonna un champ de célébration, sa voix résonnant par les haut-parleurs du vaisseau.



    *Arrivée prévue dans quatre minutes. Arrivée prévue dans quatre minutes* Sardi était surexcité. C’était la première fois que ses parents l’amenaient visiter la station Malardin. Par le hublot, il pouvait voir ses bras tentaculaires envahir tout l’espace, jusqu’à cacher Nonranny, l’étoile du système principal de l’Ordre. Du haut de ses huit ans, Sardi ne comprenait pas encore parfaitement ce qu’était l’Ordre. Mais son père en parlait à longueur de journée, ça devait donc être quelque chose d’important. Il avait appris à l’école que la station Malardin était le cœur économique du Comptoir. A la fois atelier aérospatial, centre commercial et centre industriel, la station s’étalait sur des centaines de kilomètres carrés. La station abritait aussi des entrepôts, des hôtels et des fermes hydroponiques. Une vraie petite ville dans l’espace. Accueillant plus de quatorze millions de travailleurs et plus de cinquante millions de touristes et de passagers, prenant une correspondance dans l’un des centres de transit de la station, la station pouvait ressembler à une fourmilière. Le jeune garçon regardait le hangar de débarquement comme si cela avait été un palais de jade, les gardes du checkpoint étant les sentinelles d’un roi imaginaire. Il avait déambulé dans les boyaux et les couloirs de la station avec sa mère et ses deux frères jusqu’au centre commercial. Il avait été émerveillé par la profusion de produits et l’immensité des salles. Ils avaient passé quelques heures à faire des achats puis ils s’étaient dirigés vers l’un des parcs. Là, il avait découvert de nombreuses espèces végétales qui lui étaient inconnues, ramenées de contrées aux noms exotiques.

    Après avoir visionné un holo vantant la puissance de l’Empire, ils devaient rejoindre son père à l’autre bout de la station. Il travaillait le centre administratif principal de Malardin, gérant l’arrivée et le départ de cargos aussi gros que Nonranny. Sardi était fier de son père. Il était venu dans sa classe une fois pour expliquer son travail. Mais Sardi voulait être comme le père de Timas Johansen, un soldat se battant pour la gloire de l’Empereur. Il voulait voyager dans l’espace à bord de mastodontes de titane et de céramiques, bardés d’armes pouvant détruire des planètes. Il voulait tuer les méchants qu’il voyait dans les holos. Mais sa mère avait dit qu’il fallait bien travailler à l’école pour pouvoir servir l’Empereur. Il avait beaucoup de mal avec l’arithmétique. Il faudrait qu’il demande à Silma de lui expliquer.
    En marchant, ils étaient passés devant un sas gardé par deux sentinelles. Le garçon s’était extasié devant leur uniforme d’un bleu profond et leurs armes à impulsions.
    C’est quoi Maman ? avait-il demandé. Sa mère lui avait répondu que ça devait être un des accès vers un des radoubs militaire ou vers un de canons de défense de la station. Il avait imaginé un gros cylindre crachant du plasma à haute vitesse sur des vaisseaux ennemis. Il voyait déjà l’explosion d’un cuirassé, comme il l’avait vu plus tôt dans l’holo.

    Ils passèrent ensuite devant un écran montrant l’étoile. Son halo rougeoyant était constellé de points sombres. Soudain, une alarme stridente retentit et une voix électronique répéta en boucle *Ceci n’est pas un exercice. Toutes les personnes non-combattantes doivent se rendre aux capsules de secours. Suivez les lignes rouges.* Sardi regardait sa mère. Elle avait l’air hagard. Son grand frère la gifla, l’ordonnant de se ressaisir. Il attrapa Sardi, le jetant sur son épaule et ils partirent en courant. Bientôt, ils rejoignirent un groupe de gens qui courraient eux aussi vers les capsules. Remontant le courant humain, des soldats bousculaient femmes et enfants, ne prenant pas le temps de ralentir pour s’excuser. A la panique s’ajoutait les pleurs d’enfants et les cris des mères, cherchant leurs rejetons dans la mêlée. A travers un hublot, le garçon voyait des grands flashs de lumière, des explosions. La station se mit à trembler, les lumières vacillant. La gravité artificielle s’arrêta, projetant les gens les uns contre les autres. Puis la coque se fissura. L’alarme s’était éteinte et les sas étanches se fermaient, broyant les malheureux piégés entre leurs mâchoires d’acier. Sardi flottait non loin de sa mère. Elle pleurait en le regardant. D’un coup, la coque céda et l’air fut aspiré par la faille. La décompression fut telle que toutes les personnes coincées entre les sas étanches moururent sur le coup, leurs vaisseaux éclatés.

    L’attaque avait pris la flotte coloniale par surprise. La force melrehnne avait quitté l’hyperespace dans l’ombre de l’étoile, crachant leur nuée de missiles et de plasma. Les défenses du système ripostèrent avant d’exploser, noyées sous les projectiles. Plusieurs vaisseaux lourds ennemis furent réduits à l’état de carcasse sans vie, flottant dans l’espace quand ils ne se transformaient pas en brasier. La flotte coloniale, mal placée arriva trop tard pour sauver la station.
    Les bâtiments de peuple mort partaient déjà quand les impériaux furent en mesure d’agir. En moins de quatre heures, le peuple mort avait rayé le cœur économique du Comptoir. L’amiral Yolokov, chargé de la défense du système était dans une folie meurtrière. Sa femme et deux de ses fils travaillaient sur la station. Il hurlait sur le canal de commandement.
    Tuez-les tous ! Ne faites pas de prisonniers ! Pas de quartiers ! Oblitérez les épaves ! Traquez les capsules de survie ! Tuez-les! Tuez-les! Sa rage ne retomba pas et le médecin de bord du Télémaque, son vaisseau amiral dû lui injecter une dose de tranquillisant pour qu’il arrête sa litanie de mort.
    Viens donc danser,
    La valse des couteaux,
    La valse des canons!
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Ven Juil 22, 2016 6:20 pm

  • Brûlure. Tout son corps n'était qu'une immense brûlure. Elle avait toujours aimé danser. Mais elle dansait depuis plus de trois heures sans interruption à un rythme soutenu. Aucun de ses six partenaires ne dansait plus. Elle tourbillonnait et bondissait seule depuis au moins une heure. Son horloge interne avait perdu le fil. Ses pensées, habituellement claires et ordonnées s'étaient envolées, remplacées par un vague de lassitude. Son cœur battait à une cadence variable. Ses muscles endoloris ne répondaient que par à-coups. Elle devait retourner travailler. Elle devait régler plusieurs affaires, toutes plus urgentes les unes que les autres. Cependant, elle ne désirait qu'une seule chose, tomber d'épuisement et dormir. Dormir.
    Elle virevoltait quand elle remarqua que la porte de la salle s'ouvrit. Au tour suivant, elle remarqua Brutus. Son cerveau embrumé se remit en marche, les nanites présents dans son organisme crachant un cocktail détonnant de drogue de combat. Elle s’arrêta avec un geste plein de grâce, son corps ignorant la fatigue. Elle n'avait pas goûté au plaisir grisant des produits chimiques depuis plusieurs années, enfermée comme elle l'était dans son bureau. Elle toisa l'imposant zetran l'espace d'un battement de cœur avant de lui bondir dessus, sa lame à la main. Le couteau traversa sa lourde cuirasse, s'enfonçant sans mal dans le premier de ses deux cœurs. Le zetran, qui la dépassait de quarante bons centimètres baissa la tête en souriant. Du revers de la main, il la gifla, l'envoyant voler à travers la pièce. La Comtesse s'écrasa avec fracas contre le miroir qui couvrait le mur ouest. Les deux gardes impériaux présents levèrent leurs armes, menaçant l'homme qui avait frappé leur maîtresse. Ils allaient ouvrir le feu quand un ordre résonna dans la salle vide.
    Baissez vos armes!
    Les deux amaranths se regardèrent, surpris avant d'obéir à l'impératrice du Comptoir, chancelière impériale depuis plus d'un siècle. La Comtesse Sarah d'Espen se releva, lissa sa robe et s'avança vers le zetran. D'un geste rapide, elle extirpa son couteau, l'essuya sur la cuirasse de l’intrus et le fit disparaître.
    Comment oses-tu te présenter devant moi à nouveau? N'ai-je pas été assez claire la dernière fois?
    Brutus la regardait toujours. Il allait ouvrir la bouche quand quelqu'un se racla la gorge derrière lui. La Comtesse se préparait à châtier l'importun quand le zetran fit un pas de coté. Sarah écarquilla les yeux en voyant son reflet. Morgane, la plus jeune de ses deux sœurs se tenait devant elle. Celle-ci n'avait jamais quitté son autre sœur, elle n'avait même jamais quitté le monde reculait qui servait de retraite à Espen. Ce qui voulait dire que ...
    Bonjour Sarah
    La chancelière impériale se retourna en sursaut. Espen s'était faufilée dans son dos sans qu'elle ne s'en rende compte. Elle avait toujours était discrète. Sournoise et discrète. Dans sa main droite, elle tenait son jouet préféré, son couteau, couvert de sang séché. Elle sortit sa main gauche de derrière son dos. Sarah ferma instinctivement les yeux. Elle les rouvrit et tomba nez à nez avec un cornet de glace. Les trois fillettes éclatèrent de rire sous le regard médusé des témoins.


    Le bureau était presque trop grand pour les trois fillettes. Brutus s'étonnait toujours de leur ressemblance. Hormis leurs couleurs d'yeux et de cheveux, elles étaient strictement identiques. Il ne devrait pas. Sarah et Morgane s'étant que des clones améliorés d'Espen. Il avait aussi du mal à se rappeler qu'Espen avait plus de deux cent cinquante ans standards. L'ingénierie biologique avait ses limites. Le traitement anti-vieillissement n'avait pas marché comme prévu sur ce produit d'éprouvette. Alors qu'il avait du subir d'éprouvantes opérations pour maintenir son corps au fil des décennies, l'âge ne semblait pas avoir de prise sur les trois sœurs. A les voir manger de la glace, il arrivait presque à oublier leur âge et leurs fonctions. Puis un autre souvenir traversa son esprit ralenti par le reflux des drogues de combat. Une parodie de sourire barra son visage, faisant danser les nombreuses cicatrices qui le couvrait. Son regard se fixa sur Sarah qui le remarqua rapidement. Elle avait toujours eu une sorte de sixième sens.
    Tu souhaites peut-être que je crève ton second cœur? Efface ces souvenirs de ta mémoire ou j'effacerais ton existence de l'univers. Le zetran fut prit d'un frisson. Il avait vu Morgane, la plus gentille des trois éviscérer un prélat des Domaines avec une infinie minutie. Il ne voulait certainement pas contrarier la plus intransigeante. Que fais-tu ici, Espen? Tu ne serais pas revenu en Aelron pour une simple visite de courtoisie. Et tu n'aurais surement pas ramené ta brute et ton bouclier.
    La zetrane sembla réfléchir pendant quelques minutes.
    J'ai reçu un émissaire de Zede III. Enfin, j'ai reçu exactement soixante-deux émissaires. Mais je n'étais pas disposé à écouter les soixante et un premiers. Devant leur insistance, j'ai fini par écouter ce que l'empereur Zoobesque avait à dire. Et me voilà. Espen sourit, visiblement satisfaite de sa blague. Elle continua sous le regard courroucé de Sarah. Etant donné le petit différent qui oppose le peuple mort et l'Empire, les dirigeants de l’Échine ont jugé bon de passer par moi pour vous faire une proposition. Entre l'enlisement du conflit et la recrudescence des incursions de l'Unitarian, il semblerait que les Oranors estiment que l'extermination des peuples lumineux n'est plus la première de leur priorité. A moins qu'il ne s'agisse encore de l'une de leurs ruses. En tout cas, ils proposent une alliance pour lutter contre l'Unitarian et pour detruire la forteresse Cetyn d'Antaeliok. Elle marqua une pause comme si elle s'attendait à un commentaire. Devant l'absence de réponse, elle continua. Bien entendu, cette histoire m’intéresse au plus haut point. Même si je t'ai laissé diriger le Comptoir -et tu sembles t'en sortir bien mieux que moi- je préférerais éviter de me retrouver assimilé par une sous-espèce venu de je ne sais quel trou perdu de l'univers. Et puis, une collaboration impliquant des melrehns, avec des amaranths de surcroît est une des expériences que je ne raterais pour rien au monde.
    Espen se leva de son fauteuil, déjà lacéré par d'innombrables coups de couteau, inséra un cube de données et commença à présenter les détails en sa possession. Les deux sœurs discutèrent pendant de nombreuses heures sous le regard protecteur de la dernière. Toutes ignorant Brutus assit à coté de la porte.

    Tard dans la nuit, un serviteur leur apporta à manger. Alors qu'il refermait la porte, Espen lança:
    De tous les peuples d'Aelden, pourquoi a-t-il fallu que tu rejoignes l'Empire? Sarah se pencha vers elle et lui repondit dans un murmure. Toutes deux éclatèrent d'un rire enfantin.
    Viens donc danser,
    La valse des couteaux,
    La valse des canons!
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